Assurance vie : le top 5 des fonds en euros les plus rémunérateurs

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Les temps sont durs pour les fonds euros. En 2018, ils ne sont plus que deux à dépasser le seuil des 3% ! Conséquence : on peut considérer désormais qu’un rendement de 2,5%, jugé « moyen » il y a peu, constitue désormais une belle performance... Tour d’horizon des cinq fonds en euros qui ont atteint ou dépassé ce seuil, pour l'année écoulée.

1 - Sécurité Pierre Euro : 3,2% en 2018

Pourquoi ça marche ? Si Sécurité Pierre Euro reste premier du classement, c’est qu’il bénéficie de « la bonne qualité des investissements immobiliers », juge Bernard Le Bras, président du directoire de Suravenir. Positionné historiquement sur le marché des bureaux, il se tourne depuis quelques années vers le monde de la santé. Avec succès : en 2018, le fonds a par exemple investi dans des Ehpad situés en Allemagne, livrant un rendement de 6%. L’avantage c’est que Sécurité Pierre Euro est positionné en direct sur l’immobilier : achats, club deals, OPCI sur mesure… De quoi limiter les frais et obtenir le maximum de performance. En parallèle, les poches de diversification fonctionnent : Bernard Le Bras assure que les produits structurés ne « diluent pas le rendement de l’immobilier ». Mieux : la poche d’obligations high yield (un peu plus risquées et à haut rendement) fonctionne. « En 2018, elle a contribué à 40% de la performance ! »

Les perspectives ? La baisse régulière du fonds traduit les aléas de l’immobilier en direct : travaux, perte de locataire… Malgré tout, cette année, il a pu renforcer ses réserves. « Le rendement est proche de la stabilité », assure Bernard Le Bras. « La baisse de 0,2 point correspond à peu près à la dotation en réserves. » Sans cela, la performance aurait pu égaler celle de 2017. Pour les prochaines années, les 80% d’immobilier offrent à Suravenir « une grande visibilité sur les rendements futurs ». Le résultat 2019 pourrait ainsi être « équivalent » à 2018 : « Parler d’une remontée est un peu prématuré. Par contre, nous visons la stabilité. » Des perspectives favorisées par une collecte maîtrisée, avec des contraintes d’investissement fortes. Sécurité Pierre Euro devrait ainsi rester numéro 1 l’an prochain. « C’est notre volonté, depuis le lancement. L’immobilier est une classe d’actif extrêmement favorable actuellement. »

  • Performances passées : 3,4% (2017), 3,6% (2016), 4% (2015)
  • Lancement : 2018
  • Assureur : Suravenir
  • Type : fonds euros immobilier
  • Contrat : Sérénipierre, distribué par Primonial
  • Contraintes : 10 000 euros d’investissement minimum, dont 35% maximum sur le fonds en euros et au moins 50% d’unités de compte (SCPI acceptées)
  • Frais sur versement : 5% maximum
  • Encours fin 2018 : 2 milliards d’euros
  • Collecte 2018 : environ 260 millions d’euros
  • Composition du fonds : 79,2% d’immobilier, 8,7% d’actions et produits structurés, 12,1% d’obligations

Focus sur le contrat Primonial Sérénipierre

2 - Garance : 3,1% en 2018

Pourquoi ça marche ? Suite à son changement de nom et son ouverture au grand public en 2017, Garance, l’ancienne MNRA (mutuelle des artisans et indépendants) a lancé le contrat Garance Epargne, offrant l’accès à son actif général ouvert depuis 2006 (qui livrait sous d’autres conditions 2,75% en 2016 et 3% en 2015). 2018 constituait donc un test sur une première année complète. Et si le résultat dépasse les 3%, c’est qu’il dispose d’un portefeuille d’obligations aux coupons importants, livrant 3,5% bruts. « Cette année encore, on a trouvé des obligations à plus de 4% », signale Xavier Couratier, directeur technique et financier. À côté, la mutuelle mise sur les OPC et actions aux dividendes généreux. Un mix ressemblant aux fonds « à coussin », et qui fonctionne : actions et OPCVM ont « gonflé » le rendement brut à 3,90%, chiffre « à peu près stable depuis 2 ans ». De quoi aboutir aux 3,10% nets, grâce à un bas niveau de frais.

