Budget : les députés PS préparent un geste pour l'investissement des collectivités locales

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Les députés socialistes comptent faire passer un geste pour l'investissement des collectivités locales dans le projet de budget 2015, via un amendement sur le remboursement de la TVA. Mais ils nourrissent d'autres inquiétudes sur les économies.

A quelques jours du passage du texte en commission, l'un des porte-parole des députés PS, Hugues Fourage, a déclaré mardi en conférence de presse à l'issue de la réunion du groupe que les possibles modifications comprendraient « par exemple un amendement sur la récupération de la TVA par les collectivités locales pour soutenir l'investissement », porté notamment par la rapporteure générale du Budget Valérie Rabault. « C'est un enjeu, ça mérite d'être regardé de très près », a déclaré cet élu de Vendée, proche du Premier ministre Manuel Valls. Les députés socialistes comptent aussi réclamer entre « 50.000 et 100.000 emplois aidés supplémentaires » lors de l'examen du projet de budget, avait notamment indiqué la semaine dernière leur chef de file Bruno Le Roux.

S'il a insisté sur le fait que le budget soutenait les entreprises, le pouvoir d'achat des ménages et que le taux des prélèvements obligatoires allait baisser en 2015, le numéro deux du PS Guillaume Bachelay a aussi déclaré en réunion vouloir soutenir des mesures en faveur des investissements publics locaux et pour les emplois aidés, selon un participant. Le chef de file des députés socialistes de la commission des Finances, Dominique Lefebvre, a demandé à ses camarades de respecter l'équilibre général du projet de loi de finances et souligné qu'il n'y aurait pas de nouvelles recettes fiscales.

La rapporteure générale du Budget a notamment appelé, comme d'autres responsables socialistes, à valoriser la baisse d'impôt sur le revenu annoncée pour un foyer fiscal sur quatre. Mais une élue du Finistère, Chantal Guittet, s'est demandée ce qui était prévu pour les Français ne payant pas d'impôts. Elle s'est inquiétée de certaines revalorisations de minima agricoles qui ne seraient que de quelques euros, ce qu'a récusé le spécialiste de l'agriculture au PS Germinal Peiro, selon des participants.

Inquiétudes sur les coupes budgétaires

La réunion du groupe socialiste, à laquelle assistaient notamment le ministre des Finances Michel Sapin et le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert, a aussi montré d'autres préoccupations sur des coupes budgétaires. Elu de l'Essonne et ancien ministre délégué à la Ville, François Lamy est ainsi intervenu pour défendre les crédits d'investissements des villes populaires. Et François Pupponi a alerté sur le report de 3 ou 4 ans de 8 milliards d'euros prévus pour la rénovation urbaine.

Dans les rangs des frondeurs, Pierre-Alain Muet a réaffirmé que faire des économies était vertueux si un pays était le seul à le faire en Europe, mais provoquait la récession si tout le monde le faisait. Et il a estimé que la « modernité » du socialisme, ce n'était « pas Tony Blair et pas Gerhard Schröder » et cela ne pouvait pas être les « égoïsmes nationaux ». Et Pascal Cherki a suggéré de s'appuyer sur une résolution du Parlement européen demandant de retirer les dépenses d'investissement du calcul du déficit structurel.

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Par la rédaction avec AFP

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