defiscalisation-mode-demploi.com : Découvrez ce que la déficalisation peut vous rapporter

BlaBlaCar : un bon plan pour boucler ses fins de mois ?

Covoitureurs sur BlaBlaCar
DR

Vous prenez régulièrement votre voiture tout seul. Et si la prochaine fois vous covoituriez, histoire d’amortir vos frais ? Découvrez le gain que vous pouvez espérer.

Entre le carburant, l’entretien, l’assurance, les frais de péage et de stationnement, sans compter l’achat de la voiture en tant que tel… être automobiliste revient cher. En 2018, d’après l’Automobile Club Association, une Renault Clio essence ayant parcouru 9 000 kilomètres a coûté 6 833 euros en moyenne à son propriétaire. Pour un conducteur d’une Peugeot 308 diesel, ayant roulé l’an passé 16 000 kilomètres, le budget global atteignait 9 476 euros. Des frais annuels qui prennent en compte l’amortissement du véhicule (1).

A l’heure de l’économie collaborative, le covoiturage est l’une des solutions adoptées par les automobilistes pour limiter la facture et partager les frais. Quand on pense covoiturage, on pense bien souvent à BlaBlaCar. Il faut dire que cette plateforme, créée en 2006, a été l’une des pionnières. Et en proposant une utilisation gratuite à son lancement, elle a rapidement étoffé sa communauté. BlaBlaCar revendique aujourd’hui 16 millions de membres en France. La moitié des jeunes de 18 à 25 ans serait même inscrite sur la plateforme, selon les chiffres de l'entreprise transmis à MoneyVox. De quoi placer BlaBlaCar en situation de quasi-monopole sur le covoiturage de longue distance.

Une commission de 18%

Mais, forte de sa notoriété, la plateforme n’en profite-t-elle pas pour appliquer des frais importants aux automobilistes ? Réponse : 18% ! Il s’agit du pourcentage que prélève BlaBlaCar sur les sommes versées au conducteur. Autrement dit, si un covoitureur paie 30 euros, 5,40 euros reviennent à la plateforme et 24,60 euros au conducteur. « Cette commission peut évoluer à la marge en fonction du type du trajet », nuance le service communication de BlaBlaCar. Elément de comparaison dans l'économie collaborative : Uber, la plateforme de chauffeurs, applique une commission de 25%.

De plus, l’automobiliste n’est pas totalement libre de fixer le tarif qu’il souhaite. « Lorsque le conducteur propose un trajet, nous lui recommandons un prix d’environ 6 centimes du kilomètre, qu’il peut ajuster à la baisse ou à la hausse dans une certaine mesure », détaille la communication de la société. Ce tarif, comme la borne maximale, est indexé sur le barème kilométrique, divisé par le nombre de voyageurs (conducteur compris).

Un prix encadré pour rester dans le cadre du covoiturage

Cet encadrement tarifaire n’est pas propre à BlaBlaCar. Les autres plateformes commerciales, davantage positionnées sur les trajets de courte distance, font de même. Ce fonctionnement résulte de la réglementation et du cadre fiscal propre au covoiturage. « Le covoiturage est un partage de frais, nous rappelle la communication de BlaBlaCar. Le conducteur ne peut pas réaliser de bénéfices ». Effectivement, si le chauffeur perçoit une rémunération supérieure aux frais occasionnés par le trajet (essence, péages…), alors l’administration fiscale ne considère plus le trajet comme du covoiturage mais comme une activité professionnelle, dont les revenus sont imposés.

C’est aussi pour cette raison que BlaBlaCar interdit le covoiturage avec une voiture de fonction. La plateforme « se réserve la possibilité de suspendre votre compte dans le cas où vous utiliseriez un véhicule professionnel de type VTC ou taxi, une voiture de fonction ou de service et généreriez de ce fait un bénéfice », peut-on ainsi lire dans ses conditions générales.

