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Le débiteur : c'est la personne qui a emprunté de l'argent ou qui doit de l'argent en contrepartie d'un produit ou d'un service. Le débiteur a une dette envers le créancier (ou créditeur).
Le créancier : c'est la personne / l'organisme qui a prêté de l'argent ou à qui on doit de l'argent.
Le juge de l'exécution. C'est le président du Tribunal de Grande Instance du domicile du débiteur. Pour les dossiers de surendettement, cette fonction est généralement déléguée à un juge d'Instance. Il est chargé de l'application (de l'exécution) des textes sur le surendettement.
Il existe une Commission de surendettement dans chaque département. Le secrétariat de la Commission est assuré par la succursale de la Banque de France du domicile du débiteur.
Pour saisir la Commission, le débiteur doit constituer un Dossier de Déclaration de Surendettement qui sera envoyé par courrier simple ou déposé au secrétariat de la Commission.
Ce dossier de surendettement doit comporter les renseignements suivants :
Dans les 48 heures qui suivent le dépôt d’un dossier de surendettement, le secrétariat de la commission adresse une attestation de dépôt et averti le débiteur de son fichage au Fichier national des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP) pour une durée de 36 mois.
A noter que le secrétariat de la Commission ne peut pas refuser un dossier de surendettement, même si le débiteur risque (avec plus ou moins de certitude) d’être déclaré irrecevable à la procédure.
Le seul dépôt d'un dossier de surendettement ne dispense en rien de payer les créanciers, et, il est vivement conseillé de les informer de la procédure et de leur adresser une copie de l’attestation de dépôt (les créanciers ne sont pas officiellement avisés par le secrétariat de la Commission lors du dépôt d’un dossier de surendettement).
Les données du dossier permettent d’analyser la situation du déposant, nommé le débiteur :
La Commission de surendettement de chaque département se réunit au moins une fois par mois. La Commission, composée de 7 membres, est présidée par le Préfet (en réalité, un de ses représentants). Sont également présents les représentants de la Banque de France, des services fiscaux du département, du secteur bancaire, des associations de consommateurs ou familiales, ainsi que 2 personnalités justifiant de diplôme et d’expérience dans le domaine juridique et dans le domaine de l’économie sociale et familiale. En cas d’égalité la voix du président compte double.
En premier lieu, la commission examine si le débiteur fait partie des catégories de population éligibles à la procédure. Ce sont :
Puis, la commission estime si la capacité de remboursement peut permettre ou non au débiteur de faire à ces engagements, à rembourser ces créanciers.
La commission vérifie aussi si le débiteur n’a pas aggravé son endettement de façon conséquente lors des derniers mois avant le dépôt du dossier de surendettement. Elle prononce la recevabilité ou l’irrecevabilité du dossier :
Dans le même courrier que celui annonçant que le dossier est recevable, la Commission informe le débiteur et les créanciers de l’orientation du dossier :
Un recours devant le juge de l’exécution contre l’orientation peut être réalisée soit par le débiteur ou par les créanciers. Par le débiteur si ce dernier s’oppose à la procédure classique, par le créancier pour contester la PRP.
La loi du 1er juillet 2010 portant réforme du crédit à la consommation a apporté plusieurs modifications à la procédure de surendettement, afin notamment, de l’accélérer :
Toutes ces mesures sont entrées en vigueur le 1er novembre 2010.
La procédure de surendettement n’engendre pas obligatoirement le retrait du chéquier et/ou de la carte bancaire, cela dépend de la décision de chaque établissement bancaire. En effet, rien dans les textes, ne les y oblige. Il ne faut pas confondre inscription au FICP (Incidents de remboursement des crédits) et au FCC (Fichier Central des Chèques pour les incidents de paiement sur les chèques et les interdictions d'émettre des chèques) .
