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Paiements : la carte reste plus exposée à la fraude que le chèque

Cartes bancaires sur chéquier
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Malgré une nette amélioration en 2017, la carte bancaire reste le moyen de paiement le plus exposé à la fraude. A contre-courant, la situation du chèque a tendance à se dégrader.

97% : c’est en 2017 la part des cas de fraude aux moyens de paiement qui ont impliqué une carte bancaire, selon les chiffres dévoilés aujourd’hui dans le rapport 2017 de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement. Un pourcentage impressionnant, qu’il convient toutefois de remettre en contexte : en concentrant 52% des paiements de l’ensemble des achats, pour un montant de 530 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent près de 135 milliards d’euros retirés, la carte est en effet plus que jamais le moyen de paiement scriptural - hors cash donc - préféré des Français.

En montant, son exposition est d’ailleurs cohérente avec son usage : elle représente en effet 49% des 744 millions d’euros soutirés frauduleusement, un chiffre en baisse pour la deuxième année consécutive. En résumé : utiliser une carte bancaire a été plus sûr en 2017 qu’en 2016.

Lire aussi : La fraude en baisse sur la carte bancaire

Qu’en est-il si on compare la carte bancaire avec les autres moyens de paiement scripturaux ? Elle reste très loin des moyens de paiement SEPA, virements et prélèvements, dont les chiffres de fraude 2017 sont également en nette baisse. De façon plus surprenante, elle est également devancée par le chèque.

Le classement des moyens de paiement les plus sûrs, hors cash

  1. Le virement : un euro fraudé pour 300 000 euros payés (en baisse)
  2. Le prélèvement : un euros pour 180 000 euros (en baisse)
  3. Le chèque : un euro pour 3 500 euros (en hausse)
  4. La carte : un euro pour 1 850 euros (en baisse)

Carte bancaire : tout dépend du type de paiement

Cette surexposition à la fraude de la carte bancaire par rapport au chèque demande toutefois à être nuancée. Son usage ne se limite pas en effet au cadre national et aux paiement de proximité : elle est également utilisée à l’étranger et pour des paiements à distance, sur le web notamment. Et ce sont ces usages qui génèrent le gros de la fraude.

Le taux de fraude sur les opérations effectués en France (0,032% en 2017) est nettement inférieur à ce qu’il est lorsque les mêmes cartes sont utilisées hors des frontières nationales (0,281%). « Ainsi, les transactions internationales représentent 57% du montant total de la fraude », constate le rapport de l’Observatoire, « alors qu’elles ne comptent que pour 13% de la valeur totale des transactions ».

Si l’on réduit la perspective aux seuls paiements en points de vente en France, la carte bancaire est par ailleurs un moyen de paiement extrêmement sûr, avec un euro fraudé pour 12 500 euros payés. C’est son usage pour les paiements à distance (sur le web notamment) qui dégrade les statistiques, avec un taux de fraude de 0,161%, soit un euro pour 620 euros payés. La situation est toutefois appelée à s’améliorer avec l’amélioration constante des technologies de lutte contre la fraude, et la généralisation prochaine de modes d’authentification renforcés.

Paiement mobile : zéro fraude

« En 2017, aucune fraude n’a été enregistrée sur les transactions nationales par mobile. » L’an dernier, véritable première année complète de déploiement en France, le paiement mobile a fait la preuve de sa sûreté, permise notamment par le recours à l’authentification biométrique. Malgré un usage multiplié par 15 par rapport à 2016 et 4,4 millions d’opérations, il reste toutefois très marginal : sa part de marché se limite à 0,03% des transactions du quotidien.

Chèque : le déclin continue

L’usage du chèque poursuit son inéluctable déclin : en 2017 -10% en nombre d’opérations (1,9 milliard au total) et -7% en valeur (un peu plus de 1 000 milliards d’euros). Il représente ainsi 8% des paiements scripturaux en France.

A contre-courant, le chèque voit également son taux de fraude augmenter en 2017 : 0,028%, contre 0,025% l’année précédente. Soit une hausse de 9% des montants fraudés, à 296 millions d’euros. Malgré un usage de plus en plus minoritaire, il pèse ainsi 40% du montant total de la fraude, pas très loin de la carte bancaire (43%).

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© cbanque.com / VM / Juillet 2018