Le contrat de capitalisation

Le « contrat de capitalisation » est un produit d’épargne, dont le fonctionnement est très proche de celui de l’assurance-vie. Il se distingue cependant de cette dernière par des caractéristiques fiscales spécifiques, notamment en cas de transmission ou de donation. Présentation.

Pour résumer, le contrat de capitalisation peut s’avérer utile par rapport à l’assurance-vie pour :

  • les personnes morales,
  • les personnes redevables de l’impôt sur la fortune,
  • les personnes souhaitant optimiser la gestion de leur patrimoine,
  • les personnes qui ne souhaitent pas bénéficier du régime particulier de transmission de l’assurance-vie à des bénéficiaires désignés.

Dans la page : présentation du contrat de capitalisation, la fiscalité du contrat de capitalisation

Présentation du contrat de capitalisation

Le contrat de capitalisation est un produit d'épargne à moyen ou long terme. Il permet d'investir sur des supports financiers variés et plus ou moins risqués. Il ne présente pas de plafond de dépôt réglementaire ni de limite de détention dans le temps. Les sommes versées restent totalement disponibles à tout moment.

Le contrat de capitalisation peut être souscrit par une personne physique, mais également par une personne morale (entreprise, association…). Ce contrat est régi par le Code des assurances sauf en ce qui concerne la transmission qui est soumise au régime commun (voir plus loin) et ne nécessite pas, en conséquence, de désigner un ou plusieurs bénéficiaires en cas de décès.

Dans les faits, un contrat de capitalisation ressemble à s’y méprendre à un contrat d’assurance-vie. D’ailleurs, les assureurs, les distributeurs, les formes de contrat, les types de support, le vocabulaire utilisé, les différents frais et la garantie des dépôts sont communs à l’assurance-vie et au contrat de capitalisation. Pour aller plus loin dans cette similitude, le contrat de capitalisation ne sera bien souvent qu’une variante d’un contrat d’assurance-vie sur lequel le mot « capitalisation » est apposé !

Ainsi, un contrat de capitalisation pourra être un contrat monosupport en euros ou multisupport avec un choix de supports en unités de compte ou de fonds en euros. Le contrat peut également être proposé en gestion libre, gestion profilée ou gestion sous mandat. Il pourra comporter des frais d’adhésion, des frais de versement, des frais de gestion, des frais d'arbitrage…

Souscription d'un contrat

Sélection de contrats en cours de commercialisation pour lesquels vous pouvez demander des informations :

Assureur et nom du contratVersement minimumFrais sur versementFonds en eurosSupports en UC

La fiscalité du contrat de capitalisation

C’est sur la fiscalité applicable que les différences avec l'assurance-vie sont les plus marquées. Cette spécificité fait du contrat de capitalisation un outil intéressant dans le cadre d’une optimisation de gestion de patrimoine.

Impôt sur la fortune

Pour les assujettis à l’ISF, c’est la valeur nominale du contrat (c’est-à-dire le montant total net des primes versées) qui est à déclarer. Les plus-values du contrat ne rentrent pas dans la base d’imposition à l’ISF.

De la même manière, le titulaire d’un contrat de capitalisation récupéré par transmission (donation ou succession) peut continuer à ne déclarer que la valeur nominale pour sa déclaration à l’ISF.

Régime fiscal de l’anonymat

Plus anecdotique, le contrat de capitalisation permet d’opter pour le régime fiscal de l’anonymat, ce qui permet à son titulaire d’échapper à l’ISF et, le cas échéant, à l’impôt sur les successions. L’établissement payeur, de son côté, ne communique pas l’identité du souscripteur aux services fiscaux mais doit opérer des prélèvements significatifs, en contrepartie de cet anonymat (taux en vigueur en juin 2015) :

  • prélèvement forfaitaire libératoire de 60% sur les intérêts (ou de la base imposable sur les rachats),
  • prélèvements sociaux de 15,5% sur les intérêts / plus-values,
  • prélèvement spécial de 2% de la valeur nominale, pour chaque année de détention.

La fiscalité sur la transmission

Suite à un décès ou de son vivant, le contrat peut être transmis sans être dénoué, tout en conservant son antériorité fiscale :

La donation. C’est le donataire (celui qui reçoit) qui doit s'acquitter des droits de donation. Les sommes transmises sont soumises au barème d'imposition des donations après un abattement calculé en fonction du lien de parenté qui existe entre le donateur et le donataire.

La donation est possible :

  • en pleine propriété : le contrat n'appartient plus au donateur, il devient la propriété du donataire. Les droits de donation s'appliqueront sur la valeur vénale (primes versées, plus-values et intérêts) du contrat.
  • par démembrement et donation de la nue-propriété : le donateur conserve l'usage du contrat et son usufruit (il peut utiliser à sa guise les gains et les intérêts). Mais la totalité des primes versées ne lui appartiennent plus. Les droits de donation seront calculés sur la valeur nominale (total des primes) du contrat. Au décès du donateur, le nu-propriétaire acquiert la pleine propriété sans impôts supplémentaires (pas de droit de succession sur la valeur de l'usufruit).

La succession. Comme le contrat de capitalisation ne bénéficie pas du régime spécifique de l’assurance-vie (droit des assurances) en termes de taux et d’abattement, c’est le régime commun du droit des successions qui s’applique.

En cas de décès du titulaire, la valeur du contrat de capitalisation est intégrée à la succession, avec les autres biens et avoirs du défunt. Les héritiers devront donc s'acquitter des droits de succession, en fonction d’un barème d’imposition, et après application des abattements calculés selon les liens de parenté.

Lors de cet héritage, c'est toujours la valeur vénale (primes versées, plus-values et intérêts) du contrat qui est prise en compte et qui sert de base taxable.

La fiscalité en cas de vie

Pour tout ce qui concerne la fiscalité, lors d’un rachat partiel ou total, ou lors du versement d’une rente, celle-ci est identique à l’assurance-vie.

Pour mémoire, en cas de rachat, les plus-values sont imposables selon l'âge du contrat (voir également la fiscalité de l’assurance-vie) :

contratImposition
moins de 4 ans

Au choix :

  • Prélèvement forfaitaire libératoire de 35 %
  • Impôt sur le revenu : intégration dans le revenu imposable.
entre 4 et 8 ans

Au choix :

  • Prélèvement forfaitaire libératoire de 15 %
  • Impôt sur le revenu : intégration dans le revenu imposable.
plus de 8 ans

Au choix :

  • Prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5 % donnant droit à un avoir fiscal de même montant dans la limite d'une base imposable de 4.600 € (ou 9.200 € pour un couple), soit 345 € ou 690 €.
  • Impôt sur le revenu : intégration dans le revenu imposable après abattement de 4.600 € (ou 9.200 € pour un couple)

Il en est de même pour les cotisations sociales qui seront prélevées chaque année sur les intérêts des fonds en euros et sur la part de plus-values comprise dans les rachats.

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