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Carte bancaire : faut-il s'attendre à un bouleversement en 2018 ?

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Gros plan sur les mains d'une femme achetant en ligne sur une tablette
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Dans un secteur en pleine révolution, la carte bancaire reste de loin le moyen de paiement préféré des usagers. Sa domination pourrait-elle être remise en cause à court terme ? Le point sur les évolutions à attendre en 2018.

Objectif 3 milliards pour le sans contact

La décision date d’octobre 2017 mais elle va réellement prendre son envol en 2018, à mesure que les terminaux de paiements seront mis à jour et les cartes bancaires renouvelées : il est désormais possible de régler sans contact des achats jusqu’à 30 euros. Ce qui couvre potentiellement 60% des paiements par carte, contre 43% pour l’ancien plafond.

Il y a toutes les chances que cette nouveauté soutienne un peu plus en 2018 le développement des usages, qui ont déjà explosé depuis deux ans : le nombre d’achats sans contact est ainsi passé de 605 millions en 2016 à plus d’un milliard en 2017. Le groupement français des cartes bancaires CB a fixé pour le cap pour cette année : atteindre les trois milliards.

Lire sur le sujet : Le plafond de paiement sans contact passe à 30 euros

Des paiements en ligne mieux sécurisés

La carte reste de très loin le moyen de paiement le plus utilisé pour régler des achats en ligne. Ce n’est toutefois pas sans risque : selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, l'usage de la carte en ligne représentait 17% des transactions en 2016, mais les deux tiers du montant de la fraude. Un problème que les banques et les e-commerçants vont devoir affronter plus résolument.

La nouvelle directive européenne sur les paiements (DSP2), entrée en vigueur le 13 janvier 2018, impose en effet, à moyen terme, la généralisation de l’authentification forte pour les paiements en ligne. En clair, il ne suffira bientôt plus de renseigner le cryptogramme visuel situé au dos de la carte pour authentifier un paiement. Il faudra également employer une autre méthode : un code SMS, une authentification biométrique, etc. Des dispositifs qu’on devrait donc voir se généraliser dans le courant de l’année.

Lire sur le sujet : Pourquoi le mobile devient incontournable pour les paiements en ligne

Des frais en baisse en cas de perte ou de vol

Autre conséquence de la DSP2 : depuis le 13 janvier, la franchise restant à la charge du porteur dans certains cas d’utilisation frauduleuse d’une carte bancaire volée ou perdue a été divisée par 3, passant de 150 à 50 euros. Une bonne nouvelle pour les usagers, à la portée toutefois relativement limitée : cette franchise ne s’applique que pour les achats frauduleux effectués avec usage du code et en l’absence de déclaration du vol ou de la perte. Sinon, hors cas de négligence grave, la banque doit rembourser dès le premier euro. Par ailleurs, cette franchise est généralement couverte par les assurances perte et vol des moyens de paiement qui équipent nombre de clients bancaires.

Lire aussi : La franchise abaissée à 50 euros

Le paiement mobile frémit

Rappel : pour pouvoir utiliser des services comme Apple Pay ou Paylib, il vous faut une carte bancaire compatible. Le paiement mobile n’est donc pas à proprement parler un concurrent de la carte.

Sans parler de véritable décollage, son usage a frémi en 2017 en France. Les 8 principales enseignes bancaires proposent désormais Paylib sur Android à leurs clients. Les rangs des cartes compatibles avec Apple Pay sur iPhone se sont également étoffés : c’est le cas désormais chez Fortuneo, dans les Crédits Mutuels de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central, chez N26, en attendant prochainement la Société Générale, Boursorama Banque, Morning et d’autres sans doute.

Lire aussi : Pourquoi le paiement mobile fonctionne moins bien sur Android

Le paiement instantané, un concurrent de la carte ?

Si le mobile n’est pas encore un concurrent de la carte, il pourrait le devenir avec l’émergence du paiement instantané. Ce nouveau moyen de paiement, dont le développement est ardemment souhaité par les institutions européennes, permet d’effectuer des virements SEPA quasi-instantanés (10 secondes maxi) 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Une révolution potentielle, même s’il reste des interrogations : quels seront les cas d’usage privilégiés par les banques ? Combien ces virements seront-ils facturés ?

La carte bancaire n’apparaît toutefois pas en première ligne face au paiement instantané, au moins pour les paiements en points de vente. Il pourrait en revanche changer la donne pour les paiements en ligne. Mais c’est surtout le chèque, pour les paiements entre particuliers notamment, qui devrait pâtir de son émergence.

Lire sur le sujet : Pourquoi les banques françaises sont à la traîne sur le paiement instantané

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