Hello Bank!

Gel des tarifs bancaires 2019 : qu'allez-vous y gagner ?

  • Par
  • ,
Homme d'affaires équilibrant une balance en bois
© Andrey Popov - Fotolia.com

Pas d’augmentation des tarifs bancaires en 2019 : c’est l’engagement pris mardi dernier par les banques, mises à contribution par le président de la République. Mais quel gain de pouvoir d’achat cette mesure représente-t-elle pour les Français ?

Près d’un mois après le début de la crise des Gilets jaunes, et après deux samedis consécutifs de violences à Paris et dans d’autres grandes villes, le Président de la République Emmanuel Macron a reçu, mardi dernier à l’Elysée, les représentants des banques françaises, entre autres acteurs économiques. Objectif : « bâtir des solutions concrètes à l’urgence économique et sociale ». Autrement dit, prendre des mesures de nature à alléger la facture des Français en matière de frais bancaires.

Parmi les engagements pris par les banques, un a particulièrement retenu l’attention : les banques ont en effet accepté de geler leurs tarifs en 2019, alors même « que des augmentations étaient prévues », commentait un conseiller élyséen interrogé par l’AFP. L’annonce a une portée symbolique indéniable, venant d’un secteur souvent accusé d’avoir la main lourde sur les frais qu’il facture. Mais plus concrètement, quel gain de pouvoir d’achat ce gel va-t-il représenter pour les Français ? Pas facile de répondre à cette question. Tout dépend en effet du profil de consommation et de la banque. cBanque a toutefois tenter de l’évaluer.

Une inflation (évitée) estimée à 3%

Avant l’annonce de mardi, 61 enseignes, sur les 127 recensées dans notre comparatif des tarifs bancaires, avaient publié de nouvelles brochures tarifaires qui devaient entrer en vigueur début 2019. Leur analyse permet ainsi d’estimer ce qu’aurait pu être l’ampleur de la hausse...et donc la perte de pouvoir d'achat évitée.

Pour cela, nous sommes partis d’un panier de services bancaires du quotidien - hors frais d’incidents - correspondant au profil d’un consommateur standard. Y sont inclus les services suivants :

  • L’abonnement pour l’accès à la banque à distance ;
  • les frais de tenue de compte ;
  • une carte bancaire internationale standard ;
  • 3 retraits annuels de 100 euros hors zone euro ;
  • 4 achats annuels de 100 euros par carte hors zone euro ;
  • 2 prélèvements par mois, par internet ;
  • un virement par mois, par internet ;
  • un chèque de banque ;
  • un envoi de chéquier à domicile en courrier simple.

Dans ces 61 enseignes, ce panier revenait en 2018 à 124,10 euros par an en moyenne. Si les évolutions tarifaires prévues s’étaient concrétisées, il serait passé au 1er janvier 2019 à 127,75 euros. Soit une hausse annuelle de 3,65 euros, correspondant à une inflation de 3% environ.

Entre 32 centimes et 6,45 euros de gain théorique

Le gain réel de pouvoir d’achat dépend toutefois de votre banque. Le prix de ce même panier varie en effet largement d’une enseigne à l’autre. Il est ainsi actuellement, toujours selon notre comparateur, de 10,66 euros chez Boursorama Banque ou Fortuneo, les deux banques les moins chères, de 73,03 euros au Crédit Agricole Ile-de-France, la banque de réseau métropolitaine la mieux placée, et de 214,95 euros chez Banque Dupuy de Parseval, la plus chère de notre panel.

Ainsi, en appliquant notre taux d’inflation théorique de 3% aux prix pratiqués actuellement par ces enseignes, le gain annuel de pouvoir d’achat est de :

  • 32 centimes chez Boursorama ou Fortuneo ;
  • 2,20 euros au Crédit Agricole Ile de France ;
  • 6,45 euros à la Banque Dupuy de Parseval.

Cette évaluation est toutefois à relativiser, notamment pour les banques en ligne où l'inflation tarifaire aurait certainement été inférieure à 3%.

Le gain est donc, dans tous les cas de figure, très modeste !

Au final, même si elle ne bénéficiera potentiellement qu’à environ 3,6 millions de Français, c’est une autre mesure qui va représenter un véritable effort pour les banques, d’autant qu’elle sera, elle, pérenne : la mise en place d’un plafonnement des frais d’incidents bancaires à 25 euros par mois pour les usagers en difficultés financières avérées.

Pour aller plus loin : le comparatif cBanque des tarifs bancaires et le palmarès des banques les moins chères.

Partager cet article :

© cbanque.com / VM avec Jérôme LE COEUR / Décembre 2018