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Union bancaire : « il faut terminer le travail », plaide Frédéric Oudéa

  • cBanque avec AFP
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Frédéric Oudéa, Société Générale
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Frédéric Oudéa, président de la Fédération bancaire française (FBF), a appelé à finaliser l'Union bancaire européenne, qui constitue aussi « un enjeu de souveraineté » face notamment aux Etats-Unis qui « imposent » leurs règles bancaires.

« On a besoin d'un secteur financier fort pour drainer l'épargne des Européens sur le vieux continent et pas seulement vers les Etats-Unis ou l'Asie », a défendu Frédéric Oudéa dans un entretien au quotidien Les Echos, publié mercredi sur son site. « Pour cela, il faut terminer le travail avec l'Union bancaire », a-t-il ajouté, précisant qu'il existait un « enjeu de souveraineté » face à la politique américaine et aux tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine.

2020, année cruciale

Interrogé sur une éventuelle concentration du secteur bancaire européen, Frédéric Oudéa a estimé qu'elle « restait difficile à prévoir ». Elle pourrait être nécessaire sur certains marchés peu rentables ou se concrétiser par « de grandes banques européennes diversifiées transnationales avec des bases domestiques solides » capables d'« accompagner des entreprises européennes » à l'international. « Si (la concentration) se produit, les banques françaises pourraient jouer un rôle car elles ont la taille nécessaire », a jugé le président de la FBF, organisme de lobby du secteur bancaire français. « Mais encore faut-il que l'environnement réglementaire soit favorable », souligne-t-il, considérant l'année 2020 « charnière », car « on en saura davantage sur les projets du nouvel exécutif européen ».

Cette déclaration fait écho à celle de Francois Villeroy de Galhau, gouverneur de la banque de France, qui a plaidé mercredi pour plus de concentration dans le secteur bancaire européen devant l'Autorité de la concurrence française. En avril dernier, le banquier central, ancien cadre dirigeant de BNP Paribas, avait déjà défendu une telle position en comparant la puissance des banques américaines sur leur marché intérieur à celle, moindre, des banques européennes soumises à une réglementation empêchant une libre circulation des capitaux et liquidités en Europe.

Attention à Bâle 3

Concernant la transposition de nouvelles normes bancaires de Bâle 3, « il ne faut pas être le dindon de la farce », a prévenu Frédéric Oudéa, demandant à voir les « conséquences concrètes » de l'accord cadre signé « avant de le transposer » et à ce que l'on vérifie si les Etats-Unis l'appliquent également. « Le régulateur américain impose des règles de liquidité et de capitaux aux filiales de banques étrangères (...). On peut imaginer que le Royaume-Uni aille lui aussi dans cette direction. L'Europe pourrait aussi adopter cette même logique », suggère le dirigeant bancaire, appelant à mener une réflexion « stratégique » sur le secteur financier dans la zone euro.

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Par la rédaction avec AFP

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