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BNP Paribas choisit la « coopétition » avec les fintechs

Incubateur BNP Paribas à Paris
Capture d'écran - lab.atelier.net

BNP Paribas vient de présenter la sélection des 8 start-ups (sur 147 candidatures) appelées à rejoindre son accélérateur fintech. Pendant 4 mois, ces jeunes pousses vont travailler avec les différentes entités de BNP Paribas sur des innovations concrètes. Un bon exemple de coopération entre l’ancien et le nouveau monde bancaire.

Dans une étude récente (1) consacrée à la « Fintech à la Française » - qui pointe notamment le décalage entre le dynamisme des innovations financières dans l’Hexagone et la méconnaissance, voire le désintérêt, des Français - Deloitte pose la question de la relation entre les start-ups du secteur financier, les acteurs traditionnel et les pouvoirs publics. Plutôt qu’un énième discours sur « l’uberisation » qui menacerait le secteur bancaire face à ces nouveaux venus plus agiles et plus technologiques, le cabinet de conseil évoque l’idée d’une « coopétition ». « Malgré leurs atouts, l’arrivée des Fintech ne signifie pas nécessairement que les grandes marques bancaires que nous connaissons vont disparaître de sitôt », annonce Deloitte dans son étude, « en particulier celles qui apprennent à jouer habilement avec ces innovateurs ».

La cabinet de conseil détaille plusieurs scénarios possibles d’intégration de l’innovation. Il y a le partenariat, à l’image du rapprochement de longue date entre La Banque Postale et le service de crowdfunding KissKissBankBank ; l’investissement, spécialité du Crédit Agricole qui a mis des billes dans l’agrégateur de comptes Linxo ou le robo-advisor Anatec ; l’acquisition enfin, option prise par le Crédit Mutuel Arkéa, qui a racheté 86% de la cagnotte en ligne Leetchi, ou par BPCE qui s’est offert le concurrent le Pot Commun.

L’incubation, l’autre voie choisie par BNP Paribas

Une autre voie existe toutefois, celle de l’incubation, empruntée par BNP Paribas. Avec l’aide de l’Atelier, son entité spécialisée dans la veille technologique et l’innovation, la banque a mis en place en 2015 un « accélérateur fintech », accueilli au sein de son incubateur parisien, le WAI (pour We Are Innovation). L’idée est assez simple, même si BNP Paribas est la première enseigne française à la mettre en œuvre : des jeunes pousses technologiques sont invitées à venir travailler en binôme, dans une logique dite d’open innovation, avec les différentes entités du groupe BNP Paribas : la banque de détail, l’assurance, la banque privée, le crédit, etc.. Lancé en décembre 2015, l’appel à projets a reçu 142 candidatures de start-ups majoritairement françaises, mais aussi luxembourgeoises, ou britanniques ou israeliennes.

Les heureux élus, au nombre de 8, viennent d’être dévoilés. Pendant les quatre prochains mois, ces fintechs vont travailler main dans la main avec des cadres de BNP Paribas. Cardif, filiale spécialisée en assurance, va ainsi se rapprocher de Amalfi, un courtier en assurance collaborative, et de Paycar, un service de paiement qui sécurise l’achat de voitures d’occasion. Le métier Banque de détail va travailler sur l’expérience client avec Logmote, un service d’authentification qui transforme le smartphone en « clé de contact » des services numériques. La division Wealth Management, de son côté, a retenu Twinpeek, une solution de protection et de monétisation des données personnelles qui permet à chacun de contrôler son identité numérique. Rendez-vous désormais en juin prochain, pour voir ce qui sortira de ces collaborations, et les éventuelles suites qui y seront données.

BPCE partenaire du Global Fintech Challenge

Autre manière de créer des passerelles avec les fintechs, le groupe BPCE s’est associé au Global Fintech Challenge Paris, un concours réunissant 130 start-ups financières venues de 15 pays. Sa finale s’est déroulée le 14 mars dernier, au Palais Brongniart. Le prix doté et remis par BPCE, dans la catégorie Banque privée, est allé à Neurodecision, un outil d’évaluation des profils d’investisseurs sous forme de « jeu sérieux ». Ce prix va déboucher sur la réalisation d’un prototype, destiné à tester l’intérêt et la faisabilité de l’outil pour BPCE.

(1) « La Fintech à la française, une filière d’excellence à développer ensemble », étude publiée le 24 mars 2016 par Deloitte. Terrain réalisé par Harris Interactive, du 29 octobre au 10 novembre 2015, auprès de 2.000 répondants représentatifs de la population française de 18 à 70 ans.

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© cbanque.com / VM / Avril 2016