Crédit immobilier : faut-il passer par un courtier pour obtenir un super taux ?

un emprunteur et un courtier immobilier tombent d'accord pour le prêt
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Plus d’un emprunteur sur 3 fait appel à un courtier pour obtenir son prêt immobilier. Mais, avec la faiblesse généralisée des taux d’intérêt, vous vous interrogez sur son réel pouvoir de négociation en ce moment. Peut-il vraiment vous obtenir des conditions d’emprunt justifiant le paiement de frais de courtage ? Seul, est-ce que vous pouvez réussir à obtenir un bon taux ?

Bingo ! Après de nombreuses visites, vous avez enfin trouvé le bien immobilier adéquat. Une nouvelle mission vous incombe désormais : celle de trouver un financement bancaire. Dans cette quête du crédit immobilier le plus compétitif, deux choix s’offrent à vous : le négocier vous-même ou bien faire appel à un courtier immobilier pour qu’il mette en concurrence à votre place les banques. Pratique, cette seconde option n’est, le plus souvent, pas gratuite… Les courtiers (hors intermédiaires en ligne) vous facturant - directement ou via la banque finalement prêteuse - en moyenne 1% du montant du financement.

Sachant que l’emprunt moyen pour l’achat de son premier logement a bondi de 50% en 9 ans (à 173 000 euros en 2019), et de plus de 60% pour les acquisitions suivantes (à près de 193 000 euros), les frais de courtage représentent donc une somme de plus en plus conséquente (1). De quoi attirer votre attention et, dans le contexte actuel de taux immobiliers très faibles, vous questionner sur le gain réel de faire appel à un courtier. En effet, alors que les taux moyens sont passés sous la barre des 1,20% hors assurance, a-t-il vraiment une marge de manœuvre pour obtenir un taux plus faible encore ? La décote qu’il est susceptible de négocier sera-t-elle suffisante pour amortir les frais qu’il vous prélève ?

Des marges de négociation possibles pour les particuliers en direct

« Certains clients n'imaginent pas qu'ils peuvent avoir 1%, alors avec 1,2% ils sont très satisfaits »

Un questionnement que relaient les banquiers, à l’image de Frédéric Dupuis, responsable marketing crédits au sein de Crédit Agricole SA. « L'évolution actuelle des barèmes des taux immobiliers n'est pas fonction des courtiers mais est liée au contexte monétaire très favorable. L'écart entre les différents établissements est désormais tellement faible qu'il n'y a pas d'intérêt à passer par un courtier », souligne-t-il. Évidemment, du côté des courtiers, le discours est tout autre. « Les taux sont bas, mais il y a des écarts importants entre les établissements. Pour un même profil, il peut y avoir un écart de 50 points de base. Certaines banques vont octroyer du 0,75% sur 20 ans, quand d’autres font du 1,35% », explique ainsi Maël Bernier, directrice de la communication du courtier Meilleurtaux.

Contexte de taux bas ou pas, le mot d’ordre reste le même : un crédit immobilier se discute nécessairement. « Certains clients n'imaginent même pas qu'ils peuvent avoir 1%, alors avec 1,2% ils sont très satisfaits, ils ont un « très bon taux », regrette Pierre Chapon, co-fondateur du courtier en ligne Pretto. En effet, « avec les conditions de financement historiquement attractives, l’emprunteur peut considérer qu’il peut obtenir un très bon taux sans forcément négocier très dur. Par exemple, avec une négociation simple, un très bon profil peut obtenir 1,2% ou 1,3% sur 25 ans. Mais, par un courtier ou en menant une négociation structurée, le client peut faire tomber le taux à 1% voire moins », poursuit Pierre Chapon.

Et, à en croire les banques interrogées, les règles du jeu de ces tractations sont les mêmes que leur interlocuteur soit l’emprunteur directement ou son courtier. « Quel que soit le canal par lequel le client va passer - courtier ou en direct -, qu'il s'agisse d'un prospect ou d'un emprunteur déjà client, il n'y aura pas de différence quant à l'analyse de son dossier. La décision rendue et le taux seront les mêmes. Ce qui compte, c'est le projet », assure ainsi Patrick Cuvillers, chef de produit crédit immobilier chez LCL.

