Paiement : le cashless, une mauvaise affaire pour les fans de musique ?

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Le festival Rock en Seine en 2011
CC - Wikimedia commons / Evolutionmk

Les moyens de paiement dématérialisés - ou « cashless » - sont maintenant présents dans tous les grands festivals de l’été. L’UFC-Que Choisir dénonce l’absence d’alternatives, et certaines dérives.

We Love Green, Hellfest, Garorock, Rock en Seine : la saison 2019 des grands festivals estivaux débute, et va bientôt drainer des centaines de milliers de spectateurs attirés par leurs têtes d’affiches prestigieuses. Des festivaliers qui, pour s’alimenter, boire un coup ou acheter un t-shirt de leur artiste préféré, vont devoir utiliser le « cashless », c’est-à-dire un moyen de paiement alliant un compte de monnaie électronique et un bracelet permettant de payer sans contact.

Au cours des dernières années, les espèces ont en effet quasiment disparu de ces grands rassemblements. Pour des raisons d’efficacité - moins d’attente aux caisses - et de sécurité - moins de risque de se faire détrousser - expliquent généralement les organisateurs. Une version « officielle » que nuance Alain Bazot dans un récent billet.

Des frais supplémentaires

Le président d’UFC-Que Choisir y déplore l’absence de choix laissé aux festivaliers : « Alors que les espèces continuent d’être plébiscitées par les Français, la plupart des principaux festivals n’offrent aucune alternative aux spectateurs… Pire, ils imposent des frais supplémentaires qui s’ajoutent au tarif souvent salé du billet d’entrée ! » Un à deux euros en général, pour activer le service et couvrir les frais du prestataire : « On vous oblige à payer pour un porte-monnaie électronique. »

Autre grief : le remboursement des sommes non dépensées. Elles ne sont restituées, explique Alain Bazot, « que si la demande est réalisée dans un délai bien précis, le plus souvent quelques jours après l’événement, et encore si le montant restant dû est supérieur à un montant minimal », déplore-t-il. « Appliqué à des centaines de milliers de personnes ce dispositif devient une véritable mine d’or ! »

Un spécialiste du cashless répond

Dans une réponse adressée à Alain Bazot, Pierre-Henri Deballon, CEO de Weezevent, la société qui fournit le service cashless dans les festivals cités ci-dessus et bien d'autres (plus de 200 au total), conteste la vision du président d'UFC-Que Choisir. Il affirme notamment que « si certains festivals facturent des frais dits d’activation, de nombreux festivals ne facturent aucun frais (...) ». Des frais qui, par ailleurs, sont perçus, non pas directement par le prestataire du service, mais par les organisateurs des festivals.

S'il confirme que « la demande de remboursement est effectivement à effectuer dans une période limitée », c'est pour des « raisons organisationnelles » - « Imaginez traiter pendant 12 mois de l’année des demandes de remboursement... » - et « fiscales et comptables ». Quant au montant minimal de remboursement, « il s’agit de 50 centimes et c’est uniquement lié à des contraintes techniques ».

Mise à jour (11 juin 2019, 18h20) - Ajout de la réponse du CEO de Weezevent

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