Le microcrédit personnel ou social

Le microcrédit personnel est une solution pour les particuliers qui veulent emprunter entre 300 et 5.000 euros. Destiné en priorité aux personnes qui ne parviennent pas à obtenir un crédit bancaire, ce type de prêt à taux réduit est garanti conjointement par l’État et la banque prêteuse.

Que peut financer un microcrédit personnel ?

Le microcrédit est très souvent associé à la création d’entreprise par l’emprunt de faibles sommes nécessaires au lancement d’une activité. Mais à côté de ce microcrédit dit « professionnel » existe un autre dispositif qui s’adresse aux particuliers, le microcrédit personnel ou social.

Ce microcrédit personnel peut s’élever jusqu’à 5.000 euros (1). Ce montant peut être revu à la hausse ou à la baisse en fonction de l'organisme prêteur et de la situation de l'emprunteur. Il sert majoritairement à l’achat ou la réparation d’un véhicule pour pouvoir se rendre au travail ou décrocher un emploi. C’est le cas de plus de 78% des prêts accordés en 2016, selon la le rapport annuel de l'Observatoire de l'inclusion bancaire, pour un montant moyen de prêt de 2.550 euros.

Mais rien n’interdit de l’utiliser pour acquérir des biens matériels, à condition cependant que l’achat ait un rapport avec l’emploi ou la mobilité professionnelle. Les appareils électroménagers de première nécessité (réfrigérateur, plaques chauffantes, etc.), un ordinateur ou des lunettes peuvent ainsi être financés via un microcrédit personnel. En 2016, hors emploi et mobilité, ce dispositif couvrait des dépenses liées au logement (12%), à l’éducation et à la formation (3%) ou à la santé (1%).

Caractéristiques pratiques du microcrédit

  • Prêt entre 300 et 5.000 euros (voire plus selon l'organisme prêteur).
  • Durée de remboursement : entre 6 et 36 mois.
  • Garantie à 50% par l’État et à 50% par la banque prêteuse (une partie minoritaire de la garantie peut parfois être couverte par une collectivité locale).
  • Taux du crédit : entre 1% et 3%, en fonction des banques. Fréquemment aligné sur le taux du livret A.
  • Pas de frais de dossier.
  • Pas obligation de domicilier son compte-courant chez le prêteur.
  • Possibilité de remboursement anticipé.
  • Délai du déblocage : entre 2 semaines et 2 mois selon les accompagnateurs.

Liste non exhaustive d’objets de microcrédit :

  • Achat, location ou réparation d’un véhicule (voiture, scooter...),
  • Achat d’un appareil électroménager de première nécessité,
  • Paiement d’une formation professionnelle ou de frais de scolarité,
  • Paiement d’un permis de conduire,
  • Paiement de soins de santé pas ou mal remboursés (soins dentaires, lunettes),
  • Paiement d’une caution,
  • Achat de certains biens de consommation, comme un ordinateur, en cas de nécessité dans le cadre du travail ou d'une recherche d’emploi.

Le remboursement de dettes (crédits, retards de loyer,...) et les besoins en trésorerie pour le paiement des charges courantes ne peuvent pas être financés par un microcrédit.

(1) Décret 2016-22 du 14 janvier 2016 modifiant l'article R.518-61 du code monétaire et financier.

Qui est concerné par le microcrédit ?

De nombreuses personnes sont de fait exclues du crédit en raison de revenus trop faibles, d'un travail précaire ou d’une absence de garantie.

Jeunes, salariés en contrat à durée déterminée ou à temps partiel, intérimaires, personnes âgées à faibles ressources, étudiants, chômeurs et bénéficiaires du RSA sont les principales cibles de ce dispositif. Si aucune condition de revenu n’est imposée, les organismes prêteurs prennent en compte le « reste à vivre » de l’emprunteur.

