Assurance vie : des bonus jusqu'à 400 euros pas toujours accessibles

Des dés représentant un euro
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200, 300 et même 400 euros... Sur le papier, les primes récompensant l’ouverture d’une assurance vie rivalisent de générosité. Mais, leurs conditions d’éligibilité rendent parfois complexes leur obtention. De quoi inciter les petits épargnants à préférer des offres moins agressives mais plus accessibles.

Ces dernières semaines, les distributeurs d’assurance vie s’affrontent à coup d’offres promotionnelles qui paraissent des plus alléchantes. D’après notre relevé, c’est le courtier Placement-direct qui remporte en ce moment la compétition avec une prime de bienvenue pouvant atteindre 400 euros pour l'ouverture d’un contrat Darjeeling. Mais d’autres distributeurs ne sont pas bien loin, à l’image d’Assurancevie.com qui verse jusqu’à 350 euros aux épargnants ouvrant son enveloppe Puissance Avenir. Et même les fintechs – les start-ups du secteur bancaire – s’y mettent, comme Yomoni qui communique, aussi, en ce moment sur un bonus de 350 euros.

Mais le diable se cache dans les petites lignes ! Car, pour obtenir ces primes maximales, il faut le plus souvent à la fois disposer d’un capital conséquent, à investir dès l’ouverture du contrat, et être disposé à verser une bonne partie de son argent sur des supports risqués. Illustration avec l’offre promotionnelle du contrat Darjeeling. Les 400 euros de bonus sont octroyés aux épargnants apportant au moins 40 000 euros, dont 12 000 euros au minimum placés sur des unités de compte (UC). En deçà de 40 000 euros investis, la prime obtenue correspond à 1% du premier versement, soit 10 euros pour 1 000 euros d'épargne, 100 pour 10 000 euros etc.

Des courtiers plus ou moins généreux selon le profil de l'épargnant

C’est pourquoi, avant d’ouvrir une assurance vie, il faut bien sûr avant tout s’intéresser au contrat en tant que tel (diversité des fonds, performance, mode de gestion et frais) mais aussi scruter attentivement les propositions commerciales mises en avant. Car, il se peut qu’une offre moins attractive de prime abord soit en fait plus généreuse compte tenu du profil de l’investisseur (capital amassé et attrait pour les supports risqués).

C’est ce que montre le tableau ci-dessous. Il recense quelques primes, en vigueur au 27 septembre, auxquelles peut prétendre un épargnant disposant de 1 000, 5 000 ou 20 000 euros à investir. A noter toutefois, ce tableau ne tient pas compte de la seconde condition à satisfaire pour obtenir la gratification la plus importante : verser 30 à 50% de son versement d’ouverture, selon le contrat, sur des fonds à capital non garanti.

Les primes de bienvenue maximales selon l'investissement initial
1 000 €5 000 €20 000 €
Puissance Avenir
(Assurancevie.com)
125 €350 €350 €
Binck Vie
(Binck)
50 €100 €150 €
Darjeeling
(Placement-direct)
10 €50 €200 €
Mes-placements Retraite
(Mes-placements)
-200 €300 €
BforBank Vie
(BforBank)
-200 €200 €
Yomoni Essentiel
(Yomoni)
-150 €300 €

Ainsi, pour 1 000 euros à investir, les bonus se font plus rares. Dans notre exemple, c’est le contrat Puissance Avenir qui permet de retirer la prime la plus élevée. Mais, là encore, d’autres conditions sont à respecter, notamment placer 35% de cette somme sur des UC et opter pour la gestion pilotée, ce qui entraîne une majoration des frais de gestion. A partir de 5 000 euros d’épargne, l’assurance vie de la banque en ligne BforBank ou encore celle de Mes-placements tirent aussi leur épingle du jeu.

Une autre subtilité à avoir en tête concerne les modalités de versement du bonus. Le plus souvent, celui-ci n’est pas viré sur le compte en banque de l’épargnant, mais réinvesti dans son contrat plusieurs semaines après son ouverture. Ainsi, en pratique, la prime est versée sur un fonds euros (sans risque de perte en capital) dans le cadre de BforBank Vie et de Darjeeling mais sur un support risqué avec Puissance Avenir ou Mes-placements Retraite. De quoi refroidir les épargnants peu rassurés à l'idée d'investir sur des UC.

Quelques courtiers font exception à cette habitude, comme Altaprofits. Jusqu’au 29 octobre, celui-ci propose aux nouveaux adhérents à son contrat Digital Vie de recevoir une prime en bons cadeaux. Son montant varie de 125 euros pour un versement de 2 000 euros à 350 euros au-delà de 5 000 euros, avec toutefois l’obligation d’opter pour la gestion pilotée.