Certains banquiers se retranchent derrière la Banque de France ou la Commission pour faire accepter cette décision au débiteur. Si être détenteur d’un compte bancaire est un droit, les moyens de paiement sont, eux, à la seule discrétion de l’établissement bancaire.
Toutefois, à compter du 1er mai 2011¹, les banques ont l’obligation d’assurer la continuité du compte et de proposer à leurs clients surendettés des services bancaires, notamment des moyens de paiement, adaptés à leur situation. Autre obligation nouvelle à cette même date : les banques ne peuvent plus compenser un éventuel découvert de leur client surendetté en se remboursant directement sur les sommes versées au compte (salaires ou allocations par exemple). Le découvert est en effet considéré comme une dette comme une autre et à ce titre, il est inclus dans la procédure de surendettement.
Par ailleurs, quelques banquiers peuvent oublier la réglementation en vigueur et il faut leur rappeler (voire les menacer) l'interdiction de prélever des frais sur les rejets de prélèvement. Article L.331-3 : « En cas de rejet d’un avis de prélèvement postérieur à la notification de la décision de recevabilité, les créanciers ne peuvent percevoir de frais ou de commissions y afférant. »
Suite à un divorce ou une séparation, les emprunts dont les deux conjoints étaient co-emprunteurs peuvent poser un problème. En effet, l'établissement prêteur peut récupérer son dû auprès de l'un ou de l'autre des anciens conjoints de manière solidaire. Cela, même si un jugement de divorce a attribué tout ou partie de l'emprunt à un des conjoints, car, le créancier a la possibilité d'accepter ou non cette désolidarisation du crédit. En d'autres termes, si un emprunt solidaire fait l'objet d'une procédure de surendettement, le créancier demandera probablement les remboursements au deuxième co-emprunteur.
Lorsqu’un Plan de redressement est mis en place pour plusieurs années, et que le débiteur dispose d’une épargne salariale, il peut saisir la Commission pour demander régulièrement (tous les ans si c’est son souhait) le déblocage anticipé pour faciliter la réussite du Plan, ou pour faire face à des dépenses imprévues. Dans le même ordre d’idée, pour obtenir un nouveau crédit, il doit demander l’accord de la Commission. Pour ce faire, il adresse à la Commission une lettre explicative, une photocopie du Plan en cours, une offre de prêt d’un établissement de crédit, une actualisation de ses ressources (bulletin de salaire, CAF….) et de ses charges (loyer, impôt…..). Cette dernière analysera la situation et donnera son accord si les mensualités du nouveau prêt ne mettent pas en cause la bonne marche du Plan.
Sur le site, voir le plan de redressement classique - la procédure de rétablissement personnel - le délai de grâce du remboursement d'un prêt.
D'autres informations sur : La procédure de surendettement (site du Ministère de la Justice) et le secrétariat des commissions de surendettement (Site de la Banque de France).
¹ Arrêté du 24 mars 2011 portant homologation de la norme professionnelle sur les relations entre les établissements teneurs de compte et leurs clients concernés par le traitement d’un dossier en commission de surendettement.
Septembre 2011 : nouvelle circulaire relative au traitement des situations de surendettement des particuliers (précisions sur les modalités d'application des dispositions du code de la consommation, notamment les modifications apportées par la Loi Lagarde) : mise en place et fonctionnement des commissions de surendettement, instruction des dossiers devant les commissions, mesures de traitement et procédures de rétablissement personnel. Cette circulaire est applicable dès sa diffusion (le 9 septembre 2011) et annule et remplace les circulaires des 22 janvier 1993, 24 mars 1999, 22 février 2002 et 12 mars 2004 qui sont abrogées.
Janvier 2012 : publication d'une nouvelle circulaire relative au traitement des situations de surendettement (datée du 19 décembre 2011) émise par le ministère de la justice et des libertés dont l'application est immédiate. Cette circulaire complète celle de septembre 2011 (notamment pour la situation de l'EIRL) et propose un tableau comparatif entre ancienne et nouvelle réglementation.
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