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Prêt immobilier : emprunter à 1%, la nouvelle norme ?

Un pourcentage dans une maison
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La rentrée de septembre, c'est aussi la rentrée du marché immobilier. Les courtiers en crédit affirment que les banques se montrent offensives avec de nouvelles baisses de taux pour séduire les emprunteurs. Si bien qu'un crédit à 1% n'est plus une « bonne affaire » mais une norme en devenir, même sur les durées les plus longues.

De 1,43% en février 2019, en moyenne et toutes durées confondues, à 1,17% en août 2019 : l’observatoire Crédit Logement-CSA confirme le caractère exceptionnel du niveau des taux immobiliers. Les records sont battus, chaque mois, mais les taux s’affichent en outre clairement en baisse ces dernières semaines. Même si elle livre des données avec un certain délai, la Banque de France confirme ce nouveau décrochage : un taux fixe moyen de 1,35%, toutes durées confondues en juillet, contre 1,51% en mars.

Plus concrètement, en cette période de rentrée scolaire, les banques affichent une nouvelle fois des taux d’emprunt en baisse, afin de séduire les emprunteurs. Pour résumer le propos des réseaux de courtage ayant publié un baromètre début septembre, les banques proposent en moyenne et sans négociation des taux autour de 1,10% sur 10 ans de 1,30% sur 20 ans et de 1,50% sur 25 ans.

Les taux moyens pratiqués dans les banques en septembre

  • Sur 15 ans : 0,95% en moyenne selon Cafpi, 1,11% selon Meilleurtaux, 1,15% selon Vousfinancer
  • Sur 20 ans : 1,05% selon Cafpi, 1,27% selon Meilleurtaux, 1,35% selon Vousfinancer
  • Sur 25 ans : 1,25% selon Cafpi, 1,52% selon Meilleurtaux, 1,55% selon Vousfinancer

*Taux moyens, ou « taux de marché », sur la base des barèmes fournis par les banques. Il ne s’agit ainsi que des taux constatés, et non des taux négociés par ces réseaux de courtage.

Voir aussi le baromètre mensuel des taux immobiliers

Comme chaque mois, les moyennes annoncées varient d’un courtier à un autre. Mais tous constatent une baisse de 0,05 à 0,10 point, environ, pour les barèmes moyens en septembre. Au-delà des trois réseaux cités ci-dessus, Emprunt-Direct annonce des banques « à l’offensive en septembre » (1,05% sur 15 ans, 1,25% sur 20 ans et 1,50% sur 25 ans en moyenne), et la Centrale du financement relève une plus forte baisse sur les durées de prêt de 20 ans, à 1,14% en moyenne, contre 1,42% sur 25 ans. Un constat : si les banques acceptent de prêter sur 25 ans, voire plus, cette durée d’emprunt destinée aux ménages plus modestes et aux néo-propriétaires reste la moins « attractive », avec un taux légèrement plus élevé.

Une timide fenêtre de renégociation

Les taux tombant toujours plus bas, les courtiers enregistrent logiquement une activité accrue sur les rachats et renégociations de crédit. « Certains emprunteurs font désormais racheter des prêts récents, de 2016 ou même 2017, qui étaient à l’époque considérés comme des prêts obtenus à des taux records car aux alentours de 2% », affirme Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer, un réseau où les demandes de renégociations ont augmenté de 40% lors de l’été 2019 par rapport à 2018. « Aujourd’hui ces crédits peuvent être renégociés à moins de 1% ! Les plus grands gagnants sont ceux qui renégocient sur des durées courtes, à des taux parfois inférieurs à 0,5% sur 7 ou 10 ans… »

Alban Lacondemine, président fondateur d’Emprunt-Direct, confirme que les baisses significatives de taux pour les meilleurs dossiers, en cette rentrée, permettent « de redonner de l’attrait aux opérations de rachats de crédit ou de renégociations ». Selon les statistiques de la Banque de France, la part de rachats et renégociations dans le flux de dossiers de crédit est repartie à la hausse en juillet : ils représentent près de 20% des dossiers, contre 17% environ les mois précédents.

Lire aussi : Avez-vous intérêt à renégocier votre crédit immobilier ?

