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Commissions d'intervention : faut-il quitter la Caisse d'Epargne et la Banque Populaire ?

Homme fouillant un portefeuille vide
© yingzaast - Fotolia.com

Récemment pointées du doigt pour leurs pratiques de facturation des incidents de paiement, la Caisse d’Epargne et la Banque Populaire vont faire machine arrière. En attendant, y a-t-il mieux ailleurs ? Le point sur les pratiques des banques en matière de commissions d’intervention.

« Somme perçue par l'établissement pour l'intervention en raison d'une opération entrainant une irrégularité de fonctionnement du compte nécessitant un traitement particulier » : c’est la définition officielle des commissions d’intervention, une des lignes tarifaires les plus fréquemment facturées mais aussi suscitant le plus de controverses. Même si, évidemment, ces frais d'incident ne touchent que les personnes dépassant leur découvert autorisé.

Dernière en date : vendredi dernier, l’Institut national de la consommation (INC) et l’Union des associations familiales (UNAF) ont dénoncé, dans le magazine 60 millions de consommateurs, les pratiques du groupe BPCE - qui regroupe notamment les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires - en la matière. Elles ont du même coup déclenché une réaction en chaîne : intervention publique du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire ; rappel à l’ordre de la Banque de France et du régulateur du secteur financier, l’ACPR ; et pour finir, reculade de BPCE.

Lire sur le sujet : Frais d'incidents bancaires : la Caisse d'Epargne fait machine arrière

Tarifs : les banques presque parfaitement alignée

Les autres font-elles mieux que les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires ? En matière de prix, pas vraiment : les enseignes de BPCE sont dans la norme. Et pour cause : toutes les banques de détail françaises, ou presque, sont alignées sur un même tarif, 8 euros. Soit le maximum légal depuis que les pouvoirs publics ont décidé, début 2014, de plafonner cette ligne tarifaire. Parmi les 123 banques traditionnelles recensées par notre comparatif des tarifs, les exceptions sont rares. On les compte même sur les doigts d’une main : la Macif (5 euros), le Crédit Mutuel Antilles-Guyane (6 euros), La Banque Postale (6,90 euros) et le Crédit Mutuel Maine-Anjou Basse-Normandie (7,65 euros).

Au passage, on peut constater que la mise en œuvre du plafonnement n’aura finalement eu qu’un impact limité sur le prix moyen d’une commission d’intervention : 8,70 euros avant la réforme, 7,93 euros aujourd’hui. Certes, quelques enseignes, qui auparavant pouvaient facturer l’opération jusqu’à 15 euros, ont dû modérer leur appétit. Mais d’autres, qui se situaient sous le plafond, en ont profité pour revoir leur prix à la hausse.

Le cas particulier des banques en ligne

C’est un de leurs avantages : les commissions d’intervention sont rares dans les banques 100% en ligne. Seule Monabanq, en effet, les facture (8 euros). Cela signifie-t-il qu’elles sont moins concernées que les autres par les dépassements de découvert ? C’est possible, dans la mesure où la plupart sélectionne leurs clients sur la base de leurs revenus ou de leur épargne, ce qui leur permet d’écarter les profils les plus risqués. Pour autant, l’écart de tarification avec les acteurs traditionnels interroge sur le coût réel du traitement de ce type d'incidents de paiement.

Aller plus loin : le classement des banques les moins chères

Plafonds journaliers : les bons élèves se font rares

Pour trouver des nuances dans les pratiques des banques à réseau, il faut sortir de la seule logique du prix et prendre un peu du recul. Plus que le coût unitaire d’une commission d’intervention, c’est en effet leur accumulation qui contribue à dégrader la situation financière des clients déjà en difficultés. Pour y remédier, les pouvoirs publics ont également prévu un plafond réglementaire mensuel : 80 euros. Et sans surprise, l’ensemble des banques françaises s'est aligné sur ce maximum autorisé, à l’exception de La Banque Postale (75,90 euros).

Cette mesure, toutefois, n’a pas eu que des effets positifs. Faute d'obligation légale ou même de recommandations des pouvoirs publics, certaines banques en ont en effet profité pour supprimer des plafonds journaliers préexistants, pourtant de nature à limiter l’empilement des commissions qui caractérise l’irruption soudaine de difficultés financières. Ce fut le cas notamment du CIC, de HSBC ou de la Société Générale.

