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Assurance-vie : les contrats bancaires ne font plus recette

Une tirelire et un contrat
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Les contrats d’assurance-vie « grand public », souvent commercialisés par les banques, sont en décollecte en 2017. La faute à des rendements en berne sur le fonds en euros et à l’aversion au risque des épargnants « standard ».

« L’assurance-vie devient de plus en plus clairement un produit patrimonial et de gestion privée, de moins en moins un produit populaire. » Cette analyse, c’est Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet spécialisé Facts & Figures, qui l’a avancée à l’occasion de la publication de l’édition 2018 de son baromètre de l’épargne-vie individuelle.

Lire l’interview de Cyrille Chartier-Kastler : Les taux de l’assurance-vie resteront-ils au-dessus de l’inflation ?

L’étude Facts & Figures segmente en effet le marché de l’assurance-vie en trois grandes catégories : l’épargne-vie « standard », patrimoniale et de gestion privée. L’assurance-vie « standard » correspond en résumé aux contrats détenus par les foyers dont le revenu annuel est situé en dessous de 50 000 euros. Un segment de marché assez nettement dominé par l’assurance-vie commercialisée dans les réseaux bancaires.

Décollecte sur « l’épargne vie standard »

Or, pour la première fois en 5 ans, l’assurance-vie « standard » est en décollecte sur l’année 2017, pendant que les autres segments du marché restent dans le vert. Ce marché, qui rassemble donc de nombreuses assurances-vie bancaires et des contrats « grand public » distribuées par les assureurs, pèse pourtant la moitié des près de 1 700 milliards d’euros de l’assurance-vie. Une part qui a elle aussi tendance à s’éroder : l’assurance-vie d’entrée de gamme, représente désormais un peu moins de 50% des encours selon Facts & Figures, alors qu’elle en pesait plus de 60% en 2009.

Selon cette étude, cette épargne standard se caractérise par une allocation très majoritairement orientée sur le fonds en euros, et avec une assez forte proportion d’anciens contrats. Bref, des épargnants plutôt frileux et avec une mise modeste (18 900 euros en moyenne) au regard des autres segments de marché : 66 000 euros en moyenne pour l’assurance-vie patrimoniale et 196 000 euros pour la gestion privée. Cette décollecte confirme indirectement la tendance relevée par le régulateur banque-assurance (ACPR) en 2017 : une décollecte sur les fonds en euros, uniquement rattrapée par la bonne santé des supports en unités de compte.

Lire aussi : Le rapport de force a changé entre UC et fonds euros

Epargne standard : un rendement moyen de 1,54% en 2017

En cause ? La baisse des rendements est évidemment un élément d’explication. Pourtant, les taux des assurances-vie bancaires se sont plutôt maintenues en 2017. Mais cette stabilisation est survenue après une campagne 2016 marquée par une forte baisse des rendements, de près d’un demi-point. Or, en 2017, les épargnants ont décidé de verser ou non sur leur assurance-vie à la lumière des taux 2016…

Et l’écart de rendement entre les différents segments de marché perdure. Toujours selon Facts & Figures, la rémunération moyenne des fonds en euros de l’assurance-vie « standard » était de 1,54% pour l’année 2017, contre 1,88% sur les fonds euros patrimoniaux et 1,93% sur les fonds estampillés « gestion privée ».

Tout en assumant l’érosion des performances des fonds en euros, les banques lancent de nouvelles offres « grand public » faisant la part belle à la gestion pilotée et donc aux supports en unités de compte. Le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel Nord Europe et le groupe Arkéa ont lancé des offres de gestion sans mandat accessibles au plus grand nombre fin 2017 et début 2018. Leur volonté est sans ambiguïté de convertir leurs clients aux supports risqués, y compris les épargnants « standard », les plus hermétiques à la prise de risque selon l’étude Facts & Figures. Une politique qui semble, pour l'heure, les couper des épargnants les plus modestes.

Revoir notre article de 2015 sur le sujet : Portrait-robot du détenteur d'assurance-vie

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© cbanque.com / BL / Juin 2018