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Portrait-robot du Livret A et de ses détenteurs

  • Par cBanque
Livret A
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Le rapport annuel de l’Observatoire de l’épargne réglementée, dont l’édition 2011 a paru début juillet, est une mine d’informations sur le Livret A, et sur les épargnants qui l'utilisent.

Le fait est assez rare pour être signalé : au cours du 2e semestre 2011, les Français ont placé plus d’argent sur leur Livret A que sur leur assurance-vie. Certes, un énorme fossé sépare encore l’encours des deux produits : près de 975 milliards d’euros en faveur du second. Mais en 2011, au cours d’une année où les Français ont beaucoup épargné - 16,8% de leur revenu disponible brut, après prélèvements fiscaux et sociaux, « niveau qui n’avait pas été atteint depuis le début des années quatre-vingt » selon le rapport de l’OER - le Livret A a incontestablement eu le vent en poupe, réussissant la deuxième meilleure collecte nette de son histoire (20,6 milliards d’euros), juste derrière 2008 (23,6 milliards).

2008 et 2011 ont un point commun : ce sont deux années de déclenchement de crise. Dans ce contexte agité, le Livret A, produit liquide et sans risque, a tout pour séduire, quand bien même son taux (2,25% depuis le 1er août 2011) n’offre pas un rendement exceptionnel par rapport à l’inflation (2,1% de moyenne en 2011).

Le livret d'épargne de Monsieur et Madame Tout-Le-Monde

Quel a été, en 2011, le profil des épargnants séduits par le Livret A ? Il s’agit clairement de Monsieur et Madame Tout-le-Monde. Avec 1,9 million de nouveaux comptes ouverts au cours de l’année, le taux de détention atteint désormais 94,3% de la population totale française.

Mais ce chiffre impressionnant - même s’il ne tient pas compte des situations de double détention (1) - cache d’importantes disparités. Les Français possédant un Livret A au plafond (dont le solde atteint ou dépasse donc, grâce aux intérêts capitalisés, les 15.300 euros) sont assez rares, 8,5% seulement, qui détiennent 43,2% de l’encours total. A l’opposé, 46,6% de ces livrets ont un solde inférieur à 150 euros et ne représentent que 0,4% de l’encours total. Ces « petits » comptes, dont le solde moyen n’est que de 30 euros, sont souvent plus ou moins à l’abandon : 41% d’entre eux n’ont subi aucun mouvement au cours de l’année écoulée, alors qu’en moyenne, un détenteur fait cinq opérations annuelles, d’un montant moyen de 526 euros.

Les trois réseaux historiques du Livret A, la Caisse d’Epargne, la Banque Postale et le Crédit Mutuel, restent prédominants : trois ans après la généralisation de la distribution à toutes les banques , au 1er janvier 2009, ils représentent toujours une part de marché de 74,4%, même si celle-ci a baissé de 5,1 point en 2011.

La généralisation a toutefois permis de dépoussiérer le produit : 35% des Livrets A ont ainsi été ouvert au cours des cinq dernières années. A l’inverse, 16% ont plus de 40 ans d’existence.

Les jeunes surreprésentés

Autre indice du caractère universel du Livret A, la répartition par âge des détenteurs est comparable avec celle de la population générale. Par rapport aux autres produits d’épargne, les jeunes de moins de 25 ans sont ainsi surreprésentés : fin 2011, près de 30% des possesseurs avaient moins de 25 ans, alors qu’ils sont autour de 1% pour le Livret de développement durable (LDD) et le Livret d'épargne populaire (LEP), deux autres produits réglementés.

L’appétence pour le Livret A est également généralisée sur l’ensemble du territoire national, avec néanmoins quelques disparités. C’est en Auvergne et dans le Limousin (3.800 euros), deux régions plutôt rurales, que l’encours moyen du Livret A est le plus élevé, devant L’Alsace et la Lorraine (3.700 euros), et l’Ile-de-France et la Bretagne (3.600 euros). Ces régions (à l’exception de la Lorraine) sont également celles où généralement, on épargne le plus sur livrets d'épargne. La Corse arrive quant à elle bonne dernière, avec un encours moyen du Livret A de 2.500 euros, devant la Picardie et la Haute-Normandie (2.700 euros).

(1) Selon la loi, une même personne ne devrait détenir qu’un seul Livret A. Dans les faits, il existe des cas de double détention, encore difficiles à détecter. Un décret sur le sujet devrait paraître prochainement.

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Par la rédaction

© cbanque.com / Vincent Mignot / Août 2012