L’absence d’intermédiaire à faire valoir auprès du conseiller bancaire

« Les barèmes transmis aux courtiers ne sont pas plus bas que ceux auxquels ont accès les conseillers »

Les bases de négociation, à savoir les grilles commerciales de taux, seraient tout étant équivalentes, certifie de son côté Frédéric Dupuis du Crédit Agricole. « Les barèmes transmis aux courtiers ne sont pas plus bas que ceux auxquels ont accès les conseillers bancaires. Parfois, au contraire même, les agences ont des barèmes mieux-disants. Une décote notamment permise par le fait que la banque ne rémunère pas un intermédiaire », souligne ce responsable marketing crédits.

L’absence de commission d’apporteur d’affaires : un argument supplémentaire à faire valoir auprès de votre conseiller bancaire si vous souhaitez vous lancer seul dans la négociation de votre prêt. En effet, en plus des honoraires à la charge des clients, les courtiers perçoivent aussi une rémunération lorsqu’une banque accepte l’un de leur dossier. Cette commission s’élève en moyenne à 1% du montant du crédit. A l’échelle d’un emprunt, c’est certes faible. Mais, à l’échelle d’une banque, le manque à gagner, dans un contexte où le crédit immobilier est moins rentable, s’avère plus conséquent. D’autant plus que le nombre de dossiers dans lesquels les courtiers interviennent progresse rapidement ces dernières années.

Le courtier pour fluidifier le marché immobilier

« Un courtier, ce n’est pas qu’un taux »

En effet, d’après une étude sortie en mars 2019, 35% des emprunteurs ont désormais recours à un courtier pour leur prêt immobilier, contre seulement 15% en 2008 (2). La chute des taux d’emprunt n’a donc, au final, pas eu d’effet sur la part de marché des courtiers, au contraire. Pas de quoi étonner Maël Bernier de Meilleurtaux. « Un courtier, ce n’est pas qu’un taux, résume-t-elle. Il a un rôle d’aiguillage en temps réel des emprunteurs. Dans une région donnée, il connaît les établissements ponctuellement surchargés, les profils recherchés... », insiste la porte-parole.

Le courtier fait gagner du temps à l’emprunteur, mais aussi à la banque, plaide quant à lui Pierre Chapon de Pretto. « Le courtier fournit un dossier complet et totalement instruit à la banque ce qui lui fait gagner beaucoup de temps, et avec de plus grandes chances de concrétisation. Du coup l'impact est double : en interrogeant en direct un banquier qui n'a pas le temps, en lui demandant de monter les dossiers de A à Z, il y a plus de chances de se voir proposer un taux moins attractif, voire de refus pour des dossiers qui présente une complexité », explique le co-fondateur de ce courtier en ligne.

Répondre aux emprunteurs pressés : un intérêt que concèdent les banques aux courtiers. « Le temps est l'argument principal des emprunteurs qui font le choix d'avoir recours à un courtier immobilier », souligne Patrick Cuvillers de LCL. En revanche, si vous avez le temps de mettre en concurrence par vous-même plusieurs enseignes et si vous êtes capable d’identifier vos points forts et de les défendre auprès de votre banque, vous pouvez plus aisément vous passer des services d’un courtier.

A lire également : Demande de crédit immobilier : pourquoi il faut être patient

Ne pas négocier que le taux d'intérêt

Vous disposez d’un peu d’argent de côté ? C’est une précieuse carte à jouer lors des négociations. Si les banques ne rechignent plus à octroyer des prêts couvrant intégralement le coût de l’opération immobilière (prix d’achat du bien, frais de notaire, d’agences et de garantie), elles restent très sensibles aux ménages ayant de l’épargne, d’autant plus dans la période actuelle. « Ceux qui passent en dessous de 1% sont ceux qui ont de l’épargne, au moins 30 000 euros après l’opération. Car les banques considèrent alors qu’elles vont se rémunérer non pas sur le crédit immobilier mais sur l’épargne », explique Maël Bernier de Meilleurtaux.

Autre conseil : ne pas négocier uniquement le taux d’intérêt de l’emprunt. « Vous avez également les frais de dossier, les frais de garantie, l'assurance… », souligne le porte-parole de LCL. Pour faire baisser vos charges de crédit, scrutez en effet attentivement l’assurance emprunteur que votre banque vous propose. « L’assurance emprunteur, dont le coût peut varier du simple au triple selon les établissements, peut représenter in fine une charge plus importante que les intérêts du crédit, car elle ne s’amortit pas au fil des remboursements. Concrètement, quelqu’un qui emprunte à 0,60% sur 15 ans mais souscrit une assurance à 0,40% va en fait payer plus cher d’assurance que d’intérêts », fait remarquer Maël Bernier.

