BforBank

Comment Boursorama compte séduire 2 millions de clients

Benoît Grisoni, Boursorama
Benoît Grisoni - DR Boursorama

La banque en ligne se félicite d'avoir atteint le cap symbolique des 1,5 million de clients et se projette déjà sur les 2 millions, attendus avant 2020. Le directeur général de Boursorama, Benoît Grisoni, détaille la stratégie de la banque en ligne : asseoir une position de leader, puis accompagner ces nouveaux clients vers d’autres produits.

Vous annoncez ce jeudi avoir dépassé le cap des 1,5 million de clients. Combien d’entre eux en ont fait leur compte principal ?

Benoît Grisoni : « Oui nous venons de passer ce cap. Concernant les statistiques sur la banque principale, nous ne livrons pas ce chiffre puisque la définition du compte bancaire principal est floue et change d’un établissement à un autre : parle-t-on de domiciliation de salaire ou de compte catégorisé comme actif ? Nous préférons mettre en avant nos chiffres d’encours, ou le fait que nos clients réalisent en moyenne 14 opérations avec leur carte bancaire chaque mois, ce qui est supérieur à la moyenne nationale (11,5 fois par mois) : cela montre que nos comptes sont utilisés ! Nous n’avons pas forcément atteint le plein régime au niveau de l’équipement de nos clients, mais nous n’avons jamais eu un modèle hégémonique : certains commencent avec de petits montants, puis basculent petit à petit vers une utilisation plus importante, et s’équipent ensuite d’autres produits, d’épargne ou de crédit. Nos clients peuvent être clients de plusieurs banques : cela ne nous pose aucun problème ! »

Vous aviez annoncé un objectif de 2 millions de clients à l’horizon 2020. Est-ce toujours d’actualité, malgré l’accélération de votre développement ?

« Nos clients peuvent être clients de plusieurs banques »

B.G. : « Nous avions annoncé un objectif de plus de 2 millions de clients en 2020, et cela reste d’actualité. Il y a clairement eu une accélération : nous sommes passés de 1 million à 1,5 million de clients en 18 mois ! Nous avons gagné autant de clients pendant ce laps de temps que lors des 37 mois précédents. »

2 millions de clients en 2020, cela correspond à votre seuil de rentabilité ?

B.G. : « En France, Boursorama a été rentable de 2003 à 2015. Le seuil de rentabilité n’est donc pas un sujet. Notre actionnaire le groupe Société Générale assume depuis 2015 une stratégie d’acquisition de clients, ce qui implique d’être temporairement déficitaire. Nous acceptons donc d’être en position de ne plus être rentable, en France, car les investissements marketing sont extrêmement significatifs pour attirer de nouveaux clients. »

Votre objectif est-il d’être la première banque en ligne à passer le cap des 2 millions de clients ?

B.G. : « Exactement, c’est la stratégie définie avec notre actionnaire en 2015. Nous souhaitons prendre un maximum de parts de marché lors d’une période qui nous semble être favorable à la banque en ligne en France. A plus long terme, notre modèle économique offre de vrais gages de rentabilité : je rappelle que nous avons 800 collaborateurs en France pour un nombre de clients très significatif, et que le fait de disposer d’une offre complète nous permet d’espérer une importante progression des encours en gestion. Une large partie de clients nous a rejoint récemment et peut donc, potentiellement, s’équiper d’autres produits. »

Quelle part a l’offre Welcome dans cette accélération du nombre de clients ?

« Le lancement d’Orange Bank a eu un écho médiatique, ce qui bénéficie indirectement à l’ensemble du marché »

B.G. : « Cette accélération n’est pas uniquement due au lancement de Welcome. Trois éléments expliquent cette accélération du développement clients. Tout d’abord le lancement de nouvelles offres : Welcome, donc, mais aussi Kador. Deuxièmement les importants investissements marketing – primes de bienvenue, publicité, etc. – que nous réalisons en vue de ces acquisitions. Enfin, plus généralement, nous pensons que la période est favorable aux alternatives bancaires. Le lancement d’Orange Bank, par exemple, a eu un écho médiatique, ce qui bénéficie indirectement à l’ensemble du marché. »

Le contrat de mobilité, suite à l’entrée en vigueur de la loi Macron, a-t-il eu un rôle ?

