Bouygues - FR0000120503 EN

poam5356

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Staff MoneyVox
Bouygues, groupe de BTP créé en 1952, qui s'est diversifié depuis.
Présent dans 90 pays, le groupe est divisé en 3 pôles :
- La Construction (78% du CA), regroupant 3 sous-secteurs d'activité : la construction (Bouygues Construction), l’immobilier (Bouygues Immobilier), les infrastructures de transport avec Colas.
- Les Télécoms (15% du CA) avec Bouygues Telecom
- Les Médias (7% du CA), avec TF1 dont le groupe détient 41% du capital.

La répartition géographique du CA est la suivante :
- France (61,3%),
- Europe (16,1%),
- Amérique du Nord (10,8%),
- Asie-Pacifique (4,6%),
- Afrique (3%),
- Océanie (3%),
- Amérique centrale et du Sud (0,9%),
- et Moyen Orient (0,3%).

Capitalisation : 11,76 Mds€
Rendement 2019 : 5,43% sur le dernier cours de 31,65€
PER 2019 : 11,2
BNA (€) : 2,83€ estimé 2019
Dividende / Action (€) : 1,72€ estimé pour 2019, 1,70€ pour 2018

Au titre de l’exercice 2018, Bouygues a publié de bons résultats :
Le CA du groupe s'élève à 35,6 Mds€ (+8% en publié, + 3% à périmètre et taux de change constants).

La principale activité du groupe demeure la construction (au sens large) qui représente 78% du CA du groupe. Ce qui en fait le 6ème groupe mondial de la construction.
La construction a généré 28 Mds€ de CA en 2018.
A noter au sein de cette activité, celle de Colas, un des leaders mondiaux des infrastructures de transport, qui a réalisé un CA de 13,2 Mds€ en 2018, en hausse de +13 %.

Seconde activité, les télécoms avec Bouygues Telecom qui a réalisé un CA de 5,344 Mds€ en 2018, en hausse de +5% grâce aux gains des nouveaux abonnés : +573 000 sur le mobile en 2018, et +235 000 dans le fixe. Un excellent chiffre quand on sait que le secteur des télecoms est un marché mature et ultra concurrentiel en France.

Dernière activité : Les médias avec TF1
Le groupe TF1 a réalisé un CA de 2,288 Mds€ en 2018, en hausse de +7 % par rapport à 2017, grâce notamment à une croissance des ventes publicitaires sur les différentes chaînes du groupe.

L'activité au T1 2019 est dans le prolongement de ceux de 2018 : 16% de hausse du CA sur le trimestre.
A noter le carnet de commande sur ce pôle construction qui enregistre de nouvelles commandes (+9%) alors qu'il était déjà à un niveau record de presque 34 Mds€ à fin septembre 2018.
Ce qui offre une bonne visibilité sur l'activité Construction du groupe. Laquelle ne devrait pas faiblir dans l'avenir avec les évolutions qui s'opèrent en profondeur dans la société : Urbanisation, transition climatique, transformation digitale, préservation de l'environnement.

La dette s'élève à 3,633 Mds€ fin 2018 due aux acquisitions récentes : Groupe Miller McAsphalt, aufeminin.com et Alpiq Engineering Services.
Malgré tout, l'endettement est faible : 1,05x le niveau de dette sur Ebitda. Ce qui n'altère en rien les capacités de croissance externe de Bouygues.

Un bilan très solide, avec un endettement limité et des perspectives d'activité en hausse, alors qu'elles sont déjà à un niveau historique, rendent l'action attrayante.

Des défauts?
Oui, bien sûr...
- L'activité très centrée sur la France (61% du CA) expose le groupe à une contre-performance sur notre pays. Ce qui pourrait aussi se révéler être un avantage compte-tenu de la politique redistributrice menée par la France.

- La répartition hétérogène de l'activité sur 3 secteurs très différents est présentée par la gouvernance de Bouygues comme étant une protection contre l’impact des difficultés que pourrait rencontrer un secteur sur une période donnée. Ceci en partant du principe que les 3 secteurs ne rencontreront pas des difficultés en même temps.
C'est vrai, mais la construction étant tellement importante dans le bilan global qu'il est difficile de pouvoir imaginer les 2 autres secteurs compenser la seule construction si jamais celle-ci venait à connaître des difficultés.
Cette répartition hétérogène donne au groupe un statut de conglomérat qui affecte les appréciations des analystes et brouille la visibilité sur le groupe.

