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Argent de poche : combien et comment donner ?

Une mère donnant de l'argent de poche à son fils
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Pour la grande majorité des Français, donner de l’argent de poche à ses enfants est un passage obligé pour les responsabiliser. Reste toutefois à faire les bons choix. A partir de quand donner ? Combien ? Et sous quelle forme ?

Apprendre à compter, à faire des choix, à économiser : les vertus de l’argent de poche pour les enfants et les adolescents font quasiment l’unanimité en France. Selon des chiffres de l’Insee - certes un peu anciens (1) mais les usages en la matière évoluent peu - près de 3 enfants scolarisés sur 4 âgés de 6 ans et plus en reçoivent, sous des formes qui peuvent varier, du petit billet glissé dans la main à l’occasion d’un bon bulletin à la somme fixe confiée de manière mensuelle ou hebdomadaire.

Quand donner ?

L’entrée au collège : c’est généralement le moment-clé pour commencer à donner de l’argent de poche à ces enfants, de manière régulière ou ponctuelle. L’étude de l’Insee déjà citée montre qu’un premier basculement intervient en effet entre les âges de 10 ans - où seulement 1 enfant sur 2 en reçoit - et 12 ans, où ils sont déjà les trois quarts. La proportion d’enfants concernés continue ensuite à augmenter jusqu’à 17 ans, où elle atteint son apogée, autour de 85%.

Voilà pour les statistiques. Mais il n’y évidemment pas de règles strictes en la matière. Selon le degré de maturité de l’enfant, selon les usages spécifiques à chaque famille, certains pourront choisir de l’équiper d’une tirelire et de commencer à lui confier de petites sommes, à intervalles réguliers ou non, dès ses premières années d’école élémentaire (soit à partir du CP), au moment où il maitrise les bases du calcul et de la lecture, et est donc capable de se repérer sur le prix des choses.

L’argent de poche, une « zone de responsabilité »

Même si votre enfant commence très jeune à recevoir de l’argent de poche, il est très important de lui laisser la liberté de choisir l’usage qu’il en fera. Comme l’expliquait à cBanque la coach en intelligence financière Nathalie Cariou en janvier 2015, l’argent de poche n’est pas seulement l’occasion d’apprendre à économiser, mais doit aussi constituer une « zone de responsabilité » pour les enfants, où se tromper - par exemple en achetant un jouet idiot - est également formateur.

Lire à ce propos : Argent : comment en parler à ses enfants ?

Combien donner ?

47 euros : c’est le montant donné chaque mois en argent de poche par les ménages français, selon un sondage OpinionWay publié en septembre 2017 par la banque en ligne Fortuneo. Selon une autre étude, publiée elle par ING Direct (2), les parents français sont parmi les plus généreux en Europe, derrière les Italiens.

Evidemment, ces chiffres moyens recouvrent des réalités contrastées selon le profil socio-économique des ménages et l’âge des enfants. Toujours selon ING Direct, un enfant français reçoit 2 euros par semaine avant 5 ans, 5 euros entre 5 et 10 ans, 10 euros entre 10 et 15 ans et 20 euros après 15 ans. Soit un doublement du montant tous les 5 ans environ.

Comment donner ?

En matière d’éducation financière, le passage par la tirelire et le cash reste indispensable pour appréhender l’argent dans sa dimension matérielle. Une autre étape importante, notamment pour se former aux questions d’épargne et de prévoyance, est celle des comptes sur livret. En la matière, la France est bien équipée, grâce au Livret A, dès la naissance de l’enfant, et le Livret Jeune, à partir de 12 ans.

Mais à l’heure du numérique, les usages en matière d’argent évoluent rapidement, et il est conseillé, à mesure que les enfants grandissent, et notamment lorsqu’ils deviennent ados, de les familiariser avec la gestion d’un vrai compte bancaire et l’usage de moyens de paiement autres que le liquide. Les Français en sont d’ailleurs conscients : la moitié des sondés de l’étude Fortuneo savent ainsi qu’ils seront amenés à verser l’argent de poche de leurs enfants sous forme numérique, et ils sont même un tiers à considérer que leurs rejetons connaîtront la disparition des paiements en espèces.

Les banques numériques s’y mettent

L’industrie bancaire a bien compris qu’il y avait là une opportunité commerciale. D’assez longue date, les enseignes de détail proposent aux jeunes, dès 12 ans, des cartes bancaires rechargeables - donc non reliées à un compte courant dont la détention n’est autorisée qu’à partir de 16 ans. Des « vraies » cartes permettant non seulement de faire des retraits de cash, mais aussi de régler des achats en points de vente (lire à ce sujet : L’argent de poche des plus jeunes devient électronique).

Les « néobanques » apparues ces dernières années leur ont emboîté le pas. La plus connue d’entre elles en France, le Compte Nickel, a décliné dès septembre 2015 son produit pour les 12-18 ans. De son côté, le compte Anytime vise clairement les familles avec sa nouvelle offre, qui intègre par défaut 3 moyens de paiement, dont 2 cartes de paiement.

Le leader de la banque en ligne s’y est également mis. Boursorama Banque a lancé en décembre dernier Kador, un compte de paiement avec carte et appli mobile, destiné aux enfants de ses clients entre 12 et 17 ans. Un service qui donne aux parents le contrôle à distance sur le compte de leur enfant - y compris le pouvoir de le bloquer - leur permet de modifier les plafonds de paiement ou de faire des versements instantanés. Cerise sur le gâteau, la carte Kador est compatible avec Apple Pay, autorisant ainsi le paiement sans contact sur iPhone. Le rêve pour les ados, peut-être un peu moins pour les parents !

L’ABC Banque de la Société Générale met la clé sous la porte

Lancé par la Société Générale et Playbac - éditeur, notamment, du Petit Quotidien - le site web ABC Banque permettait notamment aux plus jeunes d’apprendre à gérer leur argent de poche grâce à un « mini-compte » avec mot de passe. Las, le site a été fermé le 1er avril dernier. Son équipe annonce toutefois, avec un email, « de belles surprises à découvrir dans les prochains mois ».

(1) « L’argent de poche versé aux jeunes : l'apprentissage de l'autonomie financière » publié dans le n°343 de la revue « Economie et Statistique », en septembre 2001. (2) Etude européenne menée par Ipsos pour ING Direct, publié en septembre 2014.

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© cbanque.com / VM / Avril 2018