La procédure de surendettement a été mise en place dans les années 1990. Pour des personnes dans une situation financière délicate : des revenus ne permettant plus, ou difficilement, de faire face aux dettes (non-professionnelles), il leur est conseillé d'entamer une procédure de surendettement. Cette procédure est gratuite.
Le débiteur : c'est la personne qui a emprunté de l'argent ou qui doit de l'argent en contrepartie d'un produit ou d'un service. Le débiteur a une dette envers le créancier (ou créditeur).
Le créancier : c'est la personne / l'organisme qui a prêté de l'argent ou à qui on doit de l'argent.
Le juge de l'exécution. C'est le président du Tribunal de Grande Instance du domicile du débiteur. Pour les dossiers de surendettement, cette fonction est généralement déléguée à un juge d'Instance. Il est chargé de l'application (de l'exécution) des textes sur le surendettement.
Il existe une Commission de Surendettement dans chaque département. Le Secrétariat de la Commission est assuré par la succursale de la Banque de France du domicile du débiteur.
Pour saisir la Commission, le débiteur doit constituer un Dossier de Déclaration de Surendettement qui sera envoyé par courrier simple ou déposé au secrétariat de la Commission.
Ce dossier de surendettement doit comporter les renseignements suivants :
Dans les 48 heures qui suivent le dépôt d’un dossier de surendettement, le secrétariat de la commission adresse une attestation de dépôt et averti le débiteur de son fichage au Fichier national des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP) pour une durée de 36 mois.
A noter que le secrétariat de la Commission ne peut pas refuser un dossier de surendettement, même si le débiteur risque (avec plus ou moins de certitude) d’être déclaré irrecevable à la procédure.
Le seul dépôt d'un dossier de surendettement ne dispense en rien de payer les créanciers, et, il est vivement conseillé de les informer de la procédure et de leur adresser une copie de l’attestation de dépôt (les créanciers ne sont pas officiellement avisés par le secrétariat de la Commission lors du dépôt d’un dossier de surendettement).
Les données du dossier permettent d’analyser la situation du déposant, nommé le débiteur :
La Commission de surendettement de chaque département se réunit au moins une fois par mois. La commission qui est composée de 6 membres est présidée par le Préfet (en réalité, un de ses représentants). Sont présents le Trésorier Payeur Général (qui est vice président), le Directeur des Services fiscaux, le représentant des Banques, des associations de consommateurs ou familiales, de la Banque de France, ainsi que 2 personnalités intervenant avec voix consultative justifiant de diplôme et d’expérience dans le domaine juridique et dans le domaine de l’économie sociale et familiale. En cas d’égalité la voix du président compte double.
En premier lieu, la commission examine si le débiteur est éligible à la procédure. Ce sont :
Les personnes physiques de bonne foi, y compris les étrangers résidants en France, pour leurs dettes non professionnelles, et, quel que soit le niveau de leurs revenus ;
Les personnes physiques résidant temporairement à l’étranger et qui ont leur résidence principale sur le territoire français ;
Les personnes physiques de nationalité française domiciliées hors de France qui ont contracté des dettes non professionnelles auprès de créanciers établis sur le territoire national. Ils peuvent saisir la commission de surendettement du lieu d’établissement de l’un de leurs créanciers ;
Les anciens artisans, agriculteurs et autres professions libérales s’ils ont, depuis plus an, cessé de facto leur activité, ou s’ils sont radiés depuis plus d’un an du registre du commerce. Ces anciens professionnels ne sont bénéficiaires de la procédure créée par la loi que si leur surendettement n’est pas lié à leur activité passée. Par conséquent les commissions de surendettement devraient écarter les anciennes dettes professionnelles pour apprécier, lors de la recevabilité la situation du débiteur, puisque ces dernières sont expressément exclues de la loi ;
Un conjoint, pour son endettement personnel, c’est-à-dire ses dettes propres, ainsi que les dettes non professionnelles contractées par l’un ou l’autre des conjoints et entraînant la solidarité de l’autre conjoint en application du régime matrimonial, notamment les dettes contractées pour les besoins du ménage et l’entretien des enfants, même si l’autre conjoint est exclu de la procédure en raison de son statut professionnel ;
Une personne physique dont le surendettement résulte de l’engagement qu’elle a donné de cautionner ou d’acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou d’une société dès lors qu’elle n’a pas été en droit ou en fait dirigeant de celle-ci.
