#fintech : Les Entreprêteurs vont élargir leur palette d'investissements

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Jean-Philippe Gontier et Marc-Antoine Van Heems
Jean-Philippe Gontier et Marc-Antoine Van Heems - DR Les Entreprêteurs

Les Entreprêteurs ont pris leur temps. Si Unilend s’est lancée dès 2013, Lendopolis fin 2014 ou Lendix début 2015, cette plateforme de crowdlending a débarqué sur le marché courant 2016. En 2018, elle va s'ouvrir à d'autres formes d'investissements pour les prêteurs particuliers. Entretien avec l’un des deux cofondateurs, Jean-Philippe Gontier.

Pourriez-vous rappeler la genèse de votre plateforme ?

Jean-Philippe Gontier : « Nous nous sommes lancés sur le marché du crowdlending environ 18 mois après la plupart des autres plateformes en partant d’un constant simple : beaucoup d’acteurs se limitaient à la simple intermédiation financière sans valoriser le potentiel de visibilité que pouvait offrir une campagne 100% en ligne. Nous avons développé ce positionnement avec mon associé, Marc-Antoine Van Heems, fort de 15 ans d’expériences en agence digitale. Notre objectif est de participer à la croissance de nos porteurs de projets tout en améliorant leur visibilité en ligne et en y inscrivant un impact business. Nous finançons des entreprises en limitant par la même occasion notre risque de défaut. En 2 ans, nous avons constaté que ce positionnement innovant permettait aux TPE et PME ainsi soutenues d’afficher une belle croissance. »

Aujourd’hui, vous disposez d’un agrément IFP (1) et donc vous ne proposez que des investissements en contrats de prêt…

« Proposer en priorité des contrats de prêts mais aussi des minibons, des obligations et des actions »

J-P.G. : « Oui, mais notre dossier de CIP (2) est en cours d’instruction à l’AMF. Lorsque nous disposerons des statuts IFP et CIP, nous prévoyons de proposer en priorité des contrats de prêts mais aussi des minibons, des obligations et des actions. Nous n’avons pas vocation à devenir un site de crowdequity [investissement en fonds propres, NDLR] : il s’agit de proposer un complément de financement pour les sociétés emprunteuses. »

Plusieurs dizaines de plateformes se sont lancées dès 2014-2015. Et peu depuis. Ce marché s’est-il développé trop vite ?

J-P.G. : « Vu qu’un certain nombre de plateformes disparaissent, c’est probablement le cas. Aujourd’hui, le nombre d’investisseurs actifs en financement participatif reste probablement assez limité, autour de 80 ou 100 000 personnes. Mais le marché peut encore se développer, notamment parce que le rôle des plateformes de crowdlending n’est pas forcément bien compris. Beaucoup de chefs d’entreprise ne nous connaissent pas, ou ils voient en premier lieu les taux d’intérêt élevés que l’on affiche. Or nous sommes capables de leur prêter rapidement, ce qui correspond bien à un besoin rapide d’argent pour un projet particulier. En cela, nos taux devraient plutôt être comparés avec ceux du leasing, en y ajoutant les frais de dossier. »

Pourquoi avoir choisi de publier des indicateurs de performance communs, avec plusieurs autres plateformes ?

J-P.G. : « Suite à un article paru dans Que Choisir qui dénonçait les mauvaises pratiques de certaines plateformes, la profession a cherché à uniformiser la publication de ses indicateurs de performance. Il est donc important de montrer les rendements potentiels au regard du risque encouru [le taux de rendement interne net moyen est de 7,02% à ce jour sur Les Entreprêteurs, NDLR]. »

Vous affichez un taux de défaut de 0%. Mais les défaillances n’interviennent que sur le moyen terme…

« Nous ne serons pas un Lendix bis »

J-P.G. : « Oui, je préfère faire preuve d’humilité sur ce point. Cependant, au bout de 2 ans d’existence, beaucoup de plateformes affichaient déjà des défauts de paiement. »

Comment avez-vous perçu la volonté d’harmonisation des régulateurs sur les taux de défaillance ?

J-P.G. : « Nous l’avons accueilli favorablement, d’autant plus que les plateformes de crowdlending affichaient déjà des indicateurs de défaillance prévu par l’ordonnance donnant naissance à notre secteur d’activité en 2014. C’est surtout une extension de ces normes aux autres types de plateformes (CIP). »

Quels sont vos objectifs de développement ? S’approcher des leaders du marché ?

J-P.G. : « Nous ne serons pas un Lendix bis. Il n’y en aura probablement pas d’autres ou alors sous une forme différente. Quoi qu’il en soit, pour y arriver il faudra avoir beaucoup d’audace et aussi beaucoup de moyens. Mais, même s’il existe un débat autour de Lendix – financement participatif ou non – l’existence d’une telle plateforme nous rend service, indirectement, pour donner des gages à d’éventuels investisseurs, pour montrer que le crowdlending est un marché viable. Quand nous aurons obtenu le statut CIP, nous allons donc élargir notre offre de produits à destination des prêteurs et emprunteurs. Ensuite, nous sommes plus dans une logique de co-développement, par exemple en travaillant en partenariat avec des acteurs de la finance traditionnelle. »

Plus d'infos sur Les Entreprêteurs

Fiche d'identité : Les Entreprêteurs
ActivitéFinancement participatif par le prêt rémunéré aux TPE/PME
Site webwww.lesentrepreteurs.com
Date de création17 octobre 2014
Date de lancementAvril 2016
Clientèle viséeParticuliers, personnes morales, institutionnels
Marché viséFinancement des TPE/PME jusqu’à 500 000 €
AgrémentIFP (CIP en cours)
Capital150 000 €
Chiffre d'affaires100 000 € (2017)
Nombre de clients2 400 prêteurs et 75 emprunteurs
Effectif actuel9 personnes à temps plein

(1) Intermédiaire en investissement participatif

(2) Conseiller en investissements participatifs

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© cbanque.com / Propos recueillis par BL / Mars 2018