Consulter notre comparatif des assurances vie

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© cbanque.com / MoneyVox / MEF / Septembre 2019

Commentaires

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Publié le 28 septembre 2019 à 20h51 - #1Manu SIFP
  • Homme
  • Alsace
  • 42 ans

Une assurance vie quand on y souscrit, on en a generalement pour plusieurs années. 10 voir plus dans la majorité des cas. Il faut donc diviser le rendement majoré lié au bonus par le nombre d'annees qu'on souhaite garder le placement. L'horizon de placement n'est pas de quelques mois avec 30% d'UC et +.
Il faut au prealable s'assurer qu'on est pret à prendre un certain risque d'autant plus que tous les marchés sont hauts actuellement.
A titre perso, je prefererai un bonus si un client s'engage à investir périodiquement une certaine somme quitte à mettre moins au départ... Quitte à toucher un bonus au bout de 6 mois ou d'un an...
Au lieu d'inciter les gens à verser une grosse somme des le depart et à prendre des risques importants.
Et regardez aussi la qualite des UC proposes sur un site comme quantalys ou morningstar.
Et en cas de Gestion sous Mandat, regardez l'historique des perfs...En regardant bien les perfs de l'annee 2018 (mauvaise annee boursiere) et si 2019 a récupéré les pertes de 2018....

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Publié le 29 septembre 2019 à 08h21 - #2Petit louis
  • Homme
  • 67 ans

Je ne suis pas un expert financier.Cela demande du temps, de l'expérience, des compétences.
Par contre, tous les assureurs vie ont leurs experts...et, en plus, des réserves.
Aussi, je ne jouerais pas les économies d'une vie de travail sur l'autel de la Bourse !
A chacun son métier.

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Publié le 29 septembre 2019 à 15h58 - #3Manu SIFP
  • Homme
  • Alsace
  • 42 ans

Cela demande quelques connaissances mais pas beaucoup de temps. En gros 1 heure par an en ce qui me concerne car les arbitrages reguliers ne sont pas productifs.
Pour quelqu'un n'aimant pas trop de risque on peut choisir 60% de fonds euros classique, 20% de fonds euros immobilier avec capital garanti et 20% en sci ou opci immobiliers avec une faible volatilité.
Et on peut aller vers du 2,5 % l'an en moyenne. Sans speculer sur les marches boursiers...
Et si on a un vieux pel à 2,5% ne pas oublier de charger...

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Publié le 30 septembre 2019 à 11h18 - #4Petit louis
  • Homme
  • 67 ans

Les assureurs vie ont quelques années devant eux, du fait de leurs réserves,pour commencer à restructurer leurs fonds en euros...sans pénaliser les épargnants.

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Publié le 30 septembre 2019 à 14h19 - #5Manu SIFP
  • Homme
  • Alsace
  • 42 ans

Oui les reserves totales representent en moyenne 9-10% de rendement...
A noter que pour la moitié d'entre elles , ce sont des benefices réalisés et non encore distribués (sur les coupons d'obligations ou sur les plus values). Le reste c'est du latent (c'est comme un portefeuille titres qui serait à l'heure H en plus values latentes mais comme pas vendus pas de benefices encaissés...).
Ces reserves ont beaucoup augmenté ces dernieres annees. Trop ? Je n'en sais rien. Mais en tout cas il faut savoir que derriere les fonds en euros il y a un placement obligataire qui n'est absolument pas sans risque surtout si les taux devaient augmenter (beaucoup trop de personnes ignorent qu'il n'y a pas que le coupon comme perf ou contre perf et que les obligations sont cotées...) .Car les assureurs doivent vendre en cas de rachat avec risques de moins values importantes en cas de krach obligataire...
D'où constitution de réserve.
Si les taux devaient remonter sérieusement les plus values latentes se transformeront en moins values latentes et cette partie des réserves fonderaient mécaniquement.
Vous allez me repondre : mais pourquoi les assureurs ne prennent t ils pas leur benefice sur les lignes en plus values latentes et les distribuer tout de suite à leurs assurés ?
Car derriere il faudrait racheter d'autres obligations qui ne rapportent plus rien ou presque c'est donc sacrifier le futur...
Donc actuellement ils preferent garder leur plus values latentes au cas où ils devaient progressivement fondre car les coupons sont plus avantageux.
Ce n'est que de l'arbitrage.
Et derriere il y a un capital toujours garanti pour les assures que vous n'aurez pas en ayant des obligations en direct où vous subirez les defauts des entreprises, les risques de baisse de cours si vous vendez avant terme...
Je vous rappelle que nous sommes dans un marché dangereux car en bulle sur tous les marchés et qu'une garantie en capital est plutot un serieux atout à cette époque. Moi je n'ai pas envie de payer cher et mes 2,5% (avec mon montage) c'est plutot assez bien payé.
Je n'irai en aucun cas actuellement directement sur le marché obligataire c'est beaucoup trop dangereux... Je prefere laisser le risque aux assureurs...

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