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Vacances au ski : l'assurance de votre carte bancaire est-elle suffisante ?

Famille de skieur
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Les vacances d’hiver débuteront le 9 février prochain. L’occasion pour certains de prendre quelques jours de congés pour aller skier en famille. Mais ce sport n’est pas sans risque pour les chevilles comme pour les porte-monnaies… Car en cas d’accident, sans assurance adaptée, les frais médicaux, le rapatriement ou encore le coût du remboursement du matériel atteignent des sommets.

A l'approche des vacances d’hiver, les stations de ski trépignent en attendant les premiers vacanciers venus profiter de la poudreuse. Mais les sports d’hiver ne sont pas un loisir dénué de risque. Selon l’association des Médecins de Montagne, quelques 130 000 personnes reviennent, chaque année, blessées de leur séjour au ski. Même si les blessures sont pour l’essentiel sans gravité – pour un quart il s’agit d’entorses du genou -, elles peuvent vite coûter cher. Car, entre les frais de secours, le frais médicaux ou le remboursement du matériel endommagé, la facture grimpe rapidement.

Surfant sur cette peur, les domaines proposent fréquemment des assurances « sports d’hiver » lors de l’achat du forfait de remontées mécaniques. Bons plans pour les stations, ces assurances le sont souvent nettement moins pour les skieurs. Ces produits renchérissent parfois de plusieurs dizaines d’euros le prix du forfait. Un rapport coût-bénéfice peu intéressant que rappelle chaque année Fluo, une start-up qui propose d’optimiser les contrats d’assurance. « Je déconseille de souscrire des assurances au compte-gouttes : louer ses skis et prendre l'assurance proposée avec, louer son logement et payer la garantie annulation... ce sont toutes ces garanties achetées séparément qui reviennent au final très cher », souligne ainsi Angella Vasone, sa directrice métier et commerciale. Des assurances onéreuses qui font, qui plus est, parfois doublon.

Cartes haut de gamme et sports d’hiver font bon ménage

« Les porteurs d'une carte premium n'ont absolument pas besoin de renforcer leur couverture »

En effet, cela reste méconnu, mais les cartes bancaires recèlent d’assurances et de services d’assistance. En séjour au ski, certaines gammes de carte sont particulièrement protectrices et intègrent des garanties très importantes comme la responsabilité civile. « Les cartes premium du type Visa Premier ou Gold Mastercard sont très complètes puisqu'elles couvrent à la fois les dommages corporels liés à la responsabilité civile, les annulations, les frais médicaux, la location du matériel... », détaille Angella Vasone. Pour rappel, la responsabilité civile est l’assurance qui, lorsque vous causez des dommages à autrui, – ce qui peut arriver lorsque l’on dévale une piste noire avec un peu trop d’entrain – prend en charge à votre place le coût des soins et des réparations.

Autres atouts des cartes : les franchises, selon la porte-parole de Fluo. « Les franchises appliquées sont rarement abusives. Sur les frais médicaux, la franchise est de l'ordre de 30 euros. En cas de détérioration du matériel loué, le plafond de couverture est de l'ordre de 800 euros, et les banques demandent en principe à ce que 20% du prix du matériel soit payé par l'assuré », explique ainsi Angella Vasone.

Ce niveau élevé de couverture concerne tous les porteurs de carte Premier/Gold, avec toutefois quelques subtilités selon les banques. Car en effet, si pour une même gamme de cartes, il existe un socle commun d’assurances et d’assistances, certains établissements proposent des protections supplémentaires. Exemple avec LCL et sa garantie « manque de neige » qui indemnise forfaitairement les skieurs si la poudreuse n’est finalement pas au rendez-vous.

Lire aussi : Que vaut la responsabilité civile de votre carte bancaire ?

Le paiement par carte : une condition qui s’assouplit

Évidemment, comme toute assurance, il y a des conditions à respecter pour faire jouer les garanties. L’une d’entre elles, et la plus connue, est la condition de paiement. « Certains établissements demandent que l'intégralité du séjour soit réglée avec la carte », rappelle la directrice métier et commerciale du comparateur d’assurances, ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes aux vacanciers. Certains profitent en effet des séjours à la montagne pour utiliser leurs chèques vacances. S’ils sont dans une banque qui impose le règlement total, ils ne seront pas indemnisés.

Mais bonne nouvelle d’après Fluo : « La tendance est plutôt en faveur du porteur de carte, puisque l'on constate que de plus en plus de banques passent au paiement partiel ». Société Générale et sa banque en ligne Boursorama ont ainsi récemment fait évoluer leur conditions générales, confie Angella Vasone. Mais la majorité des établissements - BNP Paribas, Barclays ou encore Monabanq pour ne citer que quelques-uns – imposent de payer en totalité les prestations pour activer les services d’assurance et d’assistance.

Si les vacanciers respectent la condition de paiement, les détenteurs d’une carte haut de gamme peuvent partir l’esprit tranquille. Ces derniers « n'ont absolument pas besoin de renforcer leur couverture avec quelque assurance que ce soit, ni avec l'assurance vendue avec le forfait de ski ni en souscrivant un complément auprès de son assureur », insiste la responsable de Fluo. Le seul cas où détenir une carte haut de gamme n’est pas suffisant, c’est si le skieur comptait sur elle pour couvrir une personne qui n’est ni son conjoint ni ses enfants. Les amis, les cousins et autres compagnons de voyage ne sont pas assurés.

Des compléments ponctuels pour les assurés moins couverts

« L’assurance habitation intègre de plus en plus fréquemment des couvertures d’assistance »

Les Visa Premier et les Gold Mastercard font donc bon ménage avec les séjours à la montagne. Mais, ce ne sont pas les cartes bancaires les plus répandues. La majorité des personnes disposent d’une carte standard, Visa Classic ou Mastercard. Et ces cartes sont nettement moins protectrices : elles prennent le plus souvent en charge uniquement les frais de secours sur piste. Par conséquent, pour les personnes ayant une carte classique, anticiper en adaptant leur niveau de couverture peut s’avérer judicieux.

Toutefois, avant de souscrire à une nouvelle assurance, les skieurs, surfeurs et autres lugeurs doivent faire le point sur leurs contrats existants. Car en effet, il est notamment possible que leur assurance habitation, en sus de l’habituelle responsabilité civile, prévoit aussi des clauses d’assistance à la montagne. « Cela reste des couvertures d’assistance, c’est-à-dire concernant les frais médicaux, l’assistance rapatriement ou la recherche en montagne », nuance Angella Vasone.

Afin d’accroitre son niveau de protection, assurer le matériel loué ou être en partie remboursé si le séjour tombe à l’eau, elle leur conseille de prendre une assurance sports d’hiver. Mais pas celle vendue en station de ski. Mieux vaut se tourner en premier lieu vers son assureur. « Etant donné le prix d'un séjour à la montagne et du risque important des dégâts matériels et corporels, je préconise aux porteurs d'une carte classique d'intégrer ponctuellement à leur contrat d'habitation ou leur formule packagée une couverture sports d'hiver. Un nombre croissant d'offres se lancent, à un tarif abordable, de 2 à 3 euros la journée », conclut Angella Vasone.

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© cbanque.com / MEF / Février 2019

Commentaires

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Publié le 1er février 2019 à 18h12 - #1Bob

Suite à une chute sur une piste, ma femme a bénéficié des secours sur piste. Disposant d'une carte premier, j'ai dû faire l'avance des 300 € et ensuite être remboursé par l'assurance de la carte. Avec l'assurance de la station, je n'aurai pas fait l'avance...

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