Certaines enseignes ont toutefois choisi de maintenir ces plafonds journaliers, même en l’absence de contrainte réglementaire. Sans surprise, on les trouve parmi celles qui sont aussi les moins gourmandes au niveau tarifaire. La Macif se limite ainsi à la perception d’une commission par jour et par compte, soit un maximum de 5 euros. Même politique au Crédit Mutuel Maine-Anjou Basse-Normandie : une commission par jour, soit 7,65 euros. La Banque Postale, elle, limite à 3 commissions par jour, soit 20,70 euros.

Les plafonds journaliers sont également courants dans les caisses régionales du Crédit Agricole, même si la pratique n’est pas généralisée :

  • une limite à 24 euros par jour, soit l’équivalent de 3 commissions à 8 euros, est en place aux Crédits Agricoles Sud Méditerranée, Franche-Comté, Pyrénées Gascogne, Ille-et-Vilaine, Normandie Seine, Atlantique Vendée, Charente-Maritime Deux-Sèvres, Anjou et Maine, Champagne Bourgogne et Charente Périgord ;
  • une limite à 32 euros (4 commissions) par jour existe aux Crédits Agricoles Centre Loire, Centre Ouest, Corse, Touraine et du Poitou ;
  • enfin, le Crédit Agricole Val de France se restreint à 40 euros ( 5 opérations) par jour, soit la moitié du plafond maximum mensuel.
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© cbanque.com / VM / Octobre 2018

Commentaires

Publié le 5 octobre 2018 à 13h26 - #1Francis92
  • Homme
  • Le plessis robinson

Cessez d"être agressifs gratuitement.
Tout le monde n'est pas à découvert et ceux qui le sont, en majorité , le prévoient.
En réalité il y a 2 catégorie visées : les gens dans le besoin et les flambeurs. Ces derniers paient pour voir . Ceux qui sont dans le besoin sont souvent honteux et timides, ce sont eux qu'il faut aider, dans quelque banque qu'on travaille

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Publié le 5 octobre 2018 à 13h56 - #2boris
  • Homme
  • Grenoble

Je confirme pour la BPRA Banque Populaire Rhône-Alpes Auvergne : aucune limite dans le nombre de commissions d'intervention par jour et ils reviennent même en marche arrière en remontant l'historique pour facturer le maximum de commissions par jour.
D'innombrables frais dans tous les domaines des packages chers et inutile, aucune considération aucun scrupule à facturer.
Aucun service, des contrats assortis de chantages, des prêts immobiliers chers et de fausses associations absolument inutiles !
La Banque Populaire : la banque sui pompe le populo!

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Publié le 5 octobre 2018 à 15h56 - #3MARY Anny
  • Femme
  • Pornic
  • 67 ans

Caisse d' Epargne Pays de la Loire à fuir .................
Depuis une année que j'ai clôturé mon compte, je remonte seulement la pente avec une nouvelle Banque à l'écoute de ses clients.

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Publié le 5 octobre 2018 à 18h10 - #4BARON03
  • Homme
  • Vichy
  • 62 ans

Bonsoir.
Oui je crois qu'il faut quitter la banque populaire, qui n'a de populaire que le nom.
J'ai été client du crédit lyonnais pendant 40 ans, je n'ai jamais eu le moindre reproche.
La banque populaire trouve toujours quelque chose à facturer....fait payer la totalité des intérêts sur un prêt pas entièrement débloqué...etc....
Cette banque est à fuir.
Je suis maintenant chez Boursorama . Que du bonheur !!!!!

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Publié le 6 octobre 2018 à 14h26 - #5Dude
  • Homme
  • Bourg en Bresse

Un vrai titre d’abrutis. On pourrait croire que ça travaille au Crédit Agricole.

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Publié le 7 octobre 2018 à 09h49 - #6Christie
  • Femme

E quitte caisse. D'épargne car trop de frais et ne connais pas mon conseiller

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Publié le 7 octobre 2018 à 13h52 - #7Alain16
  • Homme
  • Angoulème

Je suis client CE et CA et je me posais la question de quitter l'une ou l'autre. Mes différentes recherches sur internet confortent que toutes les banques se valent. La seule chose à faire est de vérifier les tarifs de chacune d'elle et choisir la plus avantageuse. Ceux qui se font appeler "conseillers" ne sont rien d'autre que des commerciaux. Ils ne sont que des conseils au service de la banque et non du client. Comme dans n'importe qu'elle entreprise les commerciaux sont là pour vendre, vendre et vendre encore.

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