Les perspectives ? En phase de croissance commerciale, Garance compte bien rester « parmi les meilleurs fonds » du classement. Les arguments pour y parvenir sont nombreux : la collecte, limitée, évite l’effet de dilution, et le fonds ne fait pas de provisions, livrant « au moins 90% du rendement brut de l’année », selon Xavier Couratier. Comme le rendement obligataire du fonds est « stable », le directeur technique imagine, sauf krach boursier important, une performance nette 2019 « entre 2,5 et 3% ». D’ailleurs, imposer des contraintes d’investissement n’est pas à l’ordre du jour, sauf si les épargnants arrivent en masse…

  • Performance passée : 3,1% (2017)
  • Lancement : ouvert au grand public courant 2017
  • Assureur : Garance, actif général géré par Indep’Am
  • Type : fonds euros classique
  • Contrat : Garance Épargne, distribué par le réseau Garance
  • Contraintes : 450 euros d’investissement minimum
  • Frais sur versement : à négocier (0 à 1,5% pour 2019)
  • Encours fin 2018 : 4,1 milliards d’euros
  • Collecte nette 2018 : 9,5 millions d’euros
  • Composition : 73% d’obligations, 17% d’actions, 6% d’OPCVM, 2% d’immobilier…

3 – Euro Allocation Long Terme : 2,9% en 2018

Pourquoi ça marche ? Si Euro Allocation Long Terme 2 (ALT2 ) a succédé fin 2016 à Euro ALT 1, les rendements restent identiques. « Derrière ces deux contrats, il y a le même fonds, avec les mêmes frais, rappelle Daniel Collignon, directeur général de Spirica. La seule différence est une garantie en capital moins forte pour ALT 2. Il n’y a donc pas de raison que leurs performances soient différentes ! » Le secret des deux contrats : une tonalité très immobilière. Près des deux tiers des encours sont investis sur une dizaine de SCPI des grands acteurs du marché : Amundi, BNP Paribas Reim, La Française AM, Primonial… Les SCPI livrant plus de 4% de performance, il est logique que ALT reste proche des 3%, en comptant les frais et les provisions. Malgré tout, Euro ALT a perdu 10 points de base et quitté le seuil psychologique des 3%. Un choix en partie assumé : selon Daniel Collignon, il aurait été « possible » de maintenir les 3%, mais l’arbitrage a privilégié les provisions pour préserver l’avenir.

Les perspectives ? Même s’il a une « grande confiance » en l’immobilier, Daniel Collignon constate une baisse progressive des taux et des rémunérations. « Le marché immobilier se tient, mais certains rendements continuent à baisser. » La rémunération des SCPI, en baisse régulière, provoque une érosion mécanique d’Euro ALT. Même s’il lui semble complexe de prédire ce qui se passera sur les marchés en 2019, en l’état actuel, le directeur de Spirica imagine « une légère baisse » d’ALT. Mais la collecte importante, dans ce contexte de marché, lui pose question : « Nous sommes une jeune société, avec une forte croissance en matière de stock. Si les taux continuent à baisser, 2020 offrira moins de garanties. Nous devons être prudents. » Car en face, les obligations peinent à rapporter plus de 1,5%.

  • Performances passées : 3% (2017), 3,04% (2016), 3,51% (2015)
  • Lancement : Euro ALT 1 en 2012, Euro ALT 2 en 2016
  • Assureur : Spirica
  • Type : fonds euros immobilier
  • Contrats : distributeurs web (BforBank Vie, Mes-Placements Liberté, Linxea Spirit...) + Netlife (réseau UAF)
  • Contraintes : l’investissement minimum dépend du courtier (à partir de 200 euros) ; 50% du versement doit être diversifié (autres fonds euros acceptés) ; pénalité de sortie de 3% les trois premières années
  • Frais sur versement : aucuns
  • Encours fin 2018 : 331 millions d’euros sur ALT 1, 244 millions d’euros sur ALT 2.
  • Collecte nette 2018 : 137 millions d’euros
  • Composition : près de 2/3 d’immobilier + private equity, infrastructures et obligations

Focus sur Euro Allocation Long Terme de Spirica

4 - Suravenir Opportunités : 2,8% en 2018

Pourquoi ça marche ? Malgré la baisse de son compartiment obligataire, Suravenir Opportunités bénéficie de l’immobilier direct, au sein des mêmes véhicules qui font le succès de Sécurité Pierre Euro. Pour obtenir un rendement 2018 stable par rapport à 2017, Suravenir a pris deux décisions : limiter le provisionnement, et faire évoluer les choix obligataires. « On va progressivement vers des obligations high yield, un peu plus risquées », livrant des rendements de 3 à 4%, signale Bernard Le Bras, président du directoire de Suravenir.

Les perspectives ? Difficile de se prononcer aussi tôt dans l’année. Malgré tout, comme en 2018, Bernard Le Bras fixerait bien « un objectif de stabilité pour 2019. Car nous ne sommes pas pessimistes sur les marchés financiers. » Le rendement ayant beaucoup baissé entre 2015 et 2017, et la collecte restant limitée, il n’exclut par une légère remontée dans les années à venir. Du 1er janvier au 31 mars, la contrainte d’accès au fonds est d’ailleurs assouplie : la part obligatoire d’unités de compte passe de 40% à 30%. L’espoir : que le marché ait enfin atteint son « point bas ».

