Dans une interview publiée ce matin par l'Est républicain, le premier ministre François Fillon annonce un "coup de rabot" général de 10% sur toutes les niches fiscales, à quelques "exceptions" près, et la suppression de certaines "au cas par cas".

« Au cas par cas, certaines niches seront supprimées. Et il y aura un coup de rabot de 10%. Avec des exceptions car il ne faut pas alourdir le coût du travail », explique le Premier ministre dans cet entretien. Il y rappelle aussi l'objectif fixé à son gouvernement : « 5 milliards d'euros d'avantages fiscaux en moins sur deux ans » pour permettre de réduire le déficit public et le ramener à à 6% l'an prochain, 4,6% en 2012 et à 3% du PIB en 2013.

Le principe sera une baisse générale de 10%. « On pourra aller plus loin sur certaines niches pour pouvoir en exclure d'autres pour lesquelles ce principe est difficile à appliquer », précise Matignon. Au total, les quelque 500 niches fiscales qui existent actuellement coûtent chaque année près de 75 milliards à l'Etat.

Pas touche au RSA

Le 6 mai, outre des économies sur les niches fiscales, le Premier ministre avait annoncé le « gel en valeur » des dépenses de l'Etat pour les trois prochaines années et la réduction de 10% des dépenses d'intervention qui comprennent notamment les aides sociales. « Toutes les dépenses d'intervention ne seront pas concernées. Par exemple, nous ne toucherons pas au RSA », indique-t-il à présent dans cet entretien également publié dans les autres titres régionaux du groupe Ebra à l'occasion de sa venue jeudi à Epinal.

Par ailleurs, François Fillon a décidé que « toutes les décisions à caractère fiscal » seront « discutées au moment du budget » et ce « dès aujourd'hui », sans attendre l'inscription dans la Constitution de l'objectif d'un retour à l'équilibre budgétaire voulue par Nicolas Sarkozy.Autrement dit, les ministres ne pourront plus créer d'avantages fiscaux en toute discrétion. « Il faut mettre fin à cette mauvaise habitude. Défendre la souveraineté nationale, c'est redresser nos finances publiques. Les ministres doivent être fiers de dépenser moins », avance-t-il.

Une nouvelle fois, François Fillon refuse de qualifier de « rigueur » l'orientation de la politique budgétaire. « J'ai toujours appelé un chat un chat. Quand ailleurs en Europe des Etats baissent les rémunérations des fonctionnaires ou augmentent les impôts, c'est de la rigueur. Pour l'instant, en France, vu les perspectives économiques et les mesures prises, nous pouvons échapper à des mesures de ce type », dit-il.