Assurance-vie : comment sécuriser ses plus-values ?

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De plus en plus, les assureurs vie encouragent, voire imposent, à leurs clients de prendre des risques en plaçant une partie de leur épargne sur des supports en unités de compte, qui ne garantissent pas le capital. Face à cette évolution, certains contrats proposent toutefois une option de sécurisation des plus-values, qui permet de mettre ses gains à l’abri des fluctuations des marchés. Comment fonctionne cette option ? Et est-elle accessible à tous les assurés ? Le point, à travers l’analyse de 4 contrats du marché.

Vous avez récemment fait un versement sur votre assurance-vie, et votre assureur vous a encouragé à placer une partie de l’argent sur des supports en unités de compte, plutôt que sur le fonds euros ? Vous n’êtes pas seul(e) dans ce cas ! Pour des raisons macroéconomiques et prudentielles, les assureurs ont en effet de plus en plus intérêt à orienter leurs clients vers les unités de compte. Une évolution qui se fait parfois à marche forcée : certains assureurs (Spirica, Apicil, en attendant Generali) conditionnent désormais l’accès à leur fonds en euros à un investissement minimum en unités de compte.

Cette nouvelle donne n’est pas forcément contraire aux intérêts du client. Le rendement des fonds en euros a en effet beaucoup baissé ces dernières années, et le déclin devrait encore s’accélérer en 2016 : la rémunération moyenne (2,27% en 2015) a ainsi toutes les chances de passer sous les 2%, peut-être même sous les 1,80%. Par contraste, les unités de compte affichent des promesses de gains beaucoup plus substantiels. Mais voilà : qui dit unités de compte dit prise de risques, le capital placé sur ces supports n’étant pas garanti. Et rares sont les épargnants qui viennent à l’assurance-vie pour prendre des risques…

Lire aussi : Les 6 astuces des assureurs pour vous faire souscrire des unités de compte

A l’abri des fluctuations

Dans ce contexte, une option parfois proposée aux assurés n’optant pas (ou ne pouvant opter) pour la gestion pilotée prend un nouvelle dimension : il s’agit de la sécurisation automatique des plus-values. Sur le papier, son principe est assez simple : lorsque les gains atteignent un certain montant, ils sont automatiquement mis à l’abri des fluctuations des marchés en étant placés sur un fonds de sécurisation, généralement le fonds euros du contrat.

Dans les faits toutefois, les choses se compliquent un peu. Cette option, qui se présente sous des noms variés - sécurisation automatiques des plus-values, écrêtage, stop win, etc. -, n’est pas accessible indifféremment à tous les clients et tous les contrats. Nous avons ainsi comparé les règles mises en œuvre par quatre contrats à frais réduits d'assureurs et de distributeurs différents : Mes-placements Liberté, Evolution Vie, Darjeeling et Digital Vie. Et le moins qu’on puisse dire est qu’elles sont contrastées. Chaque contrat applique en effet ses propres critères, en termes de montant placé, de seuil et de montant de plus-values nécessaires au déclenchement de l’option et de fréquence de mise à jour de la valeur liquidative du support en unités de compte.

Mes-placements Liberté (Spirica)

Pour bénéficier de la sécurisation automatique, les titulaires d’un contrat Mes-placements Liberté doivent faire un effort d’épargne relativement important : le montant du contrat doit en effet dépasser 10.000 euros. Mais cela ne suffit pas : il faut également que les gains enregistrés par le support en unités de compte fasse au moins +5%, et que le montant de ces gains atteigne au moins 100 euros. Ce qui signifie que pour déclencher l’arbitrage automatique dès un gain de 5%, le montant investi par ligne doit être d’au moins 2.000 euros.

Plus d'infos sur le contrat Mes-placements Liberté

Evolution Vie d'Assurancevie.com (Aviva)

10.000 euros, c’est aussi le montant minimum prévu par Evolution Vie pour accéder à l’option de sécurisation des plus-values. Le contrat est en revanche plus exigeant que Mes-placements Liberté sur un autre critère : le montant du gain nécessaire pour déclencher l’option. Celle-ci se déclenche en effet dès 5% de gain, mais à condition que le montant de la plus-value atteigne au moins 300 euros. Soit un montant minimum à investir par ligne de 6.000 euros.

Plus d'infos sur le contrat Evolution Vie

Darjeeling de Placement Direct (Swiss Life)

A première vue, la sécurisation des plus-values apparaît plus démocratique sur le contrat Darjeeling, qui n’impose pas de montant global minimum d’investissement. Le diable, toutefois, est dans les détails. En effet, l’option ne se déclenche chez Darjeeling que lorsque le support en unités de compte atteint un gain de +10%, et que le montant à arbitrer atteint ou dépasse 1.000 euros. Soit un investissement minimum de 10.000 euros par ligne : pas forcément à la portée de Monsieur-tout-le-monde.

Plus d'infos sur le contrat Darjeeling

Digital Vie d'Altaprofits (Suravenir)

Au final, le contrat qui facilite le plus l’accès à la sécurisation des plus-values est Digital Vie. Dans ses conditions générales, il ne précise de montant minimum pour en bénéficier. Et l’arbitrage automatique se déclenche dès que le support en unités de compte atteint les 5% de gain, et un montant relativement modeste de 25 euros. Soit un montant minimal par ligne de 500 euros.

Plus d'infos sur le contrat Digital Vie

Fréquence de mise à jour : du quotidien au mensuel

Autre critère à prendre en compte avant de choisir son contrat : la fréquence de l’arbitrage automatique. Là encore, les différences sont importantes. Mes-placements Liberté et Digital Vie annoncent en effet une vérification quotidienne de la valeur du support en unités de compte, et un arbitrage le jour même pour le premier, le lendemain pour le second. A l’inverse, Evolution Vie ne recalcule la valeur de l’UC qu’une fois par mois, le 4e mardi, avec un arbitrage en date de valeur du vendredi suivant. Cas intermédiaire, Darjeeling annonce une mise à jour et un arbitrage hebdomadaire.

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© cbanque.com / VM avec Marie de BEAUDRAP / Novembre 2016