Les gilets jaunes, un « mouvement contradictoire », qui veut moins d'impôts et plus d'aides

  • cBanque avec AFP
  • 3 commentaires
Impôt et bulletin
© Frédéric Massard - Fotolia.com

Les gilets jaunes sont « un mouvement un peu contradictoire qui veut à la fois moins d'impôts et plus de services publics », a estimé dimanche le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin dans l'émission Le Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI.

Le ministre a dit entendre les motivations des gilets jaunes et leur « ras-le-bol » face au poids « beaucoup trop élevé » de la fiscalité en France, qui, avec un taux de 45%, est « le pays avec le plus d'impôts et de dépenses publiques ». Il a ajouté qu'il aimerait être « le ministre du Budget de l'Allemagne, des Pays-Bas ou de la Suède » qui dégagent des excédents budgétaires, et pouvoir redistribuer de la richesse.

Mais « je ne suis pas un démagogue, si nous baissons les impôts, ou si nous décidons un moratoire, il faudra faire un moratoire sur les dépenses », a-t-il averti, tout en reconnaissant qu'il « faut peut-être aller plus loin dans la baisse des impôts ». Selon M. Darmanin, les Français qui ont manifesté ne contestent pas la fiscalité écologique mais réclament plus de pouvoir d'achat : « chacun s'occupe à la fois de la fin du mois et de la fin du monde, même si c'est vrai qu'on regarde plus la fin du mois quand on a des difficultés sociales ». Il a défendu la politique « courageuse » d'Emmanuel Macron et Edouard Philippe, arguant qu'ils sont le « premier gouvernement à augmenter les salaires sans toucher à la compétitivité des entreprises » et le premier à supprimer la taxe d'habitation.

« L'écotaxe remplacée par rien »

Au passage, il a égratigné le quinquennat de François Hollande pour avoir par exemple arrêté l'écotaxe, « remplacée par rien, ni par une hausse de la fiscalité ni une baisse de la dépense », ce qui a abouti à ne pas pouvoir financer des infrastructures comme le Canal Seine-Nord.

Selon M. Darmanin, après des années de « politique de la gaudriole », « à Bercy les caisses sont vides et on a 100% de dette ». « Emmanuel Macron se retrouve à gérer un pays où les Français disent qu'ils ont trop de fiscalité et par ailleurs des caisses vides. L'Etat ne joue pas au casino avec l'argent des Français : quand vous donnez 200 euros d'impôts, y en a 40 qui vont pour la sécurité/défense, 40 pour l'éducation etc... »

Le gouvernement actuel se retrouve, selon lui, à « devoir mettre de l'argent où il n'y en avait pas ». M. Darmanin a assuré être « le premier ministre du Budget depuis 20 ans à prévoir zéro augmentation de la dépense publique ». « Quand on supprime 1,5 milliard sur les contrats aidés comme (la ministre du Travail) Muriel Pénicaud ou 1,5 milliard sur le budget du logement, on fait 3 milliards en gros d'économies. C'est très dur dans l'opinion publique pourtant nous le faisons et nous sommes le premier gouvernement à le faire », a-t-il indiqué.

Partager cet article :
Par la rédaction avec AFP

Reproduction interdite.

Commentaires

Me prévenir en cas de nouveau commentaire
Publié le 26 novembre 2018 à 07h46 - #1Jimmy
  • Homme

Effectivement le mouvement n'est pas organisé et totalement cohérent... Mais messieurs quand cette révolte vient pas des impôts, des caisses vides, des aides .... mais d'une inégalité de traitement. Quand on met en place une police fiscale bien entendu légitime, il faut aussi le faire pour tous ... Arrêtons les privilèges des hauts placés... C'est cela que les français disent... Les français veulent une France où le mot EGALITE reprend tout son sens...

Trouvez-vous ce commentaire utile ?20
Publié le 26 novembre 2018 à 08h32 - #2Yves.c.

Bonjour,
Le ministre dresse les comptes.
Dans la configuration actuelle on est allé au bout du bout...
Il ne reste qu'une option ouverte dont on ignore si il s'agit d'une solution, construire une europe sans euros...
Non par conviction , mais par nécéssité...
Les caisses sont vides.
J'espère que le débat des européennes sera pédagogique...

Trouvez-vous ce commentaire utile ?11
Publié le 29 novembre 2018 à 07h41 - #3JM01
  • Homme

Moins d'impôt et plus d'aides est la moindre des choses si l'on prend en compte le racket, la spoliation organisés des citoyens.

Trouvez-vous ce commentaire utile ?

Ajouter un commentaire