B.G. : « Cela a aidé, oui, mais surtout au niveau de la sensibilisation des Français sur les tarifs bancaires, la possibilité de changer d’établissement, etc. Cela alimente les discussions. Concernant la procédure de mobilité, nous ne l’avons pas intégré à notre formulaire de souscription afin de ne pas créer de la complexité. En revanche, nous mettons en avant cette possibilité dans un deuxième temps, pour assister les clients qui souhaitent basculer leurs opérations récurrentes vers leur compte Boursorama. Dans ce cadre-là, le dispositif est appréciable : la procédure de mobilité a été simplifiée. »

Combien de comptes Welcome ont été ouverts depuis le lancement à l’automne 2016 ?

« L’écrasante majorité des clients Welcome ne paient pas de frais ! »

B.G. : « Nous ne livrons pas ce chiffre mais ce produit marche très bien ! Nous avons repositionné cette offre en septembre 2017 en rendant la carte bancaire gratuite, avec des frais en cas d’inactivité, et en supprimant les frais à l’international. Depuis le lancement de cette deuxième version de Welcome, l’offre a réellement décollé. Et cela nous permet en effet d’attirer des populations que nous ne touchions pas jusqu’à présent, les étudiants notamment. »

Depuis Welcome, le Crédit Agricole a lancé Eko et la Caisse d’Epargne Enjoy… Une nouvelle bataille s’ouvre-t-elle sur les offres d’entrée de gamme ?

B.G. : « La guerre n’a jamais cessé. C’est d’ailleurs cette concurrence accrue, depuis plusieurs années, qui permet d’abaisser les frais bancaires. Chez Boursorama, les clients ont payé 11,75 euros de frais bancaires en moyenne en 2017. Concernant Eko et Enjoy, à la différence de ces offres, je tiens à rappeler que Welcome ne prévoit pas de forfait mensuel. Et l’écrasante majorité des clients Welcome ne paient pas de frais : les 5 euros facturés pour inactivité restent une exception ! »

Lequel de vos produits annexes vous permet d’attirer le plus de clients ? L’assurance-vie ? Le crédit immobilier ?

B.G. : « Dans 99% des cas, c’est la banque au quotidien qui nous permet d’attirer des clients. Sinon, le crédit à la consommation, lancé en 2013, affiche un fort développement. L’assurance-vie fonctionne très bien aussi. La Bourse un peu moins. Notre offre boursière continue de progresser, mais à un rythme moindre, ce qui est surtout dû à la faible appétence des Français pour la Bourse. »

Votre palette de produits est complète mais vous ne proposez ni Livret Jeune, ni Livret d’épargne populaire (LEP), pourquoi ?

Proposer un Livret Jeune et un LEP ? « La question se posera à l’avenir »

B.G. : « Nous ne faisons pas le Livret Jeune pour le moment mais la question se posera à l’avenir, quand nous aurons atteint une taille critique sur la clientèle éligible, afin de justifier les développements. Pour le LEP, la réflexion est la même. »

Les frais à l’étranger sont au cœur de votre communication. Il s’agit d’un argument phare pour attirer des clients ?

B.G. : « Oui, il s’agit très clairement d’un motif de souscription ! Notamment pour l’offre Welcome. »

A (très) long terme, Boursorama Banque pourrait-elle compter plus de clients que sa maison-mère Société Générale ?

B.G. : « Je n’en ai aucune idée. Dans le groupe, la coexistence de trois marques concurrentes est totalement assumée car elles exercent sur différents segments de marché : la banque universelle pour la Société Générale, la banque des entrepreneurs avec un ancrage de proximité pour le Crédit du Nord, le digital pour Boursorama. »

Plus d'infos sur le compte bancaire Boursorama

Partager cet article :

© cbanque.com / Propos recueillis par BL / Juillet 2018

Commentaires

Publié le 19 juillet 2018 à 22h49 - #1Squirrel
  • Homme

Il oublie de dire que, fin 2016/début 2017,la société générale a forcé ses clients peu ou pas rentables à aller chez boursorama ou partir.
C'est la seule banque en ligne, en 2017 je crois, à avoir gagné des clients (500000).
CQFD

Trouvez-vous ce commentaire utile ?10
Publié le 20 juillet 2018 à 09h18 - #2piere31
  • Homme
  • Angers
  • 56 ans

bonjour,
je mets en garde les clients et ou futurs clients de boursorama, pour ma part j'ai 2 dossiers à L' AMF actuellement puisque cette banque ne veut pas assumer ses erreurs et payer les pertes occasionnées. Je déconseille...

