manager.one, la jeune pousse qui veut bousculer la banque pour les pros

espace client manager.one
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Proposer une banque en ligne pour les pros à la tarification transparente et aux services innovants, telle est l’ambition de manager.one. Lancée en juillet 2017, cette offre développée par la start-up SaGa CORP est commercialisée par une banque traditionnelle. Rencontre avec Adrien Touati, cofondateur de la jeune pousse.

Quelle est la genèse du projet manager.one ?

Adrien Touati : « Alors que pour les particuliers les offres bancaires progressent constamment, celles pour les professionnels n’évoluent pas. La tarification demeure opaque et complexe. Concernant les services et les fonctionnalités en ligne, les produits bancaires sont parfois très éloignés des besoins des professionnels. Ce constat fait, nous avons dès 2014 démarché des banques, dont BNP Paribas et HSBC, afin de leur proposer d’intégrer notre solution à leur catalogue. Mais les process internes étant trop longs et complexes, nous avons préféré commercialiser en nous appuyant sur une banque à taille humaine. »

Votre offre est disponible en ligne sous la marque manager.one, mais vous êtes tout de même liés à une banque traditionnelle…

A.T. : « La Banque Wormser Frères [nom commercial de la Banque d’Escompte, banque privée fondée en 1936 détenue et gérée par la famille Wormser, ndlr] commercialise l’offre et prend en charge les ouvertures de compte. Comme de nombreuses néobanques, nous sommes avant tout des éditeurs de logiciels. »

Pouvez-vous présenter votre offre de compte ? Quelles sont les principales fonctionnalités rattachées ?

« Comme de nombreuses néobanques, nous sommes avant tout des éditeurs de logiciels. »

A.T. : « manager.one comprend un compte, une carte bancaire physique et des services indispensables pour les professionnels, accessibles via l’espace client en ligne ou depuis notre application. L’entrepreneur peut par exemple attacher à chaque opération un justificatif. Il peut gérer les accès à son espace client et ainsi permettre à un salarié, à un associé ou à sa comptabilité de consulter le compte bancaire de l’entreprise. Il est aussi possible de suivre en temps réel ses virements, de recevoir ou émettre des attestations pour savoir quand l’opération a été initiée, si le client ne l’a pas annulée… Nous proposons les virements à l’international et récurrents, ou encore des cartes bancaires virtuelles, à usage unique, afin de sécuriser les transactions par téléphone ou en ligne. »

A qui s’adresse manager.one ?

A.T. : « Nous n’avons pas vraiment de client type. Au contraire, notre clientèle actuelle va de l’entrepreneur individuel au groupe réalisant 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. Nous ciblons toutefois les TPE-PME, installées en France. »

Par rapport aux autres néobanques pour les professionnels, votre tarification est plutôt élevée. Qu'est-ce qui justifie ce prix ?

A.T. : « Nous avons l’objectif de créer un modèle sain, qui s’inscrit dans le temps, et non de réaliser quelques levées de fonds avant d’être revendu. Facturer 30 euros par mois nos services nous permet d’apporter de l’innovation, de faire tourner la boîte et d’arriver à l’équilibre assez rapidement (1). De plus, comparer notre tarification à celle des nouveaux acteurs n’a pas vraiment de sens. Ces derniers commencent à ''éclater'' leurs prix et on retombe ainsi dans une certaine forme d’opacité. A l’inverse, nous souhaitons proposer une tarification unique et traiter tous nos clients de la même façon. Si l’on replace manager.one dans l’environnement bancaire, nous restons 3 à 5 fois moins coûteux que les banques traditionnelles, nos réelles concurrentes. »

Certains établissements traditionnels ont fait évoluer leurs offres et proposent, notamment pour les petits professionnels et les associations, des packages à partir d’une dizaine d’euros par mois…

« Le nerf de la guerre n’est pas le prix, ce sont les innovations. »

A.T. : « Le nerf de la guerre n’est pas le prix, ce sont les innovations. Les banques historiques ont les moyens d’adopter une politique tarifaire agressive car leur objectif est d’ouvrir des comptes. Nous, nous souhaitons mettre en place des services qui font gagner du temps, et donc de l’argent aux professionnels. »

Souhaitez-vous à terme étoffer votre gamme de services et proposer par exemple du crédit ?

A.T. : « Notre association avec la Banque Wormser Frères nous permettra éventuellement de proposer l’intégralité de ses services : du prêt au compte à terme en passant par la caution bancaire. C’est une possibilité mais qui n’est pas encore actée dans le temps. Aujourd’hui, nous nous concentrons sur les fondamentaux de notre offre, c’est à dire les fonctionnalités et la transparence tarifaire. »

manager.one est lancée depuis juillet 2017. Combien de clients avez-vous attiré en près d’un an ?

A.T. : « Nous ne communiquons pas sur le nombre de clients, uniquement sur le nombre de demandes d’ouverture de compte : entre 10 et 40 par jour. »

Atteindrez-vous le point mort en 2018, comme vous l’annonciez dans une plaquette diffusée au printemps 2017 ?

A.T. : « Notre business modèle est double. Il repose d’une part sur la conquête de clients manager.one sur le marché français et, d’autre part, sur notre activité d’éditeur de logiciels en marque blanche à destination des établissements bancaires. Nous venons d’ailleurs de signer un premier partenariat avec une banque africaine. Cette double activité nous permettra d’arriver à l’équilibre fin 2018, début 2019. »

Fiche d'identité : manager.one
ActivitéBanque en ligne pour les professionnels
Site webwww.manager.one
Date de création1936 Banque Wormser Frères
2016 SaGa CORP
Date de lancement 5 juillet 2017
Clientèle viséeTous les entrepreneurs, cible clef : TPE/PME
Marché viséInternational
AgrémentÉtablissement de crédit (Banque Wormser Frères)
Capital16 000 000 € Banque Wormser Frères
156 688 € SaGa CORP
Chiffre d'affairesNC
Nombre de clientsNC
Effectif actuel15 personnes

(1) L’abonnement à manager.one coûte 29,99 euros par mois. Une tarification en sus peut s’ajouter en cas d’opérations à l’étranger ou d’irrégularités sur le compte principalement.

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© cbanque.com / Propos recueillis par MEF / Mai 2018

Commentaires

Publié le 23 mai 2018 à 22h18 - #1LMDP
  • Paris

Au-delà des qualités indéniables de l'offre, certaines affirmations du chef d'orchestre de l'aventure manager.one sont plutôt malhabiles : les process internes de BNP Paribas sont certainement longs et complexes, mais personne ne niera que la banque est en pointe sur le digital ; Communiquer non sur le nombre de clients mais sur le nombre de "demandes d'ouverture", en précisant que celui-ci est de 10 à 40 par jour, est clairement de nature à inquiéter l'investisseur ou le prospect potentiel, dans la mesure où, d'une part, ce nombre est pour le moment extrêmement faible, et, d'autre part, entre le nombre de "demandes" et le nombre d'ouvertures de compte effectives il peut y avoir une différence très significative (et ce ne sont pas les banques 100% digitales récemment lancées en production et qui annoncent des chiffres fantaisistes qui vont me contredire sur ce point)

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Publié le 25 mai 2018 à 15h22 - #2Digiman
  • Homme
  • Paris
  • 33 ans

@LMDP, étant client BNP Paribas, je peux vous affirmer que l'offre digitale est une catastrophe. Les produits n'évoluent pas et la dernière fonctionnalité qui est arrivée (cocher une case pour envoyer une notification de virement) est une grosse blague. Mail sans information pour le client.
C'est bien de vouloir défendre sa maison mais cela frise le ridicule.

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