La France aurait économisé 14 milliards d'euros en 10 ans grâce à l'Autorité de la concurrence

  • cBanque avec AFP
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L'Autorité de la concurrence, qui a fêté cette année son dixième anniversaire, a estimé mardi que son action avait permis à la France d'économiser presque 14 milliards d'euros.

« Pour la première fois en 2019 », l'Autorité a mis en œuvre un travail « d'évaluation de son impact » sur l'économie française : « son action a fait économiser, entre 2011 et 2018, près de 14 milliards d'euros », a affirmé sa présidente, Isabelle de Silva.

Des gains de pouvoir d'achat

Dans le détail, selon cette évaluation, ce sont « 9,5 milliards d'euros de surcoût évité et 4,5 milliards d'euros d'amende », qui sont entrés dans les caisses de l'État et qui ont contribué à « financer des dépenses d'intérêt général, telles que l'éducation ou la justice », précise l'organisme, créé à la faveur de la loi de modernisation de l'économie du 4 août 2008 afin de succéder au Conseil de la concurrence en mars 2009. « À cela s'ajoutent des gains importants en termes de pouvoir d'achat, de qualité, de diversité de choix et d'emploi », résultant de réformes adoptées par les pouvoirs publics et issues de propositions de l'Autorité, ajoute-t-elle dans une note.

Selon Isabelle de Silva, l'objectif pour la prochaine décennie est de « continuer à traquer sans relâche ceux qui ne respectent pas les règles du jeu concurrentiel dans tous les secteurs de l'économie et ce avec un impératif de délai, afin que la dissuasion soit effective ». Afin de prendre en compte les « contraintes d'efficacité exprimées par les entreprises et leurs conseils », l'Autorité est actuellement en train de mettre en œuvre « la possibilité de notifier en ligne les opérations de concentration, une procédure inédite chez les autorités nationales de concurrence » en Europe.

Par ailleurs, l'Autorité examine une autre option d'action, dans le cas de certaines opérations de rachat d'entreprises potentiellement problématiques mais qui échappent encore à son contrôle, comme des rachats de société du secteur technologique très fortement valorisées par rapport à leur chiffre d'affaires. Ce nouvel outil « permettrait de mieux appréhender les acquisitions prédatrices », et cette proposition a été transmise au gouvernement, ajoute Isabelle de Silva.

Enfin, et même si la tendance est au « souhait d'avoir des champions européens et une politique industrielle ambitieuse », la présidente a rappelé que son rôle était d'interdire les opérations de concentration « qui n'apportent aucun bénéfice aux consommateurs ou aux entreprises » et vont seulement permettre à l'entreprise « de se renforcer, faire payer plus cher ses produits, diminuer leur qualité ou ses efforts pour innover ».

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Par la rédaction avec AFP

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