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Assurance-vie : le superviseur français rappelle « le devoir de conseil du vendeur »

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Bernard Delas
Bernard Delas / DR Valérie CORNET – ACPR

L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, le superviseur français des assurances, a rappelé vendredi les assureurs à leurs obligations de conseil dans la vente d'assurances-vie en unités de compte, en pleine progression ces derniers mois.

L'essor des produits en unités de compte a pris « une telle ampleur qu'il est nécessaire de faire preuve de la plus extrême vigilance », a mis en garde lors d'une conférence Bernard Delas, le vice-président de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). La grande majorité des assureurs tentent en effet ces derniers mois de gonfler les placements en unités de compte (UC), qui ne donnent aucune garantie à l'épargnant de conserver l'argent investi, mais lui promettent des rendements potentiellement supérieurs grâce à une prise de risque accrue.

Car en période de taux très bas, les traditionnels fonds dits « euros », qui restent dominants et garantissent le capital investi, rapportent de moins en moins d'année en année, forçant les compagnies à mettre de côté d'importantes réserves imposées par la réglementation.

« Vérifier que le client a compris la portée des informations fournies »

Dans ce contexte, la réorientation opérée par les compagnies d'assurance « est parfaitement justifiée » : « Elle peut aussi se comprendre lorsqu'il s'agit de satisfaire la demande explicite de clients qui sont prêts à accepter plus de risques avec l'espoir d'un rendement supérieur à celui proposé par les produits euros », a affirmé Bernard Delas. Cela étant, « passer d'un produit euro à un produit en UC n'est pas anodin » : « Cela s'analyse comme un transfert de risque de l'assureur vers l'assuré. Il est donc essentiel que le client en soit informé et qu'il soit parfaitement conscient de l'absence de garantie sur le capital qu'il a investi. »

« La seule parade absolue contre le risque de mauvaise vente, c'est le devoir de conseil du vendeur. Il doit écouter les attentes de son client, lui proposer un produit adapté à son besoin et vérifier qu'il a compris la portée des informations fournies. » Si la bonne tenue des marchés financiers a récemment contribué au succès des offres en unités de compte, « c'est précisément quand tous les indicateurs sont orientés à la hausse qu'il faut froidement analyser les risques pris », a mis en garde Bernard Delas.

Au cours des neuf premiers mois de 2018, le montant des cotisations collectées par les compagnies d'assurance vie a représenté 104,7 milliards d'euros, contre 99,6 milliards d'euros sur la même période l'an dernier. Les versements sur les contrats en unités de compte ont représenté 29% des cotisations sur cette période, contre 28% un an plus tôt.

Lire aussi : Assurance-vie en unités de compte : faut-il faire confiance à son banquier ?

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Par la rédaction avec AFP

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Commentaires

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Publié le 24 novembre 2018 à 22h00 - #1Conseiller La Banque Postale
  • Homme

Et dans la vie réelle, la hiérarchie tape chaque jour sur les conseillers pour connaître la part et le montant d'UC effectué dans la journée. Pour être moi-même un conseiller financier en Banque, tu fais un placement de 100 ke mais si c'est du 100% fonds Euros, tu te prends un missile de la part de ton chef, surtout si le client à moins de 80 ans.
Les clients signent les documents relatifs au devoir de conseil, sans vraiment rien y comprendre pour la plupart. Mon collègue Conseiller en Patrimoine est 1er dans le classement régional en terme de montant collecté depuis septembre, mais avant dernier en terme d'UC : il se fait pourrir chaque semaine par le directeur et ils l'ont même envoyé 2 jours en formation à Paris pour "une remise à niveau" de ses compétences... Je me répète mais il est 1er au Régional en terme de volume.
Il faut voir les messages assassins des clients qui ont investis à 5500 points il y a quelques mois et qui voient leur investissement baisser. Les hiérarchiques n'ont pas les clients en face, et n'ont les yeux rivés que sur les compteurs et sabrent les conseillers.
Triste réalité ...

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