Découvert bancaire : une augmentation de 33 euros en 2017

Trois hommes devant des billets
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Les Français, dont la situation financière se tend en 2017, ont de plus en plus recours au découvert en compte pour boucler leurs fins de mois. Il leur manque en moyenne 484 euros par mois pour être à l’aise.

Le phénomène avait déjà été repéré par la Banque de France il y a quelques mois : les Français ont de plus en plus tendance à recourir au découvert bancaire. Un phénomène qui tient à l’évolution des habitudes de consommation, mais aussi à un moindre usage du crédit renouvelable pour financer les dépenses courantes de fin de mois.

L’édition 2017 du baromètre Cofidis « Les Français et le pouvoir d’achat » (1) le confirme : actuellement, selon les chiffres annoncés par les sondés, le montant moyen d’un découvert bancaire est de 394 euros, contre 361 euros l’an passé. Soit une nette augmentation de 33 euros. « Il est intéressant de noter que les Français continuent de considérer le découvert comme un moyen simple de boucler leur fin de mois », analyse Céline François, directrice marketing de Cofidis, dans un communiqué. « Cependant, il est soumis à des intérêts (agios), dont on occulte souvent l’existence. »

Près d’un Français sur deux déclare vivre mal

Le découvert, toutefois, ne touche pas tout le monde. Toutes catégories socio-professionnelles confondues, un petit tiers des Français (30%) est au moins une fois à découvert par trimestre, 44% au moins une fois par an. Sans surprise, le risque d’un découvert annuel est nettement plus élevé pour les petits revenus (61%) et les CSP- (54%) que pour les hauts revenus (33%).

Autre signe que la situation financière des Français, au moins des plus modestes, se tend : ils estiment à 484 euros en moyenne la somme qui leur manque chaque mois pour vivre confortablement. Là encore, c’est nettement plus que l’an passé : +20 euros. Résultat : 26% des sondés s’estiment en difficulté financière, et 45% déclarent vivre mal.

Les loisirs, premières victimes des arbitrages budgétaires

Lorsqu’ils doivent se serrer la ceinture, c’est sans surprise dans le budget loisirs que les Français coupent en premier (46%), puis dans l’habillement (46%) et l’équipement de la maison (31%). S’ils venaient à disposer d’un revenu supplémentaire, ils l’utiliseraient également en premier lieu pour les loisirs (51%), puis pour équiper leur maison (36%).

Un effet Macron ?

Doit-on y voir un « effet Macron », le chef de l’Etat ayant fait du sujet un axe de communication ? A court terme en tout cas, le baromètre détecte un « sentiment d’amélioration du pouvoir d’achat ». 51% des Français estiment ainsi que leur pouvoir d’achat est resté stable ou s’est amélioré au cours de l’année écoulée, contre 48% l’inverse (-5 points sur un an). Ils sont également 51% également à être plutôt optimistes pour l’année à venir.

L’effet de l’élection du président de la République sur l’état d’esprit des Français doit toutefois être relativisé. Ils sont en effet plus pessimistes à moyen terme : un Français sur 4 seulement (26% précisément) parie sur une amélioration de son pouvoir d’achat au cours des cinq prochaines années. Et les sondés estiment majoritairement (55%) que le nouveau quinquennat ne sera pas particulièrement favorable à la réalisation de leurs projets.

(1) Etude réalisée par CSA Research pour Cofidis, par questionnaire auto-administré du 10 au 12 juillet 2017 auprès d’un échantillon de 1 006 Français représentatifs de la population française âgés de 18 ans et plus, constitué avec la méthode des quotas.

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© cbanque.com / VM / Septembre 2017