Même dans le contexte actuel, prenez également le temps de négocier les indemnités de rachat anticipé (IRA). Car si la pénalité imposée est trop importante, elle risque de vous empêcher de profiter d’une éventuelle nouvelle baisse des taux d’intérêt… Les IRA rognant sur le gain d’intérêts générés par le rachat du crédit par une banque concurrente.

Lire aussi : 8 conseils pour négocier soi-même son crédit immobilier

(1) Le financement de l’habitat en 2018, Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, juillet 2019. (2) Sondage OpinionWay pour VousFinancer réalisé les 30 et 31 janvier 2019 auprès d’un échantillon de 1008 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence.

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© cbanque.com / MoneyVox / MEF / Septembre 2019

Commentaires

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Publié le 17 septembre 2019 à 08h22 - #1Heerod
  • Femme
  • Lille

Actuellement en train d'acheter ma maison, je confirme que passé par un courtier est plus intéressant.
Ma banque et celle de mon conjoint taux : 1.4% sur 25 ans
Taux par un courtier 1% sur 25 ans.
Différentes de 30 000 euros pour nous contre un coup de courtier a 1900€ le choix et vite fait.

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Publié le 17 septembre 2019 à 11h00 - #2Manu SIFP
  • Homme
  • Alsace
  • 42 ans

Article de qualité.
Précision qui a une importance : les courtiers ne travaillent pas avec toutes les banques de la place...
Et en général, une banque qui a d'excellentes conditions ne peut plus se permettre de rémunérer encore un courtier vu les taux actuels...
Je pense que les intermediaires representent un coût pour tout le monde et moins il y en a, moins il y a de gens à rémunérer...C'est vrai dans tous les domaines d'ailleurs.
Alors un conseil pour ceux qui souhaitent passer par un courtier : leur demander avec qui ils ne travaillent pas...
Et regardez s'ils sont moins chers...
Pour les prêts consos : c'est flagrant. J'avais fait récemment une demande aupres de courtiers en ligne.
Je n'arrivais pas à obtenir moins de 3% sur 4 ans.
En allant faire mes courses moi meme, j'ai rapidement trouvé du 0,95% sur 4 ans sans frais de dossier et sans assurance emprunteur obligatoire...
Voilà le cout des intermédiaires...

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Publié le 17 septembre 2019 à 16h41 - #3pascal28
  • Homme
  • Paris
  • 42 ans

Bonjour,
comme partout chacun défend ses positions et c'est normal.
moi je ne prend pas d'honoraires aux clients et donc ne leur coûte pas plus cher que s'ils allaient faire le tour des banques.
l'important n'est pas d'avoir toutes les banques mais suffisamment de banques performantes en fonction du type d'emprunteurs.
Quand une banque affirme qu'elle propose le meilleur taux dès le départ ce n'est pas toujours le cas.
sans parler de la difficulté de mettre en place des délégations d'assurances chez certaines enseignes.....
Je me pose juste une question: pourquoi les banques viennent-elles régulièrement vers moi pour avoir des dossiers ?
Certes dans ce contexte de taux bas les banques ne manquent pas de dossiers mais quand les temps sont plus durs j'ai droit au défilé....
Quand à la comparaison du gain de temps il est facile à faire: ce matin 1 coup de téléphone, 5 mn et un 0.70 % sur 20 ans avec délégation externe contre 1.05 à la banque du client après négociation par ce dernier.
accord du client et dossier déposé cet après midi à la banque et rendez vous client en banque pour samedi matin......
la nouvelle banque est contente, elle récupère un beau profil et 100.000 € d'épargne transférée.....
et dernière question: combien faudrait il de conseillers en banque pour traiter les 120 dossiers que je fait en moyenne par an tout seul ?
là en un seul rendez-vous la banque reçoit les clients fait signer les ouvertures de compte, les demandes de prêt et le mandat de mobilité bancaire.
En grande-bretagne où 80 % des dossiers de prêts passent pas des courtiers, la majorité des courtiers ne prend pas d'honoraires et se contente de la commission versée par la banque.
En France c'est l'inverse, la majorité des courtiers prennent des honoraires.
c'est là ou le consommateur peut agir en privilégiant les courtiers gratuits que l'on peut trouver un peu partout mais en petit nombre (environ 1 sur 10) et non pas seulement en ligne comme peuvent le faire penser certains.
Cordialement

