Banque en ligne contre banque traditionnelle : êtes-vous prêts ?

businessmen sortant et entrant dans un bâtiment
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Depuis l’entrée en vigueur, le 7 février dernier, du changement de banque simplifié version « Loi Macron », vous êtes tentés par la banque en ligne, et sa promesse de modernité et de frais réduits ? Voici les quelques questions à se poser avant de faire le grand saut.

Êtes-vous prêts à vous passer du tête à tête en agence ?

C’est certainement la première question à se poser avant de switcher d’une banque traditionnelle à une banque en ligne : êtes-vous prêts à ne plus revoir la tête de votre conseiller bancaire ? Car c’est bien ce qui vous attend dans une banque en ligne : une relation 100% à distance, par e-mail, téléphone et éventuellement par tchat.

Dans ce domaine, il existe de plus des écarts importants entre les différentes enseignes numériques. Certaines misent clairement sur l’autonomie de leurs client. C’est le cas de Boursorama Banque, qui fait payer les opérations effectuées au téléphone. D’autres, comme Monabanq - qui, il faut le rappeler, facture ses services 2 euros par mois minimum - s’efforcent de reproduire une forme de proximité à distance, en permettant l’accès direct à ses conseillers, dont les coordonnées sont affichées systématiquement dans les correspondances.

Êtes-vous suffisamment autonomes pour vous passer d'un conseiller dédié ?

L’autonomie, c’est donc le maître-mot dans la banque en ligne. Aucune enseigne à l’heure actuelle, y compris Monabanq, n’est capable aujourd’hui de vous proposer le suivi d’un conseiller dédié. Personne, donc, pour vous appeler et vous encourager à souscrire tel ou tel produit, en fonction de votre situation financière. Tout juste serez-vous sollicité, par mail ou SMS, à l’occasion de campagnes faisant la promotion du livret d’épargne ou de l’assurance-vie maison. Certains apprécieront cette tranquillité, d’autres moins.

La situation, toutefois, pourrait évoluer rapidement. Les enseignes travaillent toutes à la mise en place d’outils automatiques de conseils personnalisés, basés sur des algorithmes capables de déduire de votre situation financière vos besoins du moment. ING Direct, par exemple, a lancé en mai 2016 son « Coach Epargne », un assistant numérique qui réalise en quelques minutes un bilan d’épargne et une recommandation d’optimisation. Rien, toutefois, qui ne remplace l’expertise d’un bon conseiller patrimonial.

Êtes-vous prêts à vous passer de certains produits ?

Plus de 15 ans après l’émergence des premières banques à distance en France, aucune ne rivalise encore avec la profondeur d’offre des grandes enseignes à réseau, y compris régionales. Si vous préférez détenir l’ensemble de vos produits financiers - banque au quotidien, épargne, crédits et assurances - au sein d’une seule enseigne, la banque traditionnelle est aujourd’hui la seule solution. D’année en année, toutefois, les pure players rattrapent leur retard. La technologie les y aide : l’amélioration des débits internet, la numérisation des pièces, la signature électronique leur permet aujourd’hui de distribuer des produits complexes autrefois réservés à l’agence. Les Français eux-mêmes se familiarisent avec ce mode de distribution.

Résultat : le crédit immobilier, produit stratégique, est désormais proposé par Boursorama Banque, ING Direct, Fortuneo et Hello Bank ; le crédit à la consommation par Boursorama Banque, Hello bank, Monabanq et BforBank. Enfin, même sur les produits de prévoyance et d’assurance, les banques en ligne avancent. On peut ainsi, désormais, y assurer son logement (chez Hello bank ou Monabanq) ou sa voiture (chez les deux déjà cités et Fortuneo).

Pour le reste (banque au quotidien, épargne, bourse), les banques en ligne rivalisent déjà depuis longtemps, et disposent même de produits supérieurs aux banques traditionnelles. A une exception près : le Plan Epargne Logement, que seul propose Boursorama.

A consulter sur cBanque : le comparatif des livrets bancaires

Êtes-vous prêts à quelques sacrifices pour payer moins cher ?

Vous avez répondu non à une ou plusieurs des questions précédentes ? Vous avez sans doute intérêt à réfléchir à deux fois avant de passer à la banque en ligne. Vous y avez répondez oui ? vous êtes prêts pour la nouvelle expérience offerte par les banques en ligne. « Offerte » est d’ailleurs le mot adéquat, car les banques en ligne restent intouchables en matière de tarifs. A condition bien sûr de remplir les conditions requises : de 1.000 à 1.600 euros revenus mensuels nets minimum, selon les enseignes, pour obtenir une carte bancaire gratuite.

L’écart a même tendance à se creuser. D’un côté, les banques traditionnelles ont généralisé ces dernières années la facturation de frais de tenue de compte et ont la main de plus en plus lourde sur la tarification des cartes bancaires ; de l’autre, les banques en ligne se battent, parfois au centime près, pour apparaître en tête des comparatifs tarifaires.

Résultat : le comparateur cBanque des tarifs bancaires place Boursorama Banque, ING Direct, Fortuneo, BforBank et Hello Bank dans un mouchoir de poche, avec un coût annuel compris entre 29 et 48 euros. Sur le même profil, la première banque à réseau métropolitaine - le Crédit Agricole Normandie-Seine - est très loin (134 euros), de même que la première enseigne d’envergure nationale, La Banque Postale (139 euros).

A consulter sur cBanque : le classement des banques les moins chères

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© cbanque.com / VM / Février 2017

Commentaires

Publié le 1er mars 2017 à 12h17 - #1jowe_19

À noter qu'Hello bank propose elle aussi le PEL.

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Publié le 8 mars 2017 à 07h29 - #2Philippe C.
  • Homme
  • Montpellier
  • 62 ans

Pourquoi limiter votre article aux seules banques en ligne françaises ?
De fait, à l'exception d'ING Direct et à un degré moindre Fortuneo, elles sont le Néanderthal de ce métier, voire ne consistent uniquement en une vitrine de leur établissement principal pour que celui-ci puisse occuper le terrain, mais sans aucune valeur ajoutée derrière : votre récent article le démontrait parfaitement en classant HelloBank au dernier rang.
Vous oubliez N26 qui déboule très fortement, et, très activement sur le marché français depuis novembre 2016, ou, Atom, dont les velléités sont tout aussi claires devant un marché hexagonal exsangue d'offres numériques et digitales réelles. Sans oublier, les offres similaires aux banques françaises proposées par des banques hors de France, comme celles de la Banco Sabadell de Cataloña. Certes, elles ne sont pas atteignables par la solution de mobilité, mais celle-ci étant d'ores et déjà caduque, il faut bien considérer que si l'on veut aller d'une banque à une autre, y compris dans un échange franco-français, il faut tout faire par soi-même : c'est la seule solution raisonnable et sûre pour réussir son changement de domiciliation bancaire.

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