Il reste le 3ème pôle : les médias avec TF1.
7% du CA du groupe, en hausse de 7% en 2018 sur 2017. Je ne sais pas en dire plus.
La profitabilité est très dépendante des recettes publicitaires. Seront-elles en réduction si un ralentissement économique mondial attendu en 2020 se concrétise?
TF1 a réalisé 91 des 100 meilleures audiences télévisuelles en 2018.... Ce qui conditionne les recettes publicitaires. TF1 pourra-t-il renouveler ce score au cours des prochaines années?
Une appréciation du média bien difficile à faire!

Bouygues est une valeur cyclique (construction) avec un biais défensif (les télécoms).
Il en résulte un dividende élevé correspondant à 60% du BNPA (comme pour les autres acteurs télécoms), et un endettement moindre que chez les opérateurs télécoms.
A l'inverse le PER est plus faible, sans pour autant être au niveau des pures cycliques.
Un PER plus faible traduit cette dépendance cyclique induite par le pôle construction.
Bouygues pourrait s'apparenter à un mix entre Orange, Nexity, Vinci, Eiffage... ces 2 derniers, Vinci et Eiffage, faisant beaucoup mieux ces dernières années (boursièrement parlant).


Graphiquement, on commence par une UT hebdo afin d'avoir assez de recul pour planter le décor :

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Une grande ligne de résistance LT qui prend naissance à l'entame du 21ème siècle (à 80€), approchée 2 fois en 2007, et qui a été touchée début 2018 à 45€ (ligne continue rouge baissière).
Un niveau de soutien à 17,15€ (ligne verte horizontale en pointillés).
Un canal haussier délimité par une ligne de support (ligne continue verte) et par une ligne de résistance (ligne en pointillés rouges) qui croise la ligne continue de la grande résistance LT pratiquement au niveau touché par les cours début 2018 à 45€.



Passons en UT Jour :

4753

Nous retrouvons nos 2 lignes continues importantes tracées sur le graphique hebdo :
La verte (support) et la rouge (résistance)
Sur l'année 2018, les cours ont traversé le canal haussier, du point haut touché à 45€ en janvier 2018, au point bas touché au tout début 2019 à 29€.
A noter l'origine de ce canal qui naît sur le support horizontal légèrement au dessus des 17€ :
17€ -> 45€ -> 29€ = presque 50% de retracement de la phase haussière débutée en 2012.
Un chiffre qui parlera aux amateurs des nombres de Fibonacci.

Les cours ont pris appui sur cette base du canal haussier : entre 29 et 30€, en janvier, puis en février 2019.
Une reprise a vu le jour avec la hausse des marchés au début de cette année.
Les cours sont ensuite revenus pratiquement que le support du canal.
Les raisons :
Ralentissement économique qui prend de plus en plus l'allure d'une récession à venir, d'une part.
Et résultats plutôt ternes annoncés par Orange pour le T1 qui ont plombé les autres opérateurs français, d'autre part.

A court-terme, je pense que les cours pourraient évoluer dans le petit triangle constitué par le support haussier (ligne continue verte) et la résistance baissière en pointillés rouges.
Ce qui donnerait une amplitude actuelle allant de 30 à 34€, en sachant que le point haut diminue très vite du fait de la pente de la ligne de résistance.
Les indicateurs, stochastiques et RSI sont orientés à la hausse : Une poursuite de la hausse des cours semble le scenario probable à court-terme.
Les objectifs seraient 33 à 34€ (résistance baissière), puis, sur franchissement de cette résistance, la ligne des 35€, puis 39€.

A plus long terme, s'il ne casse pas par le bas son canal, le titre est inscrit dans un mouvement tranquillement haussier.
Le canal est large, mieux vaut alors s'y intéresser quand les cours sont sur la base de ce canal. Ce qui est pratiquement le cas actuellement.
 
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