Le gouvernement a proposé vendredi le reclassement de plus de 800 communes en « zone tendue » afin de « répondre à la crise du logement », une modification administrative qui doit notamment faciliter l'accès aux prêts à taux zéro dans le neuf.

Ce reclassement doit permettre aux communes d'avoir « accès à des dispositifs pour produire davantage de logements abordables, en location ou en accession à la propriété », ont écrit dans un communiqué commun le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et celui délégué au Logement Guillaume Kasbarian.

« Ces outils seront ouverts après une concertation avec les élus locaux » qui doit être lancée d'ici fin mai, « confirmant la tension sur le marché du logement », a poursuivi le gouvernement. La liste des communes reclassées doit être rendue publique en juin.

Potentiellement, « les 3,5 millions de Français habitant ces communes pourront bénéficier soit de dispositifs nouveaux pour accéder à un logement, soit d'améliorations de dispositifs existants », ont indiqué ces ministères.

En particulier, 1,8 million de personnes supplémentaires « pourront (...) être rendues éligibles au prêt à taux zéro pour acquérir un logement neuf », a-t-on précisé de même source.

Autre dispositif concerné : le logement locatif intermédiaire, dont les loyers sont 10 à 15% en-dessous des prix de marché grâce à des aides publiques et qui ne peut être produit qu'en zone tendue.

Le gouvernement avait déjà indiqué mercredi vouloir doubler le rythme de production de ces logements intermédiaires, en le portant à 30.000 par an d'ici 2026.

Depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron, l'exécutif pousse fortement le logement locatif intermédiaire (LLI), destiné en priorité aux classes moyennes et aux salariés du privé qui connaissent des difficultés pour se loger dans les grandes villes mais gagnent trop pour bénéficier d'un logement social.

Une première évolution du zonage en tension avait eu lieu en octobre 2023, a rappelé le gouvernement vendredi : il avait conduit au reclassement de 200 communes.