Delevoye : pas de « divorce » d'avec le Premier ministre sur les retraites

Jean-Paul Delevoye en 2013
CC - Wikimedia commons / SmartGov

« Pour qu'il y ait réconciliation, il faut qu'il y ait divorce »: en débat sur la réforme des retraites à Pau, le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye a recusé toute brouille avec Edouard Philippe, qui a de son côté assuré qu'il y aurait « toujours des discussions ».

« On n'était pas fâché », a abondé le Premier ministre lors d'une consultation citoyenne sur le futur projet de loi. Durant plus de deux heures de débats face au public, côte à côte, les deux hommes ont affiché leur entente.

« Un gouvernement c'est un ensemble de femmes et d'hommes qui essayent d'avancer dans le même sens. Ils ne sont pas faits pareil », a souligné le Premier ministre. « On n'a pas la même expérience. Mais on se rassemble pour essayer de transformer le pays dans le sens pour lequel le président de la République s'était engagé », a-t-il ajouté.

« Il y aura toujours des discussions. Méfiez d'un gouvernement où il n'y a plus de discussions », a insisté M. Philippe.

« Et puis une fois qu'il y a des décisions, il y aura toujours une loyauté sur les décisions qui prises », a-t-il aussi glissé.

En écho, M. Delevoye a estimé que le « sujet hautement technique » faisait qu'« heureusement, il y a débat ».

MM. Delevoye et Philippe ont entretenu récemment des divergences sur l'introduction d'une « clause du grand-père » qui consisterait à n'appliquer la réforme qu'aux futurs travailleurs.

Si le Premier ministre souhaite maintenir toutes les options ouvertes avant l'écriture du projet de loi, le haut-commissaire avait jugé son application « impossible » pour une « question d'équité ».

« Moi j'ai toujours revendiqué ma liberté d'expression pour expliquer les raisons pour lesquelles je privilégie telle solution plutôt que telle autre », a souligné M. Delevoye.

« J'ai dit qu'il fallait être attentif à utiliser avec une grande attention la clause dite des entrants qui peut se justifier dans certaines analyses. Il faudrait éviter de la généraliser, faute de quoi je crains qu'elle ne mette en péril l'ensemble du dispositif », a-t-il répété.

« Mais ce ne n'est pas moi qui arbitre », a-t-il observé. Tout en glissant que « si la décision est unique, solitaire, réservée au président et au Premier ministre, l'élaboration de la décision est de plus en plus collective. C'est la raison d'être de la contribution citoyenne. »

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