Retraites: les sénateurs de gauche s'inquiètent de l'épargne retraite

  • cBanque avec AFP
Epargne qui croît
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Les sénateurs de gauche se sont inquiétés, mercredi, lors du débat sur la réforme des retraites, des intentions du gouvernement sur l'épargne retraite, y voyant un "sabordage de la retraite par répartition".

Alors que depuis la veille, le Sénat planche sur le dernier volet du texte concernant l'épargne retraite, les sénateurs de gauche ont dénoncé la tentative du gouvernement de vouloir développer la retraite par capitalisation au détriment de la retraite par répartition, parlant de « basculement systémique ».

« L'objet principal de votre texte c'est de jeter la retraite par répartition! », a accusé Guy Fischer (groupe CRC-SPG). « Tout le pôle bancaire est d'ailleurs prêt pour la suite », a-t-il ajouté en visant le groupe de retraite complémentaire Malakoff-Médéric dont le délégué général est Guillaume Sarkozy, frère du président de la République.

Fin de la retraite par répartition ?

« On est en droit de se demander si on n'est pas en train de préparer le dynamitage de la retraite par répartition », s'est exclamé Martial Bourquin (PS). « Je me souviens que Nicolas Sarkozy disait que GDF resterait une entreprise publique... avant de la privatiser; on est en droit de se poser des questions! », a-t-il insisté avant de demander au gouvernement de « dire clairement ce qu'il veut faire ».

Jacques Muller (Verts) a lui aussi estimé que « la retraite par répartition est dans le collimateur du gouvernement » avant de demander avec insistance au ministre Eric Woerth « le montant de la défiscalisation des plans épargne retraite ».

« En déstabilisant le système de retraite par répartition, on fait le jeu du système par capitalisation à la mode anglo-saxonne », a dit le socialiste Ronan Kerdraon. « Capter un marché de 40 à 110 milliards d'euros d'ici 2020, c'est un véritable gâteau financier », a-t-il ajouté.

Dans une nouvelle allusion à Nicolas Sarkozy et son frère Guillaume Sarkozy, patron du groupe Malakoff-Médéric, il a déclaré: « L'un asphyxie la retraite par répartition tandis que l'autre jette les bases de la retraite par capitalisation! »

Le groupe UMP, ne voulant pas rallonger les débats étirés par la gauche, a évité de répondre à ces arguments.

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Par la rédaction avec AFP

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