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PSA Banque : « Le taux de base de Distingo nous a aidés à fidéliser nos clients »

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Christophe Bayle, PSA Banque
C. Bayle - DR

Pour son année de lancement, le livret Distingo de PSA Banque a réalisé un résultat largement supérieur aux objectifs fixés. Christophe Bayle, nouveau responsable de l’activité épargne de Banque PSA Finance, tire un premier bilan et livre quelques précisions sur les projets de la banque du groupe Peugeot-Citroën pour 2014.

Etes-vous satisfaits des résultats 2013 de Distingo pour son année de lancement ?

« Sur 10 mois, l’objectif initial de 400 millions d’euros de dépôts a été largement dépassé puisque nous avons fini l’année à 955 millions d’euros d’encours, pour 25.141 livrets Distingo. C’est très positif. Nous sommes d’autant plus satisfaits que nous n’avons pas réalisé de campagne promotionnelle au dernier trimestre 2013. »

Fin 2013, sans taux promotionnel, avez-vous autant attiré qu’auparavant ?

« Non, il y a eu comme nous nous y attendions une décollecte. Nous étions montés bien au-delà de 950 millions d’encours avant ce dernier trimestre. Nous avons perdu quelques clients, qui recherchaient des taux promotionnels (1). Mais nous avons réussi à fidéliser l’essentiel de la clientèle. »

Quelle est la proportion d’épargnants uniquement à l'affût des promotions parmi vos clients ?

« C’est difficile à chiffrer précisément mais nous disposons de quelques études marketing nous montrant qu’a priori, par rapport à la concurrence, cette proportion est moindre chez PSA Banque. Certains acteurs parlent de 25%, d’autres de 50%. Nous nous situons entre les deux mais plutôt dans la fourchette basse. »

Allez-vous revoir vos objectifs (2) à la hausse suite à ces résultats 2013 ?

« Nous n’avons pas créé une activité épargne pour conquérir un maximum de clients mais pour diversifier nos sources de financement. Cela répond à un besoin : financer l’activité de crédit que nous proposons aux marques Peugeot et Citroën ainsi qu’à nos concessionnaires et à leurs clients. »

En 2013, Distingo a affiché un taux promotionnel à plusieurs reprises sauf au dernier trimestre. En 2014, doit-on s’attendre au même schéma ?

« Nous adaptons notre offre à nos besoins. Nous affichons actuellement un taux promo de 5%, pour marquer le territoire en début d’année. Nous verrons ensuite en cours d’année en fonction des besoins de financement au sein du groupe. »

Votre taux de base, 2,20%, est actuellement le plus haut du marché. Risquez-vous de l’abaisser ?

« Nous n’excluons aucune hypothèse, cependant, nous n’agissons pas par rapport au taux du Livret A mais par rapport à ceux de nos concurrents. Or une grande partie d’entre eux ont baissé leur taux de base dernièrement, de 0,1 ou 0,2 point tous les 3-4 mois. Il est possible que nous suivions la tendance. Cependant, le fait d’avoir un taux de base plus haut que la moyenne nous a probablement aidés à fidéliser nos clients, même sans taux promo à la fin de l’année 2013. »

Le fait de proposer un taux de base supérieur à la concurrence a donc un intérêt…

« Pour l’instant, cela nous a bien servis. Je ne dis pas que nous allons reconduire cette stratégie à l’identique en 2014. Mais s’il y a un changement, nous préviendrons nos clients 15 jours ou un mois à l’avance. »

Vous allez lancer un compte à terme en 2014. Pourtant, votre concurrent RCI Banque n'a enregistré que 335 ouvertures pour son compte Pepito en 2013…

« Nous cherchons à élargir notre palette de produits. Certains clients cherchent à placer de l’argent à moyen terme, sur 2 à 5 années, sans entrer dans une logique à plus long terme comme avec l’assurance-vie. Nous nous sommes fixés des objectifs plus particulièrement ambitieux pour l’Allemagne qui dispose d’un réel potentiel. Le taux de rémunération ? Nous devrions nous aligner sur les standards du marché. »

Mais pourquoi lancer un produit en sachant qu’il n’attirera pas les foules ?

« Une fois que vous avez développé le module informatique, vous pouvez le réutiliser [rires]. »

Un compte à terme, un développement en Allemagne… comme RCI Banque, filiale de Renault, en 2013. Son directeur commercial Philippe Buros a parlé de « copier-coller ». Votre réponse ?

« J’ai aussi vu leur publicité, avec le slogan « Aucune copie ne vaut l’original ». Il n’y a pas de polémique : le groupe Renault n’a pas été le premier à lancer une activité épargne mais il l’a lancée avant nous. »

Au rayon publicitaire, vous développez le concept d’économie réelle. Cette communication permet-elle de soigner l’image des marques Peugeot et Citroën, avec l’idée de soutien à l’industrie française ?

« Nous recherchons en effet à nous démarquer de l’aspect spéculatif des placements financiers. C’est bien pour cela que nous avons misé sur ce concept d’économie réelle : l’argent épargné a de la valeur, il permet de soutenir les clients des deux marques (NDLR : en leur proposant un crédit), et donc l’économie locale et nationale. »

(1) Pour bénéficier des différents taux promotionnels de Distingo, en 2013, il fallait conserver le livret jusqu’au 31 décembre. Cela n’empêche pas le phénomène de décollecte : un particulier ayant ouvert un livret dans l’unique but de bénéficier d’un taux promotionnel courant 2013 a ensuite pu retirer la majeure partie de son épargne de PSA Banque, conservant un faible encours sur Distingo jusqu’à la fin de l’année.

(2) PSA Banque vise un encours d’épargne représentant 15 et 20% de l’encours de crédits de la filiale financière du groupe Peaugeot-Citroën, Banque PSA Finance, en 2015. Ce qui revient, pour l’épargne, en se basant sur les résultats 2013 de PSA Banque, au triple ou au quadruple de l’encours de 955 millions d’euros communiqué en ce début 2014.

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© cbanque.com / Propos recueillis par BL / Février 2014