Assurance vie : Spirica envisage un big-bang sur ses fonds euros en 2020

Daniel Collignon, directeur général de Spirica
Daniel Collignon - DR

Couper l’accès aux fonds en euros actuels, pour sécuriser les intérêts de la clientèle historique. Puis créer de nouveaux fonds euros à la structure financière plus souple, pour les nouveaux souscripteurs. Telle est la réflexion en cours chez Spirica.

« Les fonds en euros ne sont pas morts ! » insiste Daniel Collignon, directeur général de Spirica, filiale de Crédit Agricole Assurances dédiée aux courtiers internet et aux conseillers en gestion de patrimoine. Daniel Collignon cherche ainsi à réaffirmer son attachement au fonds en euros : le fonctionnement du support « phare » de l’assurance vie est en effet actuellement remis en cause par les régulateurs et par les assureurs à cause de la conjoncture durable de taux bas.

Lire aussi : La « mort » du fonds en euros en 8 questions

Daniel Collignon ne laisse d’ailleurs aucune place au doute quant aux rémunérations 2019 : « Dans cet environnement de taux très bas, les rendements servis en 2019 vont encore devoir baisser de façon très significative », sans livrer plus d’indications quant à la rémunération des fonds en euros présents sur les contrats Netlife, BforBank Vie ou encore Epargne Evolution. Deux assureurs ont d’ores et déjà annoncé des taux de base nettement en baisse : 1% net de frais de gestion pour Swiss Life comme pour Generali France.

Une nouvelle génération de fonds euros en réflexion

Chez Spirica, au-delà des rendements, la réflexion porte sur la limitation des flux. L’assureur a d’ailleurs choisi dès 2016 de conditionner l’accès de ses fonds en euros à l’affectation d’une partie des versements en unités de compte. Daniel Collignon envisage aujourd'hui d’aller plus loin : « Pour les nouveaux souscripteurs, si les taux ne remontent pas, les fonds euros actuels pourraient être remplacés par de nouveaux fonds avec une garantie en capital plus faible, par exemple à 96%, pour éviter de désavantager trop lourdement les épargnants actuels. »

« Ce qui coûte le plus cher, dans un fonds en euros, c’est la garantie en capital »

Ces nouveaux fonds, dédiés aux nouveaux souscripteurs, n’offriraient donc qu’une garantie partielle en capital : en clair, le capital pourrait baisser une mauvaise année, mais cette moindre contrainte en fonds propres permettrait à l’assureur de livrer de meilleurs rendements les années plus favorables. Des fonds en euros à garantie partielle existent déjà : des assureurs tels qu’Apicil ou Nortia ont déjà mis en avant ce type de support. Mais il s’agit cette fois de proposer uniquement des fonds à garantie partielle, alors que cette nouveauté ne concernait pour l’heure que des fonds en euros complémentaires, accessibles aux côtés d’un fonds « classique », avec une garantie à 100%. « Ce qui coûte le plus cher, dans un fonds en euros, c’est la garantie en capital », justifie Daniel Collignon. Or, « dans la conjoncture de taux bas, garantir du capital, même avec une rémunération de 0%, c’est difficile ! »

Quand envisage-t-il de déployer cette nouvelle génération de fonds en euros, et donc de fermer l’accès aux fonds actuels ? Le directeur général de Spirica insiste sur le fait qu’il s’agit uniquement d’une réflexion, en utilisant le conditionnel, mais il esquisse tout de même un calendrier : « Nous y réfléchissons. Si cela se concrétise, ce serait plutôt lors du second semestre 2020. »

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© cbanque.com / MoneyVox / BL / Novembre 2019

Commentaires

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Publié le 1er décembre 2019 à 10h49 - #1grazuck
  • Homme

Bonjour
Celà va t'il s'appliquer aux comptes en euros actuellement détenus par les épargnants et qui bénéficient de l'effet cliquet ?
Concrètement qu'en sera-t-il des comptes en euros existants?
CDT

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Publié le 1er décembre 2019 à 15h42 - #2Petit louis
  • Homme
  • 67 ans

Dans leurs diverses communications, les assureurs tapent fort pour préserver leurs marges, et fonds constitués de notre épargne.
Avant de s'affoler, il paraît bon de relire son contrat d'assurance vie et la notice jointe.

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Publié le 2 décembre 2019 à 22h20 - #3Titouan

Que font les assureurs des réserves accumulées et dues aux epargnant ? A quand la redistribution ? Même technique que le gouvernement qui n'utilise pas les 149 milliards de réserves crees par Jospin pour les retraites dont 35 pour le regime général. Faire les poches des honnetes gens reste d actualite.

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