Xavier Bertrand veut « sacraliser le niveau de vie des retraités » dans la Constitution

Xavier Bertrand en janvier 2015
Photo : Thomas Bresson / CC Wikimedia

Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a proposé mardi de « sacraliser dans la Constitution le niveau de vie des retraités », afin d'éviter « une baisse généralisée des pensions » à cause de la réforme voulue par Emmanuel Macron.

Le chef de l'Etat a promis de remplacer la multitude de régimes existants par un système de retraite « universel » par points, où « un euro cotisé donnera les mêmes droits à tous ».

« C'est une réforme que je suis prêt à accompagner, mais pas à n'importe quel prix », a déclaré M. Bertrand lors d'un colloque organisé par l'association Pro'Action Retraite, qui regroupe les caisses de retraite de six professions libérales.

« Je suis pour qu'il y ait une garantie constitutionnelle », afin « qu'on puisse sanctuariser, sacraliser dans la Constitution le niveau de vie des retraités », a-t-il ajouté.

L'ancien ministre de la Santé et du Travail, bien que « favorable au système par points », a toutefois prévenu que cela rendrait « terriblement facile d'ajuster les choses le plus discrètement possible en fonction de la valeur du point », avec « un risque d'une baisse généralisée des pensions de 10 à 20% ».

Raison pour laquelle « ce système par points doit être piloté de façon indépendante et en dehors du pouvoir politique », selon lui.

M. Bertrand a aussi affirmé qu'une « réforme courageuse » devra augmenter l'âge de départ effectif. « En matière de retraites, l'équation est très simple : soit vous touchez moins, soit vous travaillez un peu plus longtemps », a-t-il expliqué.

« Il y a deux façons de le faire : soit l'allongement de la durée de cotisation, soit le relèvement de l'âge légal », a-t-il poursuivi, exprimant sa préférence pour la première option, qui « dégage très clairement des marges de manœuvre beaucoup plus importantes ».

Pas convaincu par la piste d'un « âge d'équilibre » avancée par le gouvernement, qui pourrait se traduire par une décote-surcote au-delà de l'âge légal maintenu à 62 ans, M. Bertrand a ironisé en citant la maire PS de Lille, Martine Aubry : « Comme dirait quelqu'un de ma région : +quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup+ ».

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