Lire aussi : Le Bon Coin, Airbnb, Blablacar : comment déclarer vos gains aux impôts

L'automobiliste incité à remplir sa voiture

De plus, le système de tarification fait que le chauffeur est incité à prendre le maximum de passagers. Le prix individuel, par personne, revient en effet au coût total du trajet divisé par le nombre de passagers que peut accueillir le véhicule. Autrement dit, si seulement une personne covoiture avec vous, vous ne pouvez pas lui faire payer les 3 autres places restées vacantes.

Illustration. Imaginons que, pour votre Paris-Lyon (460 kilomètres), vous preniez 3 passagers dans votre citadine. Vous acceptez le tarif de 6 centimes du kilomètre. Résultat, chaque personne va payer 28 euros (460x0,06€). A 3, vos passagers déboursent au total 84 euros. Une fois déduite la commission de 18%, vous récupérez 69 euros. D'après l'estimation de ViaMichelin, qui propose des itinéraires optimisés, ce trajet coûte en carburant (essence) et en péages 78 euros. Après déduction de la contribution des passagers, il reste donc 9 euros à votre charge (en ne prenant pas en compte les frais de plus long terme comme l'entretien et l'usure du véhicule).

Quelques exemples de contributions pour le conducteur

Ces contributions moyennes nous ont été données par BlaBlaCar le 10 octobre :

  • Paris-Lille : 15€ par passager
  • Grenoble-Marseille : 21€ par passager
  • Nantes-Limoges : 24€ par passager

BlaBlaCar mise sur le covoiturage domicile-travail

Sur les trajets longs, il existe des alternatives sans commission à BlaBlaCar. C’est le cas de Mobicoop (nommé Covoiturage-libre à son lancement en 2011). Problème, cette plateforme coopérative revendique 350 000 utilisateurs, comme l’exposait en septembre dernier Matthieu Jacquot, son directeur général, au site Reporterre. Insuffisant donc pour satisfaire tous les covoitureurs.

En revanche, pour le covoiturage du quotidien – les trajets domicile-travail – BlaBlaCar ne s’est lancée qu’en 2018 sur ce segment avec BlaBlaLines. De quoi laisser la place à d’autres intermédiaires : La Roue Verte, Mobicoop encore, ou Klaxit, qui a acquis en juillet 2019 iDVROOM. Avec 1 million d’inscrits en France, 2 millions de trajets proposés par jour et 30 collectivités locales partenaires (dont les métropoles de Nantes, Clermont-Ferrand ou Toulouse), Klaxit revendique la première place.

Sur Klaxit, l'automobiliste touche minimum 3€ par passager transporté, même pour les petits trajets, comme le précise la start-up sur son site internet. Pour un aller-retour jusqu'à 30 kilomètres, le conducteur perçoit 6 euros pour un passager, 12 euros avec 2 passagers et 18 euros pour 3 passagers. Au delà de 30km, le conducteur est rémunéré à hauteur de 0,10 centime par kilomètre et par passager transporté. Les passagers, eux, voyagent gratuitement.

Mais le géant BlaBlaCar n’est pas bien loin. Un peu plus d’un an après son lancement, BlaBlaLines compte déjà 800 000 membres. Il faut dire que la start-up réitère sa stratégie passée en subventionnant le trajet des passagers. Pour le moment, ces derniers ne paient rien. C’est BlaBlacar qui rémunère les chauffeurs : 3 euros jusqu’à 30 kilomètres, 4 euros jusqu’à 40 kilomètres, 5 euros jusqu’à 50 kilomètres et 6 euros pour un trajet plus important. Les conducteurs s'inscrivant sur BlaBlaLines ne sont donc pas toujours gagnants par rapport à Klaxit, qui lui indexe l'indemnisation sur le nombre de passagers.

(1) Le Budget de l’Automobiliste en 2018 – Avril 2019

Partager cet article :

© cbanque.com / MoneyVox / MEF / Octobre 2019

Commentaires

Soyez le premier à réagir à cette actualité !

Ajouter un commentaire

Me prévenir en cas de nouveau commentaire