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Publié le 18 septembre 2019 à 08h05 - #4Manu SIFP
  • Homme
  • Alsace
  • 42 ans

Concernant le gain de temps de passer par un courtier plutot que de "faire son marché" seul, je suis convaincu par cet argument.
Concernant la recuperation de bons profils, c'est sans doute vrai pour des etablissements bancaires ayant un deficit de jeunes et de CSP+ qui ont tout à y gagner mais c'est aussi faux pour les autres qui ont beaucoup de jeunes et de CSP+ et qui ont tout à y perdre...
Finalement comme tout le monde est bancarisé, c'est un jeu à somme nulle au niveau global car les emprunteurs ne sortent pas de nulle part.. Je me place du coté banque sur ce point.
Du coté client, ca serait interessant de voir si c'est réellement interessant de passer par un courtier. Je sais qu'à titre perso, j'ai trouvé mieux moi meme dans le financement de mon logement peut etre que mon apport a joué en ma faveur. En tout cas les banques qui ne travaillaient pas avec les courtiers (j'en ai vu plusieurs) ont proposé de meilleurs taux à l'époque (c'était en 2008).
Pour d'autres apparememment c'est le contraire...
Y aurait il une stat dispo sur les TEG moyens pratiques par les courtiers et les TEG moyens pour du financement hors courtiers à duree identique bien sûr ?
Histoire de voir de quel côte penche la balance ?
Tiens je viens de trouver une stat. L'observatoire mensuelle du credit logement indique un taux moyen de 1,13% pour un credit sur 20 ans au mois d'aout 2019.
Et sur le site de CAFPI, le taux moyen est de 1,18% actuellement sur la meme periode pour les prets qu'ils financent.... Taux qui ne doit pas prendre en compte les frais du courtier j'imagine...
Donc je ne vois pas vraiment quel est le gain pour les emprunteus de passer par un courtier dans ces conditions...
Et pour les prets conso c'est encore plus frappant. Une banque propose actuellement du 0,95% sur 4 ans. Essayez de trouver mieux en passant par un courtier...
Moi perso je n'y arrive pas...

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Publié le 18 septembre 2019 à 11h55 - #6pascal28
  • Homme
  • Paris
  • 42 ans

Bonjour,
le thème de l'article est "crédit immobilier"
personnellement je n'ai jamais proposé de crédits à la consommation car de toute façon les courtiers (souvent les grands réseaux nationaux) ne peuvent proposer que les offres des organismes spécialisés genre Cetelem, sofinco, cofidis etc)
de toute façon quand on voit que certains proposent maintenant des assurances auto ou des contrats d'électricité c'est juste pour diversifier leur activité.
concernant les taux annoncés par les courtiers et les statistiques de "crédit logement" , chacun indique ce qu'il veut.....
sur 20 ans j'ai une fourchette de taux qui va de 0.68 % à 1.50 % selon les revenus, l'apport et l'épargne résiduelle après opération.
et sur 25 ans de 0.98 à 1.70 % toujours selon les mêmes critères.
et sur 7 ans de 0.20 à 0.80 %
vous voyez bien que le taux moyen va varier en fonction de la clientèle que vous financez.
De plus le moyen d'acquisition des clients est important.
un courtier local qui travaille sur le bouche à oreille aura de forte chance d'avoir une clientèle mieux ciblée que le réseau qui travaille avec des "apporteurs" du type "négociateurs en agence immobilière"
Après et bien c'est chacun sa vie et sa démarche d'entreprise.
Cordialement

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Publié le 18 septembre 2019 à 22h02 - #7Manu SIFP
  • Homme
  • Alsace
  • 42 ans

Disons que vous faites gagner du temps sur les dossiers aux clients et aux établissements bancaires, que vous avez une meilleure expertise des dossiers car le financement immobilier est votre activité principale. Vous libérez des m2 de bureaux aux etablissements bancaires car ca leur permet de réduire les effectifs. Il y a davantage d'agences qui ferment en zone urbaine là où les courtiers sont présents. Je pense qu'elles sont pretes à verser des commissions aux courtiers quitte à externaliser l'expertise...Et qu'en somme il n'y a pas bcp de perdants...
Concernant les taux pratiqués vous avez raison il y a de gros ecarts entre les dossiers. La moyenne cachant des disparités importantes.
Ce qui fait les écarts, c'est à la fois les revenus, l'apport et la capacité d'épargne des clients qui expliquent une partie importante.
Peut etre aussi la securite de l'emploi aussi (un fonctionnaire plus qu'un salarie du privé, une prof libérale plus qu'un autre indépendant), l'ancienneté professionnelle...
Quels sont les paramętres les plus impactant d'apres vous ? Ca doit dependre de la politique de chaque etablissement bancaire je suppose...
Certains cherchent à séduire des jeunes sortis de grandes écoles, d'autres des fonctionnaires, d'autres des profs lib.
Pour certaines l'apport est un reel + pour d'autres moins...
Y a t-il des profils preferes qui se degagent pour chaque etablissement ?
Merci d'avance.

