Les conducteurs se ruent sur les voitures de seconde main profitant notamment de la prime à la conversion pour s’offrir un nouveau véhicule avec de grosses économies à la clef. 600 000 automobiles d'occasion on trouvé preneur en juin, un record.

Époustouflant. Les voitures d’occasion font un carton. Selon les derniers chiffres diffusés par le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), il s’en est vendu près de 600 000 à des particuliers en juin, un bond qui frise les 30% sur un an. Une telle activité pour des automobiles de seconde main, c’est du jamais-vu depuis 10 ans.

Plusieurs raisons expliquent bien sûr cet engouement. L’occasion est un marché beaucoup plus dynamique que le neuf. Plus de 5,5 millions de ventes en 2019 pour le premier contre 2,2 millions pour le second. Les consommateurs ne s’y trompent pas. A quoi bon se ruer sur un véhicule sorti d’usine alors que sa valeur fond pour la plupart des modèles de près d’un tiers en seulement un an.

Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi des explications plus conjoncturelles. Ce succès est aussi un phénomène de rattrapage après les 2 mois de confinement. Les concessionnaires avaient à cœur de vider leurs stocks, gonflés aussi en partie par les difficultés des loueurs de voitures, obligés en urgence de se séparer d’une partie de leur parc automobile. Au final, d’après le CCFA, malgré le record enregistré en juin, seules 2 363 278 voitures particulières d’occasion ont été vendues au premier semestre, soit 17,4% de moins comparé à la même période de l’an passé.

A cela, il faut ajouter l’incertitude économique qui pousse les particuliers à se montrer très prudents sur leurs dépenses. Pour preuve, dans son enquête mensuelle consacrée au moral des ménages publiée jeudi, l’Insee constate que ces derniers sont de plus en plus nombreux à estimer opportun de mettre de l’argent de côté. Et ce même s'ils ont accumulé près de 75 milliards d’euros d’épargne forcée ces derniers mois.

L’autre phénomène à ne pas négliger, c’est l’effet coup de fouet des 200 000 primes à la conversion, disponibles sous conditions de revenus, mises en place par le gouvernement pour doper les ventes de voitures. Les véhicules d’occasion les plus récents y sont en effet éligibles. Résultat, les ventes de véhicules électriques d'occasion, d'ordinaire beaucoup plus chers à l'achat, ont décollé : +160% en juin par rapport au même mois de l'année passée, avec quelque 3 700 véhicules échangés selon le CCFA. Engouement similaire pour les hybrides : 13 131 voitures d’occasion ont trouvé un nouveau conducteur, soit un bond de 108% !