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Plusieurs dispositifs, qui peuvent se combiner, forment la panoplie de l’épargne salariale. Ils peuvent se diviser en deux catégories, ceux qui instaurent un système de primes : la participation et l’intéressement ; ceux qui permettent de se constituer une épargne : le Plan épargne entreprise (PEE) et le Plan épargne pour la retraite collectif (PERCO). Description du fonctionnement des principaux outils de l’épargne salariale.
L’entreprise reverse à ses salariés, sous forme de prime annuelle, une partie des bénéfices réalisés. Obligatoire dans les entreprises employant plus de 50 salariés, la participation reste facultative pour les autres. La somme qui sera à répartir entre les salariés est négociée entre les dirigeants et les organisations syndicales dans un accord propre à l’entreprise. Elle sera affectée dans la réserve spéciale de participation (RSP), déterminée à la clôture de l’exercice. Cette réserve est ensuite répartie, soit uniformément entre tous les salariés, soit en fonction du temps de présence dans l’entreprise, soit en fonction des salaires, soit en combinant plusieurs de ces critères. La participation est cependant limitée à 25.965 euros par salarié (les ¾ du plafond annuel de la sécurité sociale en 2009).
Comme pour la participation, l’entreprise reverse de manière collective à ses employés des primes annuelles. Le montant des primes et leur répartition sont également décidés dans un accord interne à l’entreprise. A la différence de la participation, l’intéressement est complètement facultatif. Son calcul est lié aux résultats de l’entreprise, il est d’ailleurs souvent associé à un objectif de performance de la société, et utilisé par les managers comme un moyen de motiver ses salariés.
Egalement facultatif, le PEE est la formule de base des plans d’épargne institués via l’entreprise. D’une valeur minimum de 160 euros, il s’agit d’un plan d’épargne, qui permet au salarié de se constituer un portefeuille de valeurs mobilières, et, sur lequel il peut verser les sommes qu’il reçoit de la participation ou de l’intéressement, mais aussi effectuer des versements personnels (qui ne peuvent être supérieurs sur l’année au quart de sa rémunération annuelle). L’entreprise abonde ensuite ces versements, de manière proportionnelle. Cet abondement est limité à 300% des versements du salarié et il ne peut dépasser 2.769,60 euros annuels (8% du plafond annuel de la Sécurité sociale).
Le PEI est une variante du PEE, instituée pour faciliter la mise en place d’un plan d’épargne salariale dans les petites ou moyennes entreprises. Grâce au PEI, plusieurs entreprises peuvent créer un plan d’épargne commun à proposer à leurs salariés respectifs. Le PEI fonctionne comme le PEE, l’accord établissant les modalités étant négocié par l’ensemble des entreprises.
Le PERCO est également une déclinaison du PEE. Comme celui-ci, il permet au salarié de se constituer une épargne par un portefeuille de valeurs mobilières (comportant au moins trois fonds de placement différents), mais à la différence du PEE, le PERCO sera uniquement destiné à apporter un complément financier au salarié pendant sa retraite, sous forme de rente viagère ou sous forme de capital. Le PERCO peut être alimenté par l’intéressement, la participation, les versements personnels (limités à 25% de la rémunération annuelle du salarié) ou un abondement de l'entreprise (limité à 16% du PASS).
Oui, à partir du moment où leur entreprise met en place un tel outil. Cependant, il existe des conditions liées au temps de présence dans l’entreprise.¹
Certains plans d’épargne salariale, une fois souscrits, peuvent être conservés par le salarié sous certaines conditions, même s’il quitte l’entreprise suite à une fin de contrat. Ainsi, le salarié peut garder son PEE, même s'il part en retraite ou en pré-retraite, à condition qu’il ait préalablement effectué des versements personnels. Il peut aussi le conserver s’il quitte l’entreprise suite à une rupture ou une fin de contrat, mais il ne pourra plus y effectuer de versements. Quelque soit la cause de départ du salarié, l’entreprise n’abondera plus ce capital.
Un ancien salarié peut conserver son PERCO, sauf s’il a accès à ce type de plan dans sa nouvelle entreprise. Comme pour le PEE, il ne bénéficiera cependant plus de l’abondement de l’ancienne entreprise et les frais de gestion seront à sa charge exclusive.
L’épargne salariale bénéficie d’une fiscalité particulière. Globalement, quand les sommes sont bloquées en respectant les conditions d'indisponibilité (voir plus bas), elles bénéficient d'une exonération d'impôt sur le revenu, mais, elles restent soumises aux cotisations sociales (CSG, CRDS...).
La disponibilité de l’épargne salariale diffère selon les dispositifs :
Cependant, cette épargne peut faire l’objet d’un déblocage anticipé² dans certaines situations prévues par la loi.
Le PEE peut notamment être débloqué en cas de mariage, divorce, décès, naissance, achat de la résidence principale, surendettement du salarié ou cessation de son contrat de travail. Ce dernier cas de figure est d’ailleurs, selon les chiffres de l’AFG de 2009, la raison principale motivant un déblocage anticipé (527.000 salariés épargnants concernés en 2009, avec un montant débloqué de 2.500 euros en moyenne).
Le PERCO peut également être débloqué, mais seulement dans des situations graves, par exemple en cas de décès du salarié ou de son conjoint, pour une remise en état de la résidence principale ou encore en cas de surendettement.
Pour la participation et l’intéressement, la loi de 2008 portant sur les revenus du travail offre la possibilité au salarié, sur sa demande, de toucher directement sous 15 jours, la totalité ou une partie de ces sommes, qui deviennent alors imposables.
Oui, car depuis l’adoption de la loi Fabius en février 2001, les entreprises qui proposent à leurs salariés un PERCO doivent intégrer dans leur offre (trois fonds minimum) un fonds FCPE, c'est-à-dire un fonds dont 5 à 10% des capitaux sont investis dans des entreprises agréées solidaires et 90% dans des entreprises réputées « socialement responsables ».
La souscription à ce type de fonds est également possible dans le cadre d’un PEE ou d’un PEI. Les entreprises agréées solidaires doivent répondre à des critères très précis, établis dans la loi, comme par exemple l’interdiction d’être cotées en bourse ou l’obligation d’employer au moins un tiers de salariés en insertion professionnelle ou travailleurs handicapés. Cette intronisation de la dimension solidaire dans l’épargne salariale a remporté un succès rapide auprès des salariés. Entre 2002 et 2006, ce type d’épargne salariale a progressé de 47%, contre 19% pour l’ensemble de l’épargne salariale.
¹ conditions d’ancienneté : article D3342-1 du Code du travail
² cas de déblocages anticipés du PEE : article R3324-23 du code du travail ; pour le PERCO : article L3334-14 du code du travail.
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