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Publié le 20 septembre 2019 à 18h32 - #8pascal28
  • Homme
  • Paris
  • 42 ans

Bonjour,
les profils les plus recherchés sont les professions libérales mais aussi les profils cadres avec des revenus pour un couple supérieurs à 6500 €
l'épargne résiduelle après l'achat est aussi un critère très regardé par les banques
Dans cette période ou l'on approche la fin d'année, les objectifs des banques sont pour la plupart atteints ou dépassés.
de ce fait certaines nous indiquent par exemple ne plus prendre de profil client en dessous de 45.000 € pour un couple.
un moyen de fermer le robinet et ne garder que les clients plus hauts de gamme.
La société Crédit logement joue également un rôle en ce sens que par exemple sur une durée d'emprunt de 25 ans elle se permet de refuser sa caution alors que parfois nous avons un apport de 20.000 € et un endettement de 30 %
et sans apport il n'est même pas question de présenter un dossier au dessus de 20 ans (sauf exceptions de profils ++ ou d'achat locatif bien sur)
ce qui explique que ses statistiques puissent également être faussées par le niveau de qualité des dossiers qu'elle accepte.
si demain je fait mes stat sur les clients de plus de 75.000 € de revenus, vous aurez un taux moyen qui ressemblera plus au vol en rase-motte qu'aux taux moyens du marché.
et au final ce qu'il y a de plus drôle c'est cette recherche du buzz permanent entretenu avec la complicité involontaire des médias qui, il faut le reconnaitre, annonce les choses sans savoir ou comprendre.
j'ai entendu au journal de 12h d'une grande chaîne "emprunts en taux négatifs pour les particuliers, les entreprises et l'état"
avec cela comment s'étonner que les clients me disent" j'ai entendu qu'on pouvait avoir des taux négatifs sur les prêts immobiliers.....
oui en Allemagne ou en Norvège.................sauf que ce sont des taux révisables et qu'en cas de hausse le client paiera le taux révisé.
de toute façon chez eux les taux fixes n'existent pas.
Bien cordialement

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Publié le 20 septembre 2019 à 21h20 - #9Manu SIFP
  • Homme
  • Alsace
  • 42 ans

Je partage votre remarque sur les commentaires de certains journalistes sur les taux negatifs des prets immobiliers. Pour vendre leur papier et pour faire rêver les gens ils sont prėts à raconter nimporte quoi. Ce sont les premiers producteurs de fake news mais quand ca va dans un sens favorable à nos dirigeants ce n'est bien sûr pas combattu...
Sur les pratiques de fin d'annee de certaines banques qui ont atteint leurs objectifs de l'annee, il faut comprendre qu'elles publient des taux moyens faibles mais en étant très sélects...En sélectionnant à fond elles diminuent les risques et peuvent baisser les taux. Mais des taux qui ne profitent pas à la classe moyenne.. (mais pour la communication ca fait bien meme si c'est fictif pour un grand nombre...) En passant par des courtiers, elles peuvent donc mieux refuser des dossiers et mieux piloter leurs activités. Un grand atout pour elles. Une fin de très bonne année commerciale permet de diminuer le risque sans se mettre des clients à dos car ils ne le savent pas qu'ils ont eu un refus en passant par un courtier...
Donc pour des Francais de classe moyenne, apres une excellente annee comme 2019 en matiere de production de crédits, mieux vaut attendre le debut d'annee suivante pour demander un financement et obtenir de meilleures conditions (car les robinets sont de nouveau ouverts)...
Sinon il risque d'avoir le grand écart de taux entre les tres bons dossiers et les dossiers "standards".
Ou alors passer à sa propre banque pour peut etre avoir moins de risque d'obtenir un refus ???

