Epargne : 30 ans, l'âge de raison

Poignée de taux
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On sait les Français prudents avec leur argent. Eh bien, ce trait de caractère, n’en déplaisent aux gestionnaires d'actifs, apparaît très tôt. Dès 30 ans, les épargnants fuient le risque, selon une récente étude d’AXA IM.

Loisirs, relations amoureuses, carrière professionnelle et donc argent : passé 30 ans, l’attrait pour le risque s’estompe. Tel est l’un des constats dressés par AXA Investment Managers (AXA IM) dans une enquête dévoilée le 20 novembre dernier (1). En effet, la volonté de prendre des risques chute à la trentaine. Elle est présente chez 31% des 22-30 ans, 21% des trentenaires et chez 17% s’agissant des 40-54 ans.

Cette prudence s’observe particulièrement dans la façon d’investir : 3 Français sur 4 préfèrent en effet ne rien tirer de leur placement plutôt que de prendre le risque de tout perdre. Résultat, les épargnants choisissent leur support en conséquence : 94% utilisent leur compte courant et 79% disposent d’un livret d’épargne. 36% ont certes ouvert une assurance vie mais investissent uniquement sur le fonds euros à capital garanti. A l’inverse, les unités de compte sont souscrites par seulement 6% des épargnants interrogés. A l’extrémité de l’échiquier également, l’immobilier (hors résidence principale) présent dans le portefeuille financier de 12% des Français, soit à peine plus que les actions et obligations détenues dans un fonds (10%) ou en direct (9%).

Une espérance de gain en décalage

Cette appétence pour les placements sécurisés est paradoxale compte tenu de l’espérance de gain souhaitée. En effet, 70% des épargnants souhaitent que leur épargne leur rapporte au moins 5% par an, dont 30% aspirant à gagner plus 10% annuels. Impossible, rétorque AXA IM. Le gestionnaire d’actifs a calculé la performance moyenne d’un portefeuille-type d’un épargnant Français. Avec 57% de liquidités, 18% d’immobilier, 14% d’obligations et 11% d’actions, une telle allocation génère en moyenne 3,23% par an sur 10 ans. Pour atteindre le seuil fatidique des 5% annuels, les investisseurs auraient dû par exemple tripler la part des actions et diviser par deux celle du cash dans leur portefeuille (35% actions, 25% de liquidités, 20% d’immobilier, 20% d’obligations).

AXA IM sondage épargne
Source : AXA Investment Managers

Si la peur de perdre ses économies est déterminante dans le choix de leurs supports d’investissement, AXA IM avance une autre explication. Celle-là même qui est régulièrement mise en avant par les autorités financières dont la Banque de France, à savoir le manque de connaissances financières. De 16 ans à 39 ans, cet argument arrive en 3ème position. Il devance ainsi « l’absence d’argent à investir » et « le retour sur investissement insuffisant ».

Le conseiller pour se rassurer

Pour pallier ce manque de bagage théorique, l’humain apparaît être le meilleur moyen de progresser, estiment les commanditaires du sondage. Malgré la progression des outils numériques, le conseiller financier demeure l’interlocuteur privilégié. 59% des épargnants font ainsi appel à lui pour obtenir des renseignements sur leurs finances. Une proportion qui ne décline que de 5 points chez les plus jeunes (16-24 ans). Pour ces derniers, les parents servent également de référents à part entière. 47% des 16-24 ans s’adressent à eux, contre 28% des épargnants en général.

En revanche, internet arrive loin derrière. Toute classe d’âge confondue, seul 1 Français sur 4 privilégie cette source d’information. « Les outils technologiques sont un moyen simple de suivre l’évolution de leur épargne, mais l’appétit des Français pour des logiciels d’allocation ou des simulateurs de rendement reste assez limité », conclut AXA IM.

(1) Enquête conduite par GFK, en juin 2018, pour le compte d’AXA Investment Managers.

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© cbanque.com / MEF / Novembre 2018