Ile-de-France : un salaire 26% plus élevé, mais un loyer 52% plus cher

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Esplanade des Abymes à Créteil (94)
Esplanade des Abymes à Créteil - CC Djampa / Wikimedia Commons

Les Franciliens gagnent 26% de plus que les autres Français mais leur loyer est 52% plus cher, dans une région où la proportion de ménages pauvres a augmenté deux fois plus vite qu'ailleurs, selon un rapport de la Fondation Abbé Pierre publié mardi.

Le revenu moyen des ménages atteint 4 117 euros par mois en Ile-de-France. Mais la région, qui rassemble 18,2% de la population française, concentre également 33% des habitants en bidonvilles, près de 34% des demandes d'HLM et 41% des expulsions locatives effectives, selon la Fondation, pour qui ces indicateurs tirés de son rapport annuel sur le mal-logement, sont « alarmants ».

« La proportion de ménages pauvres en Île-de-France a augmenté deux fois plus vite qu'en France métropolitaine entre 2004 et 2012 », explique la fondation. « Et si le revenu moyen des Franciliens est plus élevé que le revenu moyen des Français de 26%, une location dans le parc privé sera 52% plus chère ». Conséquence, avec l'augmentation des loyers, les ménages pauvres du parc privé ont dû multiplier par deux la part de leurs ressources consacrées au logement (40,8% en 2013 contre 20,1% en 1988). Quelque 19% des franciliens se déclarent en difficulté de paiement à la fin du mois, même si seulement 5% des ménages se retrouvent en situation d'impayés.

Région la plus touchée par les expulsions

L'Île-de-France est la région la plus touchée par les expulsions : elle totalise 26% des décisions de justice prononçant l'expulsion et 41% des expulsions effectives du territoire national, selon le rapport.

De fortes disparités existent également chez les propriétaires. « En 40 ans, alors que les revenus ont été multipliés par 7,2, les prix d'achat l'ont été par 13,9 », explique le rapport. Les Franciliens sont à 48% propriétaires, 45% locataires, 7% en sous-location ou logés gratuitement. « Les employés et ouvriers ont littéralement été écartés du marché de l'acquisition des logements anciens », observe la Fondation. A Paris, la part est passée de 15% en 1998 à 5% en 2018, et de 27% à 19% pour l'ensemble de l'Île-de-France.

Sur les 4 millions de personnes mal logées que compte le territoire, « 1,2 million vivent dans la région la plus riche de France », résume la fondation, qui demande la construction de logements accessibles et la mise à disposition de logements sociaux.

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Par la rédaction avec AFP

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