Calme plat, nouveau record ou taux négatifs à l’horizon ?

Et ensuite ? Les taux iront-ils encore et toujours plus bas, même s’ils s’approchent déjà du plancher ? « Le 12 septembre 2019 sera une date charnière », insiste Sylvain Lefevre, président de la Centrale de Financement. « La Banque centrale européenne (BCE) devrait en effet annoncer ses mesures de soutien à l’économie, qui devraient s’avérer très accommodantes et aller dans le sens de la poursuite de la baisse des taux. » Jusqu’aux taux négatifs ? « Les taux, aujourd'hui inférieurs à l’inflation, permettent déjà un enrichissement par le crédit. Des modèles plus extrêmes, tels que ceux appliqués notamment par le Japon et par l’Allemagne n’ont pas jusqu’à présent fait leurs preuves, et notre système bancaire français n'est pas prêt pour un tel choc. »

« Notre système bancaire français n'est pas prêt » pour les taux négatifs

Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi, pointe lui aussi la journée cruciale du 12 septembre dans sa « météo des taux », et se montre très optimiste pour les emprunteurs : « Au vu des annonces politiques et de la tendance du marché, d’ici la fin de l'année l'ensemble des banques devrait s’aligner sur des taux inférieurs à 1% jusqu’à 25 ans, et ce, quel que soit le profil de l'emprunteur. » La directrice de la communication de Meilleurtaux, Maël Bernier, confie que « les mots » finissent presque « par nous manquer à la lecture des taux affichés par nos partenaires bancaires ». Elle glisse tout de même une prévision pour septembre voire l’automne : « Le taux à 1% pourrait devenir la norme dans les semaines qui viennent. »

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© cbanque.com / MoneyVox / BL / Septembre 2019

Commentaires

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Publié le 8 septembre 2019 à 09h48 - #1Manu SIFP
  • Homme
  • Alsace
  • 42 ans

Il ne faut jamais oublier les fondamentaux. Comme toute entreprise, pour vivre, il est nécessaire de dégager une marge.
Pour une banque, la marge c'est la difference entre les interets des prêts et les intérêts des dépôts.
Si les taux des prėts se rapprochent de 0, ca risque d'etre dangereux pour tout le monde...
Pour les banques, car elles subissent des défauts qui pourraient remonter en cas de récession. Or preter à 0 avant défaut, c'est perdre automatiquement de l'argent après défaut. Modèle viable ? Je ne le crois pas...
Mauvaise nouvelle pour les épargnants car les banques voudraient "sauver" leurs marges via 2 facons differentes : en ne plus rémunérant les dépôts voir leur appliquer un taux négatif et en augmentant fortement les commissions sur les cartes, les assurances (y compris emprunteurs...).
J'ai franchement du mal à voir des livrets A à taux négatifs... Ce n'est pas très commercial et si les gens sont un minimum intelligents, ils vont finir par tout retirer ce qu'ils ont via les distributeurs sous forme de billets et ils vont tout stocker dans des coffres. Les billets ont l'avantage de ne pas avoir de rendements négatifs (hormi l'inflation mais là ça touche tout).
Tiens tiens, c'est peut etre en partie pour ça qu'on cherche à retirer les espèces du circuit...
Mais bon je trouve ce système un peu bancal tout de même...Et pas durable...
C'est une des limites de la folle politique de la BCE...
En tout cas, ne vous réjouissez pas des taux bas... On finira tous par le payer très tręs cher...
Si c'était la situation miracle, pourquoi n'a t-on pas voulu faire cette politique plus tôt ?
Peur de l'inflation ? Ne me faites pas rire...Elle n'existe plus depuis le contre choc pétrolier de 1986...et la mondialisation croissante qui nivelle tout vers..le bas...
La réponse est que les patrons de banque centrale faisaient leur vrai métier avant et qu'il y avait avant de la vraie croissance qui n'était pas dopée par la hausse vertigineuse de l'endettement. Il n'y avait rien à cacher avant... Aujourd'hui il y a une zone euro à sauver coûte que coûte... Même en faisant nimporte quoi...

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Publié le 19 septembre 2019 à 06h13 - #3Stunt38
  • Homme
  • 100 ans

Et allez encore de la pub...

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