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Publié le 21 septembre 2019 à 00h19 - #10Stunt38
  • Homme
  • 100 ans

Je travaille au Credit Mutuel.
Pendant longtemps nous avons travaillé avec les courtiers.
Depuis l'an passé nous avions comme consigne de ne plus dépasser 20% de nos encourts crédits immo par les prescripteurs.
Pour 2020 la barre est à 0 : concrètement plus aucun de nos dossiers ne doit provenir d'1 courtier.
L'entreprise souhaite privilégier le bouche à oreille et la recommandation.
Firce est de constater que ça finctionne puisque nos encourts de prêts se portent très bien, que ce soit en nombre ou en volume.
Mais ce n'est pas tant ça, nous avons eu de multiples déconvenues avec ces "pros" que je cite entre guillemets car il ne faut pas généraliser.
Tout d'abord depuis le contexte de baisse des taux beaucoup de gens se sont mis au courtage, attirés par l'appât du gain "facile" (moyenne de com reversé au courtier par dossier : 1500€).
Le problème (en plus du coût) c'est que parmi ces personnes on trouve beaucoup de branquignolles qui n'ont qu'une vague connaissance du domaine financier et fournissent des dossiers remplis à la mord moi le noeud où tout est à refaire ou presque, donc grosse perte de temps pour tout le monde.
J'ai vu des choses hallucinantes : des frais d'hypothèque au même tarif qu'un cautionnement, du PPD sur du rachat de prêt, des employés de petit commerce catégorisés comme cadre, des fumeurs en non fumeurs, du taux fixe au même niveau que du variable, des dossiers de construction où il manquait dans le plan plusieurs milliers voir dizaines de milliers d'€, etc, j'en passe et des meilleurs.
On a même vu une fois un courtier avoir le culot de nous envoyer un dossier d'1 couple déjà client sur notre caisse...bien sûr cela n'a donné lieu à aucune commission.
Ensuite des montages non adaptés ou erronés : comme des prêts Duo sur des achats court terme, des biens financés différents de celui qu'il fallait réellement acquérir (verif simple à faire sur Google maps pourtant...), des prêts relais irréalisables, ou encore des assurances emprunteurs mal réparties ou avec une tentative de déleg sur une coquille vide...
On continue sur des pratiques commerciales très limites puisque nos nouveaux clients fraichement débarqués étaient recontacté par les mêmes courtiers pour faire racheter leur prêt dans une autre banque ou dans leur ancienne...donc un gain nul voir même négatif pour nous (et parfois même le client puisque les calculs étaient aussi parfois mal exécutés...).
Et enfin des profils de clients essentiellement "argent", uniquement intéressés par du moins cher, du gratuit et prêts à tout remettre en cause pour le moindre petit euro de frais sur X ou Y produits/service ( et je parle bien au sens propre).
Tout cela fait que c'était devenu difficilement gérable pour les équipes et très éprouvant, sans compter un yo yo permanent.
Et puis nous ciblons d'avantages des personnes soucieuses de capital confiance et de durabilité.
Trop de ces clients prescripteurs ne correspondaient pas à nos valeurs et notre mode de fonctionnement, d'où la décision de changer de cap.
Dit en passant : nos conditions étaient les mêmes pour un client courtier que pour l'individu lambda, donc pas de regrets pour nos clients non plus.
Ceci dit, je tiens aussi à souligner que nous avons fait de très belle affaire avec de vrais pros qui connaissent leur métier et où tout était clair et cadré avec rigueur à tout niveau, dommage que ce métier ait été envahi par une foule d'amateur comme c'était le cas sur la défisc il y a quelques année avec les pseudos enseignes CGPI.
Heureusement le marché se rééquilibre de lui même et les médiocres ferment boutique.

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Publié le 25 septembre 2019 à 08h06 - #11FinanceConseil
  • Homme
  • Paris
  • 60 ans

Je suis un ancien banquier avec 25 ans d’expérience devenu courtier.
Le recours à un courtier a ses avantages.
Indépendance de soumettre à quelque banque que ce soit qui les rémunère ou pas.
Même en cas de baisse de taux comme actuellement l’incidence de sa prestation est infime quand intégrée dans le TEG. En moyenne cette intervention représente moins de 0,10% sur le TEG.
Une bonne négociation sur tous les aspects du dossier, pas simplement le taux, mais l’assurance les modulations les indemnités de remboursement anticipés compense largement le coût du courtier.
Et cela est encore plus intéressant pour des dossiers dits complexes comme ceux recherchés pour compte de dirigeants d’entreprises non salariés.
Et le client ne dispose que de peu de temps pour sonder le marché.

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