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Retrait d'espèces en magasin : mode d'emploi du « cashback »

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Rendu de monnaie
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Obtenir de l’argent liquide sans passer au distributeur de billets : telle est l’utilité du retrait d’argent chez les commerçants, ou « cashback », nouveau service offert aux clients des magasins. Un décret, publié ce 26 décembre, fixe à 60 euros le montant maximum de chaque opération.

Les Allemands peuvent retirer jusqu’à 150 euros à la caisse. Au Royaume-Uni, les prestataires de services de paiement, comme Visa, plafonnent le cashback à 100 livres (environ 110 euros). Quant aux Français, ils verront eux leurs retraits limités à 60 euros. Attendu pour cet automne, le décret fixant les modalités pratiques du cashback dans l’Hexagone a finalement été publié ce 26 décembre. Il autorise ainsi les commerçants à délivrer des espèces pour un montant jusqu'à 60 euros, le client devant, en parallèle, effectuer un achat d'au moins 1 euro pour bénéficier du service.

Pour rappel, inauguré en septembre dernier par les hypermarchés Casino, le cashback vous permet de payer en caisse un peu plus que le montant de vos achats, et de recevoir la différence en cash. A quoi cela sert ? A obtenir du liquide sans passer par un distributeur automatique de billets. Comment cela marche ? Par exemple, au moment de passer à la caisse pour régler vos 20 euros de courses, vous pouvez demander que votre compte soit débité de 50 euros. Le vendeur vous rend en espèces la différence de 30 euros. A noter toutefois que seul le paiement par carte bancaire est éligible. Les commerçants ne peuvent en effet pas rendre de la monnaie en échange d’un paiement par chèque ou en titre-papier comme un ticket restaurant. Et gare aux marchands qui ne respectent pas cette règle (ni les seuils réglementaires) : ils encourent une amende de 1 500 euros, voire 3 000 euros en cas de récidive.

Un service complémentaire aux distributeurs de billets

La publication de ce décret fait suite à la transposition en droit français de la deuxième directive européenne sur les moyens de paiement (DSP2) ratifiée en juillet dernier par le Parlement. Toutefois, avant l’entrée officielle du cashback dans la législation française, quelques banques avaient déjà mis au point un service semblable. « Plutôt que d’avoir des agences qui leur coûtent cher, le Crédit Agricole et la Banque Postale proposent ou expérimentent des partenariats avec des magasins pour permettre à leurs clients d’avoir accès au cash sans avoir besoin d’un automate », rappelait cet été Régis Dos Santos, porte-parole du Syndicat national des banques.

Avec la présente législation, les banques ne sont plus nécessairement à l’initiative de ce service, la balle est désormais dans le camps des commerçants. Et les marchands sont prêts à jouer le jeu, estime Jean-Michel Chanavas, délégué général de Mercatel, un think tank (ou groupe de réflexion) qui regroupe les entreprises du commerce et de la distribution. « Il est logique que les commerçants français proposent également ce service, comme ailleurs en Europe. Cela correspond aux attentes des clients », expliquait ainsi fin octobre Jean-Michel Chanavas.

Ammené à se développer, le cashback n'a pour autant pas vocation à remplacer les distributeurs de billets, selon Jean-Michel Chanavas : « En France, contrairement à d’autres pays, il reste possible de retirer de l’argent gratuitement aux distributeurs. Les gens ne vont donc pas se précipiter sur le cashback. » D’autant plus que le plafond de 60 euros est insuffisant pour palier au besoin actuel en cash des Français. Selon les dernières données du GIE cartes bancaires, le gestionnaire du réseau de paiement français CB, le montant moyen retiré au distributeur avoisine les 90 euros.

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