Sécu : les patients refusant les médicaments génériques seront moins bien remboursés en 2020

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Des médicaments sur des billets
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Les patients refusant sans justification médicale les médicaments génériques proposés par leur pharmacien seront moins bien remboursés à partir de 2020, selon une disposition du projet de budget de la sécurité sociale dévoilé mardi.

Comme chaque année, le gouvernement veut renforcer le recours aux médicaments génériques dans le cadre des économies - 3,8 milliards en 2019 - demandées au secteur de la santé, misant cette fois-ci sur deux nouvelles mesures. Ainsi, le « remboursement d'un assuré qui ne souhaiterait pas, sans justification médicale, la substitution proposée par le pharmacien se fera désormais sur la base du prix du générique », est-il écrit dans le dossier de presse du projet de loi de financement de la sécu (PLFSS). Or un générique coûte en moyenne 40% de moins que le princeps, selon le ministère de la Santé.

« Nous demandons aux Français qui voudront accéder à un médicament de nom de marque de mettre de leur poche » a expliqué devant la presse la ministre de la Santé Agnès Buzyn. « C'est-à-dire qu'ils seront remboursés sur la base du générique le plus cher (...) sauf s'il y a une contre-indication médicale au générique » telle qu'une « allergie », a-t-elle détaillé.

« Il s'agit ainsi de reconnaître un même niveau de prise en charge pour des soins de même qualité », insiste le gouvernement. « Cette mesure s'appliquera à compter du 1er janvier 2020 afin de disposer du temps nécessaire pour accompagner sa mise en place auprès des patients », est-il précisé.

Encadrement de la mention « non-substituable » sur les ordonnances

L'autre mesure vise à « mieux réguler les conditions dans lesquelles les médecins » peuvent apposer la mention « non-substituable » sur leurs ordonnances, qui empêche les pharmaciens de proposer des génériques à la place des médicaments d'origine dits « princeps », selon Bercy. Cette mention devra reposer « sur des critères médicaux objectifs, définis en lien avec l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé », explique le dossier de presse.

Ces mesures devraient permettre à court terme « moins de 100 millions d'euros » d'économies, selon Bercy. « Le taux de substitution générique/princeps dépasse à ce jour les 80% en France » mais les « mécanismes en faveur de la substitution montrent aujourd'hui un certain essoufflement » justifie le gouvernement.

« Nous avons en France un retard considérable sur l'utilisation des médicaments génériques » a déploré pour sa part la ministre de la Santé, rappelant l'efficacité et l'absence d'effets secondaires associés à ces produits. Selon elle, le recours à des génériques « à moindre coût » s'apparente à un « geste citoyen » : « cela permet à la Sécurité sociale d'investir dans des médicaments très innovants », notamment pour « traiter des cancers » d'enfants, a fait valoir Agnès Buzyn.

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Par la rédaction avec AFP

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