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Epargne : retour en chiffres sur l'année 2012 record du Livret A

Livret A euros
photomontage cBanque

Paru le 10 juillet dernier, le rapport de l’Observatoire de l’épargne réglementée (1) est une mine d’informations et de chiffres sur le Livret A. L’année 2012 restera dans les annales, avec une collecte record qui a surtout profité aux comptes les mieux garnis.

« L’année 2012 a été particulièrement favorable au Livret A (…) », constate le rapport en introduction. La collecte a en effet été la meilleure de la longue histoire du produit d’épargne : 36,3 milliards d’euros (intérêts capitalisés inclus), qui ont porté l’encours total, fin décembre 2012, à 240,2 milliards d’euros. Le taux de croissance de l’encours sur 2012 s’est ainsi fixé à 15,2%, contre 10,6% en 2011.

Comment expliquer ce succès ? Il y a bien sûr la hausse du plafond de versement, qui est passé le 1er octobre 2012 de 15.300 euros à 19.125 euros (puis à 22.950 le 1er janvier 2013). Mais elle n’explique pas tout. « (…) La collecte était déjà forte avant le relèvement (…) » note le rapport, qui propose deux autres élements d’explication. Le taux d’abord, qui s’est maintenu à 2,25% (net d’impôts et de cotisations sociales) tout au long de l’année 2012 : très intéressant, si on le compare aux autres placements liquides et à capital garanti ; sa sûreté ensuite : les encours sont en effet garantis par l’Etat, ce qui a rassuré les épargnants dans un contexte de crise.

1,7 million de comptes ouverts en 2012

1 Français = 1 Livret A, ou presque. En 2012, le Livret A, accessible à tous y compris les mineurs, a confirmé son statut de produit d’épargne universel. Le nombre de comptes ouverts a augmenté de 1,7 million au cours de l’année (2) pour atteindre 63,3 millions. Rapporté à la population française (65,8 millions), cela donne fin 2012 un impressionnant taux de détention de 96% (94,2% en 2011). Ce taux atteint même les 100% en Bretagne, dans le Centre et en Champagne-Ardennes et, encore plus fort, les surpasse en Ile-de-France (107%). Il dépasse par ailleurs les 90% dans toutes les régions françaises, à l’exception de l’Aquitaine (88%).

La croissance du nombre de Livrets A a toutefois été légèrement inférieure à celle de 2011. C’est le résultat, estime le rapport, du « renforcement de la lutte contre la multidétention ». En effet, si la loi n’autorise la détention que d’un seul Livret A par personne, de nombreux Français, souvent sans le savoir, en possèdent plusieurs. Le phénomène, ancien, a encore été accentué, en 2009, par la généralisation de la distribution du Livret A, obligeant les pouvoirs publics à mettre en place, depuis le 1er janvier 2013, un contrôle préalable à l’ouverture. Il est donc probable qu'il y ait une moindre croissance du nombre de comptes en 2013.

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Un encours moyen de 3.796 euros

L’encours moyen des Livrets A a progressé de 446 euros entre 2011 et 2012, de 3.350 à 3.796 euros. Toutefois, cette moyenne masque toujours de très fortes disparités. Près de la moitié (45,6%) des comptes ont un solde inférieur ou égal à 150 euros : un pourcentage important mais qui a tendance à diminuer (46,6% en 2011, 52,5% en 2008). Ces « petits » Livrets A, dont le solde moyen est de 28,3 euros, ne représentent que 0,3% de l’encours total. Ce sont pourtant ceux qui enregistrent, de loin, le plus grand nombre de mouvements, ce qui confirme que de nombreux usagers continuent à utiliser leur Livret A comme un compte courant.

De l’autre côté du spectre, le pourcentage des Livrets A dont le solde dépasse les 15.300 euros (le plafond de versement jusqu’au 30 septembre 2012) augmente : 10,5% en 2012, contre 8,5% en 2011 et 8,1% en 2008. Le poids relatif de ces comptes bien garnis dans l’encours global a fortement progressé, dépassant pour la première fois les 50% : 50,8% précisément, contre 43,1% en 2011 et 45,1% en 2008. « La hausse du plafond a encore accentué la concentration des encours sur les livrets les plus fortement dotés » en conclut le rapport de l’OER, qui constate également que « cette concentration reste plus manifeste, à la fin 2012, dans les comptes des réseaux historiques (dans lesquels les 10% des livrets les plus dotés représentent 51% des encours) que dans ceux des nouveaux réseaux (dans lesquels 10% des livrets représentent 41% des encours). »

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5,9 millions de comptes « dormants »

Selon le rapport, 5,9 millions de comptes, à la fin 2011, sont crédités de moins de 30 euros et n’ont plus enregistré de mouvements depuis plus de 10 ans. Ces livrets « dormants » se retrouvent dans leur immense majorité dans les réseaux historiques, où ils représentent 12,6% des comptes ouverts.

Dans ce cas de figure, la loi autorise les banques à clôturer les comptes et à en transmettre la gestion à la Caisse des dépôts (CDC). « Au 31 décembre 2012, le nombre de comptes consignés à ce titre auprès de la CDC était de 1,4 million pour un encours de 19 millions d’euros, en sensible augmentation par rapport à fin 2011 (9,5 millions d’euros) », détaille le rapport. « Cette hausse s’explique par la mise en consignations en 2012 par un réseau historique de 0,3 million de comptes, représentant un encours de 9,5 millions d’euros. »

Ensuite, au bout de 30 ans sans opérations, les comptes sont définitivement clôturés, la Caisse des dépôts récupèrant alors les encours. Cette « prescription trentenaire » a concerné 204.745 Livrets A, crédités en moyenne de 222 euros, pour un total d’un peu plus de 45 millions d’euros.

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Le profil des détenteurs change peu

L’aspect universel du Livret A se retrouve dans le profil de ses détenteurs. Leur répartition par tranche d’âge correspond à peu de choses près à celle de la population française. Tout juste le rapport note-t-il une légère surréprésentation des jeunes, des chômeurs et des inactifs dans la population qui a ouvert des Livrets A en 2012, quand le LDD par exemple recrute plus chez les cadres, les artisans et les commerçants.

Enfin, d’un point de vue géographique, le Livret A séduit toujours particulièrement en Auvergne (4.400 euros d’encours moyen), dans le Limousin (4.400 euros), en Alsace (4.300 euros), en Rhône-Alpes (4.100 euros) et en Bretagne (4.100 euros).

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(1) L’OER est un instance placée sous la responsabilité de la Banque de France. Elle a été créée en 2008 pour « suivre la mise en œuvre de la généralisation du Livret A, notamment son impact sur l’épargne des ménages, sur le financement du logement social et sur le développement de l’accessibilité bancaire ». Elle publie un rapport annuel, fondé sur les statistiques de la Banque de France.

(2) 5,1 millions d’ouvertures, majoritairement dans les réseaux qui ne distribuent le produit que depuis 2008, pour 3,4 millions de fermetures, majoritairement chez les distributeurs historiques, Caisse d’Epargne, Banque Postale et Crédit Mutuel.

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© cbanque.com / VM / Juillet 2013