Le microcrédit concerne toutes les personnes qui n’ont pas accès aux crédits traditionnels. Il s’adresse notamment à ceux qui ont trop de revenus pour bénéficier d’aides sociales mais pas suffisamment pour avoir la confiance des banquiers et obtenir un prêt à la consommation classique. Sans le microcrédit, ces personnes n’ont parfois pas d’autres solutions que de se tourner vers des crédits renouvelables, chers et quasi-systématiquement présents dans les dossiers de surendettement.

Sont exclues, en principe, de ce dispositif les personnes qui font l’objet d’une procédure de surendettement ainsi que celles dont les coordonnées sont inscrites au FICP ou au FCC. Toutefois, les personnes en situation de surendettement ou d’interdit bancaire peuvent y avoir accès en cas d’accord de la Banque de France, sous conditions de ressources.

Comment demander un microcrédit ?

L’emprunteur ne sollicite pas directement son banquier pour obtenir un microcrédit. Il est nécessaire de passer par un accompagnateur, généralement un acteur associatif.

Ces intermédiaires servent à rassurer les banquiers. Le processus d’accompagnement permet de réduire le risque bancaire. Le taux de sinistralité, c’est-à-dire le nombre de microcrédits accordés ayant nécessité un recours à la garantie, se situe à 9% du nombre total de microcrédits personnels accordés, selon le Fonds de cohésion sociale, organisme lié à l’Etat, dans son rapport d’activité 2016.

Pour l’octroi d’un microcrédit, l’accompagnateur reçoit l’emprunteur, étudie sa demande et estime son reste à vivre, puis il monte le dossier avant de le présenter en commission aux banques locales. L’accompagnateur est chargé ensuite de suivre avec l’emprunteur le bon déroulement du remboursement.

Alors que les banques fonctionnent souvent avec un barème standard pour évaluer la solvabilité de l’emprunteur, les accompagnateurs calculent de façon précise le reste à vivre de l’emprunteur.

Où s’adresser ?

  • Missions locales (pour les 16-25ans),
  • Centres communaux d’action sociale, missions locales et régies de quartier,
  • Associations familiales (les UDAF, les Familles Rurales),
  • Associations de solidarité (Secours Catholique, Restos du cœur, Croix Rouge, …),
  • Association spécialisées (Cresus, Habitat et Humanisme, « Parcours confiance » une association de la Caisse d’Épargne, Adie...),
  • Certaines agences d’intérim,
  • Foyers de jeunes travailleurs,
  • Certains crédits municipaux,
  • Plus de précisions par département sur France Microcrédit (site de la Caisse des Dépôts et Consignations).

Le microcrédit à la Caisse d'Epargne

En 2016, 10 banques, 3 établissements spécialisés dans le crédit à la consommation et 9 crédits municipaux participent au dispositif. Selon le rapport annuel de l’Observatoire de l'inclusion bancaire, à fin 2016, l’encours des microcrédits personnels représente 189 millions d’euros.

Cédric Turini, responsable RSE à la Fédération nationale des Caisses d’Épargne : « La Caisse d’Épargne est la première banque du microcrédit personnel. En 2017, nous en avons accordé 4.885, soit près du tiers des microcrédits personnels distribués en France. Les Caisses d’Epargne ont développé un dispositif spécialement consacré à cette activité, il s’agit du réseau des associations « Parcours Confiance », dans lesquelles sont détachés 68 conseillers spécialisés. Les microcrédits s’adressent à des candidats ayant un projet d’insertion sociale ou professionnelle qu’ils ne peuvent pas financer par un crédit classique, qu’ils soient clients ou non de la Caisse d’Épargne. Le microcrédit personnel est un crédit de petit montant et de faible taux, destiné à financer un achat, majoritairement lié à la mobilité et au logement, ou bien une formation. L’emprunteur bénéficie également des conseils de Parcours Confiance et de l’accompagnement de nos partenaires associatifs, 700 en tout à travers la France. En pratique, le microcrédit a tout d’un crédit responsable, évitant aux emprunteurs que leur situation ne se dégrade et les conduise dans certains cas au surendettement. Il doit être distingué en cela d’autres formes de crédits parfois mal maitrisées. »

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