Puis, la Commission estime si la Capacité de remboursement peut permettre ou non au débiteur de faire à ces engagements, à rembourser ces créanciers.
La commission vérifie aussi si le débiteur n’a pas aggravé son endettement de façon conséquente lors des derniers mois avant le dépôt du dossier de surendettement.
La commission prononce la recevabilité ou l’irrecevabilité du dossier. Une lettre est adressée en recommandé avec Accusé de Réception au débiteur ainsi qu’à tous ses créanciers pour notifier la décision de la commission.
En cas de recevabilité les créanciers peuvent faire un recours contre la décision dans un délai de quinze jours à compter de sa notification, devant le juge de l’exécution.
En cas d’irrecevabilité, le débiteur peut aussi faire un recours dans les mêmes conditions.
Dans le même courrier que celui annonçant que le dossier est recevable, la Commission informe le débiteur et les créanciers de l’orientation du dossier :
Un recours devant le juge de l’exécution contre l’orientation peut être réalisée soit par le débiteur ou par les créanciers.
Par le débiteur si ce dernier s’oppose à la procédure classique, par le créancier pour contester la PRP.
La procédure de surendettement n’engendre pas obligatoirement le retrait du chéquier et/ou de la carte bancaire, cela dépend de la décision de chaque établissement bancaire. En effet, rien dans les textes, ne les y oblige. Il ne faut pas confondre inscription au FICP (Incidents de remboursement des Crédits) et au FCC (Fichier Central des Chèques : signale les incidents de paiement sur les chèques et les interdictions d'émettre des chèques).
Certains banquiers se retranchent derrière la Banque de France ou la Commission pour faire accepter cette décision au débiteur. Si être détenteur d’un compte bancaire est un droit, les moyens de paiement sont, eux, à la seule discrétion de l’établissement bancaire.
Par ailleurs, quelques banquiers peuvent oublier la réglementation en vigueur et il faut leur rappeler (voire les menacer) l'interdiction de prélever des frais sur les rejets de prélèvement. Article L.331-3 : « En cas de rejet d’un avis de prélèvement postérieur à la notification de la décision de recevabilité, les créanciers ne peuvent percevoir de frais ou de commissions y afférant. »
Suite à un divorce ou une séparation, les emprunts dont les deux conjoints étaient co-emprunteurs peuvent poser un problème. En effet, l'établissement prêteur peut récupérer son dû auprès de l'un ou de l'autre des anciens conjoints de manière solidaire. Cela, même si un jugement de divorce a attribué tout ou partie de l'emprunt à un des conjoints, car, le créancier a la possibilité d'accepter ou non cette désolidarisation du crédit. En d'autres termes, si un emprunt solidaire fait l'objet d'une procédure de surendettement, le créancier demandera probablement les remboursements au deuxième co-emprunteur.
Lorsqu’un Plan de redressement est mis en place pour plusieurs années, et que le débiteur dispose d’une épargne salariale, il peut saisir la Commission pour demander régulièrement (tous les ans si c’est son souhait) le déblocage anticipé pour faciliter la réussite du Plan, ou pour faire face à des dépenses imprévues. Dans le même ordre d’idée, pour obtenir un nouveau crédit, il doit demander l’accord de la Commission. Pour ce faire, il adresse à la Commission une lettre explicative, une photocopie du Plan en cours, une offre de prêt d’un établissement de crédit, une actualisation de ses ressources (bulletin de salaire, CAF….) et de ses charges (loyer, impôt…..). Cette dernière analysera la situation et donnera son accord si les mensualités du nouveau prêt ne mettent pas en cause la bonne marche du Plan.
Depuis février 2004, en cas de dépôts successifs, la durée cumulée des plans ne peut pas dépasser 10 ans.
Sur le site, voir le plan de redressement classique - la procédure de rétablissement personnel.
D'autres informations sur :
La procédure de surendettement (site du Ministère de la Justice).
Le secrétariat des commissions de surendettement (Site de la Banque de France).
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