Epargne : sur quel placement puiser pour payer vos vacances ?

Plage de Nice
© lamax - Fotolia.com

Vous préparez vos vacances et vous ne disposez pas de la somme suffisante sur votre compte courant pour couvrir les frais ? Rappel du b.a-ba des produits d’épargne, pour savoir sur lequel piocher en priorité.

Priorité n°1 : les livrets d’épargne

De l’épargne disponible à tout moment, en cas de besoin : telle est la vocation première de l’argent déposé sur les livrets d’épargne, qu’il s’agisse des produits réglementés (Livret A, Livret Bleu, LDDS, LEP, etc.) ou des livrets bancaires classiques, souvent appelés « comptes sur livret ». Leur rémunération étant actuellement peu élevée, il est donc fortement conseillé de puiser sur ces produits en priorité pour se payer des vacances, ou pour toute autre dépense ponctuelle ou imprévue. Nul besoin de fermer vos livrets : vous pouvez conserver un montant minimum (10 euros sur un Livret A, voire 1,50 euro à La Banque Postale), pour les remplir à nouveau après l'été.

Lire aussi : Combien garder sur ses livrets comme épargne de précaution ?

Second choix : l’assurance vie

Vous avez une assurance vie ? Cet argent n’est pas bloqué ! Même si vous avez ouvert ce contrat récemment, rien ne vous empêche d’effectuer un retrait pour financer un voyage. Mieux vaut en revanche se limiter à un retrait partiel plutôt que de clôturer le contrat, afin de conserver la maturité fiscale de votre assurance vie. Un rachat partiel entraîne uniquement l’imposition de la part des intérêts compris dans ce retrait. Si vous avez ouvert ce contrat récemment, après septembre 2017, l’assureur prélèvera automatiquement 12,8% d’impôt sur le revenu (la « flat tax », ou PFU), qui vous sera éventuellement restitué si vous choisissez l’imposition au barème lors de la prochaine déclaration de revenus, en 2020. S’il s’agit d’un contrat un peu plus ancien, votre assureur vous demandera de choisir entre le prélèvement forfaitaire libératoire (15% ou 35% selon la date d’ouverture) et le barème de l'impôt sur le revenu. En revanche, si vous retirez de l’argent sur un contrat détenu depuis plus de 8 ans, vous profitez de l’abattement : exonération d’impôt sur le revenu tant que la part de gains dans votre retrait ne dépasse pas 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) !

Attention toutefois à réclamer ce rachat partiel en amont des vacances, car les sommes demandées sont souvent versées avec une semaine de délai dans le meilleur cas. Par ailleurs, si votre assurance vie est investie à la fois sur un fonds en euros (à capital garanti) et sur des unités de compte (sans garantie en capital), mieux vaut privilégier le retrait sur le fonds en euros, plus souple, alors que les unités de compte sont un placement à long terme.

Une alternative : vous pouvez demander une avance sur votre assurance vie. Schématiquement, l’assureur vous fait crédit de votre propre argent. La plupart des assureurs peuvent ainsi prêter 60% à 80% de la valeur du contrat à leurs clients, à un taux légèrement supérieur au rendement du fonds en euros (généralement 0,60% à 1% de plus). Cette somme devra être remboursée au maximum en 9 ans. Contrairement au rachat partiel, l’avance n’a aucune incidence fiscale !

Lien aussi : Comment obtenir un prêt à bas coût avec son épargne ?

Second choix (bis) : l’épargne salariale

Vous êtes salarié et vous touchez régulièrement une prime d’intéressement ou de participation ? Dans de nombreuses entreprises, la date limite pour le versement de ces primes est le 1er juin. Il est donc probablement trop tard pour « prendre le cash » avant les vacances. Une fois placé sur un Perco, l’argent est bloqué jusqu’à la retraite. Sur un Plan d’épargne entreprise (PEE), en revanche, il n’est bloqué que pendant 5 ans. N’hésitez donc pas à faire le point sur l'historique des versements sur votre PEE.

Vous pouvez peut-être même effectuer un déblocage anticipé si l'un des événements suivants est survenu au cours des 6 derniers mois : achat ou agrandissement récent de résidence principale, mariage, Pacs, séparation, naissance d’un 3e enfant, etc. Vous pouvez également débloquer les fonds en cas de rupture récente de votre contrat de travail. Qu’il s’agisse d’un déblocage anticipé ou d’un retrait passé 5 ans de détention, les gains réalisés grâce à votre PEE sont soumis aux cotisations sociales (17,2%), mais pas à l’impôt sur le revenu.

Epargne-retraite : impossible, ou presque

A l’image du Perco pour l’épargne salariale, le déblocage des produits d’épargne-retraite tels que le Perp ou le contrat Madelin s’avère extrêmement compliqué avant la retraite, sauf cas extrême (invalidité, décès, surendettement, valeur du Perp inférieure à 2 000 euros, etc.). La toute récente loi Pacte doit assouplir ce fonctionnement mais les nouveaux Plans d’épargne retraite (PER) ne sont pas encore disponibles.

A éviter : PEL, PEA…

Vous possédez un Plan d’épargne logement de moins de 2 ans ? Le débloquer vous fait perdre des intérêts, recalculés au taux du Compte épargne logement (CEL), soit 0,50% brut actuellement. Vous possédez un PEL de plus de 2 ans ? Le « casser » ne vous fait pas perdre vos intérêts accumulés, mais vous tirez un trait sur une aubaine potentielle ! Actuellement, ouvrir un PEL n'offre qu'un rendement garanti de 1% brut... Mais si vous avez ouvert votre plan avant la fin janvier 2016, votre PEL vous rapporte 2% ou 2,5% bruts ! Renoncer à un taux garanti aussi élevé serait vraiment dommageable pour votre épargne…

Quant au Plan d’épargne en actions (PEA), tout retrait avant 5 ans entraîne une imposition, à hauteur de la « flat tax » (17,2% de cotisations sociales, 12,8% d’impôt sur le revenu, soit 30% de fiscalité). De façon plus générale, pour un PEA comme pour un compte-titres, l’investissement boursier se fait à long terme et il est donc déconseillé de piocher sur ce type de produit pour un besoin ponctuel.

L’alternative crédit conso

Epargner ou emprunter ? Un dilemme qui dépasse l’aspect strictement financier : certains sont réticents à creuser leurs dettes, même si les taux de crédit sont au plus bas ! Mais l’option prêt personnel peut être étudiée quand les sommes disponibles sur les placements les plus liquides (les livrets) ne sont pas suffisantes. A comparer.

Voir par ailleurs le relevé des offres de crédit conso

Partager cet article :

© cbanque.com / BL / Juin 2019