Trouvez-vous ce commentaire utile ?31
Publié le 20 juillet 2018 à 09h45 - #3Squirrel
  • Homme

@piere31 : pouvez-vous en dire plus svp ?

Trouvez-vous ce commentaire utile ?
Publié le 20 juillet 2018 à 16h32 - #4zorg

Pour ma part que dire de la communication à prori mensongère que fait Boursorama à propos des performances sur son contrat d'assurance vie ?
Que par exemple j'y ai mis il y à trois ans, en gestion pilotée et en mandat dynamique une somme ayant produit exactement 10% de plus-value ( aucun versement depuis l'ouverture, aucun retrait ) quand Boursorama annonce fièrement, sur cette même durée, avoir réalisé sur ce même mandat une performance nette de frais de gestion de 21.97% !!!
Bref, je suis un peu écœuré, et ceux qui nous vantent la boite n'y placent pas leur propre argent pour s'apercevoir de la réalité.
Et quand j'ai contacté hier le service client, on m'à répondu qu'on allait "revenir vers moi par mail", car c'est l'assureur qui doit fournir la réponse du "pourquoi-comment", et pas Boursorama.

Trouvez-vous ce commentaire utile ?50
Publié le 27 juillet 2018 à 08h34 - #5bernardw
  • Homme
  • Budapest
  • 67 ans

Paiement en devises par carte Boursorama : près de 2% de frais (aucun frais avec N26)
Livret d'épargne Boursorama : taux de 0,1% imposable (1% chez PSA Banque)

Trouvez-vous ce commentaire utile ?
Publié le 8 août 2018 à 19h28 - #6zorg

18 jours après avoir contacté le "service clientèle" de Boursorama ( voir ci-dessus mon précédent message à propos des performances mensongères annoncées), j'ai enfin reçu une réponse : voici mon deuxième mail envoyé ce jour :
Bonjour
Voici un extrait de la réponse apportée à ma question :
"Nous revenons vers vous concernant votre réclamation relative à la performance de votre contrat d'assurance vie plus précisément du mandat dynamique.
Nous vous informons que votre contrat n'a pas 3 ans effectif.
En effet, la valeur de part est au 13/07/2015. Il convient d'attendre jusqu'au 13/07/2019 pour vérifier la performance du mandat."
Ma reponse :
Je pense encore savoir compter, vous non apparemment, ou alors c'est que je ne comprends pas quelque chose que votre peu aimable conseillère, madame [...] n'à pas su m'expliquer :
2015+3 ans = 2018. Cela fait donc 3 ans pleins, et nul besoin d'attendre un an de plus pour s'apercevoir qu'il y a un loup entre les performances annoncées et les performances réelles.
Je sollicite donc officiellement par ce mail une demande de prise en compte, et bien sur une réponse, par le médiateur de ma question initiale, à savoir pourquoi ne suis-je crédité que de 10.33 % alors que vous annoncez 21, 97% sur trois ans, en mandat dynamique.
Je me répète, sans une réponse convenable, un je saisis l'AMF pour publicité mensongère ( et ce n'est pas parce que l'encours de mon contrat est modeste que je ne le ferai pas ) , et deux je clôture l'intégralité de ce contrat tout à fait improductif.
Enfin je dois dire à ce même médiateur que je suis plus que déçu par la gestion des demandes que l'on vous formule, que de temps avant d'avoir une réponse qui n'en est pas une.
Merci donc cette fois d'aller au bout des choses et de faire votre métier.
Cordialement ( enfin c'est pour la forme...)

Trouvez-vous ce commentaire utile ?10

Ajouter un commentaire