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Epargne : comment diversifier son patrimoine ?

Une calculatrice sur un relevé et des billets
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S'il y a une expression que les investisseurs connaissent sur le bout des doigts, c'est bien « il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». Mais l'appliquent-ils vraiment ? Claire Castanet, directrice des relations épargnants à l'Autorité des marchés financiers, nous rappelle les règles de bons sens en matière de diversification.

Claire Castanet, AMF

Claire Castanet est directrice des relations épargnants à l'Autorité des marchés financiers (AMF)

Que signifie diversifier son épargne ?

Claire Castanet : « Diversifier son patrimoine, c’est d’abord adapter ses placements à ses projets et ses espérances de performance. La volatilité des marchés financiers fait que les épargnants évoluent dans un environnement incertain, dont ils doivent avoir conscience. En parallèle, ils doivent également identifier leurs besoins à court, moyen et long terme. Car, à chacun de ces horizons temporels correspondent des classes d’actifs différentes, en termes de risque et de maturité. De fait, définir une échéance permet de sélectionner le type d’actifs qui permettra justement de récupérer son épargne au moment adéquat. »

Qu’entendez-vous par classes d’actifs ?

C.C. : « Une classe d’actifs se caractérise par des degrés de liquidité et de risque spécifiques. Concrètement, nous distinguons quatre classes d’actifs : l’épargne totalement liquide et garantie comme celle présente sur les comptes courants, le marché monétaire [certificat de dépôts, bon du Trésor, livret réglementé ndlr], le marché obligataire et, le plus risqué, le marché actions. Ensuite, l’épargnant a à sa disposition différentes voies pour investir sur ces classes. Soit il y investit en direct. C’est le cas lorsque par exemple il achète des titres vifs [des actions détenues en dehors d'un fonds, ndlr]. Soit il procède de manière indirecte en achetant des parts de fonds, ou encore des unités de compte logées dans une assurance vie. »

Diversifier son portefeuille ne signifie donc pas uniquement investir dans des sociétés différentes en termes de secteur d’activité et de périmètre géographique. La diversification s’opère également par le choix même des supports d’investissement.

La diversification est multidimensionnelle : géographique, sectorielle mais aussi dans le choix de ses supports d'épargne.

C.C. : « En effet. Si demain l’épargnant souhaite se constituer un matelas de sécurité pour faire face à une perte de revenus ou s’il destine son épargne à la préparation de sa retraite, il ne va pas choisir la même classe d’actifs. Plus son horizon de placement est long, plus l’investisseur peut intégrer à son portefeuille des produits qui évitent l’érosion de son patrimoine et qui sont corrélés avec la croissance économique, comme le marché actions. A l’inverse, s’il surdimensionne son épargne de précaution, il est alors certain que son patrimoine va progressivement se dévaluer [à mesure que le niveau des prix va croître, ndlr]. Bien sûr, au sein d’une classe d’actifs, il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. L’épargnant ne doit pas être investi sur une seule entreprise, ni même sur un seul secteur d’activité. La diversification s’entend aussi du point de vue géographique. Il est par exemple préférable qu’un portefeuille boursier intègre des titres d’entreprises nationales, internationales mais aussi dont le périmètre d’actions est plus local. »

Un investisseur détenant par exemple un compte-titres et une assurance vie doit-il veiller à ce que chacun de ces supports soit diversifié ? Ou bien la diversification peut s’opérer à l’échelle globale de son patrimoine ?

C.C. : « Il est primordial de ne pas s’arrêter aux enveloppes. Celles-ci vous apportent des avantages fiscaux ou des facilités quant à la transmission de son capital, mais aussi des frais. Il faut raisonner en transparence. C’est-à-dire identifier les secteurs, les zones géographiques, ainsi que les classes d’actifs auxquels l’épargnant est exposé, et ce, à l’échelle globale de son patrimoine. Cela lui permet de vérifier la cohérence de ses choix et vérifier que le risque qu’il supporte réellement correspond au risque qu’il est prêt à supporter. »

En suivant cette logique, un jeune couple qui accède à la propriété doit donc limiter la pierre-papier (fonds euros immobilier, SCPI…) ?

« Si l'épargnant surdimensionne son épargne de précaution, il est alors certain que son patrimoine va se dévaluer ».

C.C. : « Vous mettez le doigt sur la notion de concentration de l’épargne. Si votre épargne est déjà très axée sur l’immobilier, en rajoutant de la pierre-papier par exemple, vous vous exposez par définition davantage au risque de retournement du marché immobilier. »

Est-ce qu’il existe des indicateurs facilement utilisables par les particuliers qui permettent de mesurer la concentration de leur placement ?

C.C. : « Plus que des indicateurs, il faut avoir à l’esprit que la concentration est très liée à la surface financière des épargnants. Si vous avez un budget très contraint, vous n’êtes pas forcément en capacité d’épargner. En revanche, si vous avez une surface financière plus importante, vous pouvez appliquer pleinement les principes de diversification. »

Vous touchez à un point important qui est la capacité ou non des épargnants à diversifier leur portefeuille. Quand un particulier débute sur des placements plus risqués et qu’il ne peut y allouer qu’une petite somme, comment doit-il procéder ?

Pour diversifier son portefeuille, « l’épargnant peut opter pour l’investissement indirect ».

C.C. : « L’investissement progressif correspond bien au cas de figure que vous évoquez. Le patrimoine se construit progressivement en mettant régulièrement de l’argent de côté, même s’il ne s’agit que de petites sommes. Cela permet de lisser le risque puisque vous n’augmentez que progressivement votre exposition. Ainsi, vous lissez également l’impact de la conjoncture sur votre portefeuille. Par ailleurs, pour faciliter sa diversification, l’épargnant peut opter pour l’investissement indirect en souscrivant à des parts de fonds, eux-mêmes déjà diversifiés et dont le prix reste accessible. »

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© cbanque.com / MEF / Janvier 2019