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Banques en ligne : leur stratégie sur les conditions d'accès aux cartes bancaires

  • Par cBanque
Carte bancaire sur clavier
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Les conditions d’octroi des cartes bancaires établies par les banques en ligne sont représentatives d’une stratégie commerciale et d’une volonté de ciblage marketing. Le point dans cette deuxième partie de notre éclairage, consacré aux cartes bancaires des banques en ligne.

Les conditions définies par les banques en ligne pour accéder à leurs cartes bancaires sont révélatrices de leur stratégie sur le marché. Ainsi, ING Direct, en imposant à ses clients la domiciliation de leurs salaires pour pouvoir ouvrir un compte et obtenir la carte bancaire, tend à se positionner comme une banque principale et non plus comme une banque complémentaire. Un changement de statut qui est un des enjeux majeurs pour les banques en ligne, si elles veulent gagner des parts de marché sur les banques traditionnelles.

Si ING Direct demande à ses clients de domicilier leurs revenus, elle n’exige, pour les non salariés, qu’un minimum relativement accessible de 750 euros mensuels. Deux de ses concurrentes, Fortunéo et Boursorama, ont adopté une ligne commerciale sensiblement différente. Ici, pas de domiciliation imposée, elles laissent donc la possibilité à leurs clients d’être multibancarisés. En revanche, les clients doivent, soit justifier d’un revenu minimum de 1.350 euros chez Boursorama et de 1.500 euros chez Fortunéo, en présentant des documents officiels (avis d’imposition, fiches de paie), soit détenir de l’épargne dans la banque (5.000 euros minimum chez Boursorama ou 10.000 euros minimum chez Fortunéo).

En établissant ces critères d’accès financiers, ces deux banques cherchent donc à écarter les plus bas revenus (même si Boursorama, contrairement à Fortunéo, laisse la possibilité aux personnes n'atteignant pas ce minimum d'ouvrir un compte-courant). En ciblant leur clientèle via les conditions d'octroi, ces deux banques, issues de l’activité de courtage en bourse, peuvent ainsi vendre plus facilement leurs produits de placements financiers.

Autres conditions, autre stratégie. Monabanq est la seule des quatre banques « pure player » sur internet à faire payer ses cartes bancaires (entre 30 et 95 euros par an selon le modèle). En revanche, elle n’impose pas de conditions de revenu et son compte courant reste globalement plus accessible (dépôt de 150 euros seulement à l’ouverture contre 300 euros pour Boursorama, 1.000 euros pour Fortunéo, et pour ING Direct le montant du salaire que le client s’est engagé à verser).

En ne « sélectionnant » pas ses clients en amont, Monabanq apparaît comme une banque plus facile d’accès, s’adressant à une clientèle peut être moins aisée, mais désireuse de réduire ses frais bancaires. Permettre à ses clients de « réaliser 58% d’économies par rapport aux banques traditionnelles », selon une étude CSA de janvier 2010 mise en valeur sur le site, est d’ailleurs l’un de ses arguments phares.

Cash Back de Fortunéo et d’ING Direct : des avantages en espèce

Autre angle marketing, les banques en ligne présentent parfois leurs cartes bancaires comme des moyens de paiement qui rapportent de l’argent à leur utilisateur. Avec les cartes classiques, pas de réductions particulières sur des achats. En revanche, pour les cartes Gold Mastercard ou Visa Premier, le détenteur de la carte peut profiter de plusieurs types d’avantages via la galerie marchande en ligne du site dédié à ce type de carte.

D’une part, grâce aux « offres privilèges », correspondant à des prix préférentiels sur des prestations de loisirs (théâtre, cinéma…), de voyages (hôtel, location de voiture, transports) ou de produits de grande marque. D’autre part, la carte bancaire Gold ou Premier donne droit chez Fortuneo (jusqu’à 30%) et ING Direct (jusqu’à 15%), à du « cashback ». Concrètement, lorsque l’utilisateur de la carte achète des produits sur la « galerie marchande » en ligne, on lui rembourse a posteriori un certain pourcentage du prix de son achat par chèque ou par virement. Avec le même résultat final qu’une réduction, le « cashback » vise à donner le sentiment d’un « retour sur investissement ».

La carte qui épargne de Monabanq

Si Monabanq ne propose pas de « cashback », elle a mis en place une option qui fonctionne sur le même mécanisme de « retour ». Cette option, facultative mais gratuite, nommée « carte qui épargne », est assortie à la délivrance de la carte bancaire et effective si le détenteur de la carte possède également un livret d’épargne chez Monabanq.

Avec ce service, à chaque achat payé par carte bancaire, le montant de l’arrondi à l’euro supérieur du prix de l’achat (par exemple : 88 centimes si l’achat est de 42,12 euros) est conservé en mémoire. A la fin de chaque mois, le cumul de ces arrondis est automatiquement débité du compte du dépôt du détenteur de la carte et versé sur un des livrets d’épargne Monabanq. A ce moment-là, Monabanq ajoute au total épargné 15% de cette somme. En résumé, plus le client dépense avec sa carte, plus Monabanq lui reversera un pécule important.

Voir notre relevé des conditions tarifaires des cartes bancaires de ces banques en ligne.

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Par la rédaction

© cbanque.com / Gwenael Cohignac / Mai 2010