La concurrence sur le marché français de l'assurance de prêt s'est nettement améliorée depuis 2010, au bénéfice des consommateurs, via des baisses de tarifs et de meilleures garanties, conclut un rapport publié mercredi par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF).

« L'assurance emprunteur est un marché sur lequel la concurrence est en marche, ainsi que l'avait souhaité le législateur dès 2010 », a commenté le CCSF, instance de concertation où siègent à parité des représentants des établissements financiers et des clients, ainsi que des parlementaires et des représentants des organisations syndicales.

Estimé à 9 milliards d'euros, le marché français de l'assurance emprunteur, très convoité dans un contexte de taux bas qui érodent les marges bancaires et compliquent la tâche de faire fructifier les primes d'assurances, reste en effet largement dominé par les établissements bancaires qui profitent généralement de la signature d'un prêt pour placer leur assurance de crédit « maison ».

En 2010, la loi Lagarde avait ouvert la possibilité pour les emprunteurs de choisir une autre assurance que celle proposée par leur banque. Et plusieurs autres lois votées par la suite ont tenté de favoriser davantage de concurrence sur le marché, notamment en permettant aux clients de changer d'assurance tous les ans. « Le bilan montre que les consommateurs en sont, aujourd'hui, les principaux bénéficiaires, avec notamment des tarifs réduits et des garanties renforcées, et que, de ce point de vue, l'objectif du législateur a été atteint », se félicite le CCSF, précisant que les tarifs des contrats emprunteur ont connu des baisses allant de 10 à 40%.

« Le rapport du CCSF confirme que c'est un marché concurrentiel, sur lequel les différentes offres, y compris celles des bancassureurs, se développent et évoluent, dans l'intérêt des clients », a réagi la Fédération bancaire française (FBF) dans un communiqué distinct. Et de rappeler son « objectif constant d'assurer la protection maximale des emprunteurs et la solidarité des emprunteurs par la mutualisation des risques ».

Des carences soulignées

Le CCSF se fait toutefois l'écho de « difficultés dans le processus global de souscription soulignées par les assureurs externes et courtiers », lesquels dans leur grande majorité attribuent ces obstacles à « l'organisation interne des banques pour le traitement des demandes de substitution ». En outre, diverses carences apparaissent dans l'information transmise aux clients sur les conditions d'indemnisation et sur les produits proposés, pointe le CCSF, qui explique vouloir organiser des séances de travail « dans l'année à venir » pour progresser dans ce domaine.

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Ce constat global s'appuie sur la base d'un rapport réalisé par le cabinet indépendant Actélior. Et malgré les relations parfois tendues entre les protagonistes du secteur, « les membres du CCSF ont validé le choix d'Actélior pour mener cette étude, rédigé et approuvé les questionnaires, et ont apporté des données chiffrées qui permettent d'afficher un très bon niveau de représentativité du bilan », précise le comité.

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