  • Performances passées : 2,80% (2017), 3,10% (2016), 3,60% (2015)
  • Lancement : 2012
  • Assureur : Suravenir
  • Type : fonds euros dynamique
  • Contrat : distributeurs internet (Fortuneo Vie, Puissance Avenir, Linxea Avenir, Digital Vie, Mes-Placements Retraite...)
  • Contraintes : le versement minimum imposé par les distributeurs varie selon les contrats (à partir de 100 euros) ; tout investissement suppose un minimum de 40% d’unités de compte
  • Frais sur versement : aucuns
  • Encours fin 2018 : 1,4 milliard d’euros
  • Collecte 2018 : environ 200 millions d’euros
  • Composition : 64,3% d’obligations, 22,2% d’immobilier, 13,5% d’actions et produits structurés

Focus sur Suravenir Opportunités

5 - Gaipare : 2,5% en 2018

Pourquoi ça marche ? Même s’il est fortement investi en obligations, le fonds Gaipare baisse moins que la concurrence. La raison : cantonné chez l’assureur Allianz France, il bénéficie d’un héritage de très bonnes obligations, aux coupons généreux (de 3 à 5%). À côté, l’assureur mise sur des bons d’entreprises et d’Etats émergents « de confiance », au bon rapport risque-rémunération. « Nous limitons le plus possible la rotation dans la poche obligataire, pour ne pas diluer la richesse latente », souligne Édouard Jozan, responsable de la stratégie d’investissement chez Allianz France. Par ailleurs, une gestion « tactique » de la poche actions a permis de prendre des plus-values avant l’orage du second semestre 2018. « Une grande partie des gains avaient été réalisés avant l’été. »

Les perspectives ? Même si ce « taux rond » est en haut du marché, le rendement servi aurait pu être meilleur : le fonds a mis en réserve près d’un demi-point de performance ! De quoi renforcer le « coussin de sécurité » à 1,45% des avoirs, ce qui permettra de « mieux faire face aux aléas de marché », selon Jean Berthon, président de Gaipare. Pour l’avenir, les gestionnaires du fonds restent mesurés. Ils évoquent un « contexte de taux bas », qui provoquera « une érosion mécanique de la poche obligataire », et un maintien du niveau de diversification. Il faut donc s’attendre à une poursuite de la baisse. D’ailleurs, ils préviennent d'emblée : « l’objectif en soi n’est pas de rester dans le top 5, mais d’apporter la meilleure rémunération possible aux adhérents de l’association ».

  • Performances passées : 2,65% (2017), 2,90% (2016), 3,15% (2015)
  • Lancement : 2005
  • Assureur : Allianz France
  • Type : fonds multisupport avec fonds en euros classique
  • Contrats : deux contrats ouverts à la souscription (Selectissimo, Vie Génération)
  • Contraintes : 7500 euros minimum, ou 1 500 euros + 1 200 euros de versements programmés par an
  • Frais sur versement : 3,95% maximum
  • Encours fin 2018 : 3,8 milliards d’euros
  • Collecte nette 2018 : 25 millions d’euros
  • Composition : 91,5% d’obligations, 6,5% d’actions, 2% d’immobilier

Focus sur le contrat Gaipare Selectissimo

EasyVie : 2,5% pour son année de lancement

Le fonds euros du nouveau contrat web EasyVie (groupe La Poste) a livré une performance de 2,5% nets de frais de gestion en 2018. Un rendement qui permet à ce jeune contrat, lancé en mars 2018, de figurer en position avantageuse dans le palmarès des taux 2018. Mais cette rémunération n'étant pas servie pour une année complète, elle peut difficilement être comparée à celles des fonds listés ci-dessus.

Lire aussi : Le palmarès des rendements 2018 des fonds euros

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© cbanque.com / GC / Mars 2019

Commentaires

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Publié le 15 mars 2019 à 06h43 - #1jeanréforme
  • Homme

Ce qui est important, c'est de pouvoir comparer les taux rendus net/net, c'est à dire en tenant compte des frais d'entrée et de gestion qui ne sont point identiques et qui étant fixés forfaitairement (sans lien avec les résultats) peuvent diminuer ces rapports, au point de se situer en dessous de taux de l'inflation.

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Publié le 15 mars 2019 à 11h48 - #2Odyssee

Enfin une analyse détaillée des fonds proposés. Il est souhaitable que les autres assurances vie fassent l'objet d'une même expertise. Il n'est pas simple de choisir ou réorienter son contrat. Pour exemple j'ai un contrat 100% euros à la MIF et je ne vois pas l'intérêt de passer sur un fond mixte plus risqué quand les rendements sont identiques pour tous les fonds.
D'autre part vaut-il mieux abonder son unique contrat ou en ouvrir un autre (autre constitution de patrimoine) ?

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Publié le 15 mars 2019 à 16h38 - #3ALNECHBUG
  • Homme
  • 77
  • 65 ans

C'est un article prêtant à équivoque !
On appelle en théorie les " fonds en euros " des placements en euros,
Autrement cela s'appelle des fonds multi supports
Ce sont des placements qui, à part pour un contrat , comportent de l'euro et surtout beaucoup d'unités de compte , donc du multi support !

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