Prêt immobilier : Crédit Agricole, la banque la plus généreuse

Siège du Crédit Agricole en 2016
DR Crédit Agricole - copyright Xavier Isaac

Le groupe Crédit Agricole accapare près de 35% du marché du prêt immobilier, selon les données publiées par le gendarme bancaire. Et la banque verte continue à progresser sur ce marché hautement stratégique.

« Les banques françaises concentrent la quasi-totalité des encours des crédits à l’habitat distribués en France, et les trois groupes mutualistes [Crédit Agricole, BPCE et Crédit Mutuel, NDLR] détiennent une position largement dominante avec plus des trois quarts du marché. » Ce constat est dressé par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le gendarme bancaire, dans son étude annuelle sur le financement de l’habitat, publié fin juillet. Cette étude fait office de référence pour le marché du prêt immobilier puisqu’elle est réalisée la base des chiffres livrés par 14 réseaux bancaires, lesquels représentent 97,4% des crédits à l’habitat en cours de remboursement au 31 décembre 2018.

Les trois groupes mutualistes ne laissent donc que des miettes à BNP Paribas et à la Société Générale : moins de 10% du marché du prêt immobilier chacun. Et, parmi les groupes mutualistes, c’est le Crédit Agricole qui tire sans ambiguïté son épingle du jeu, avec 34,9% de prêts en cours de remboursement. Une précision tout de même : l’ACPR livre les parts de marché des groupes bancaires, et non des enseignes. Le « groupe Crédit Agricole » englobe donc les caisses régionales de la banque verte, mais aussi LCL ou BforBank. Le « groupe Crédit Mutuel » et ses 16,4% de parts de marché englobe lui les deux groupes rivaux Alliance fédérale et Arkéa.

Le Crédit Agricole, seule banque à gagner des parts de marché

L’assise du Crédit Agricole n’est en outre pas prête d’être contestée. Selon l’ACPR, sur la période 2015-2018, le groupe Crédit Agricole a gagné des parts de marché (2,2 points de pourcentage supplémentaires), au détriment de tous les autres groupes bancaires prêtant aux acquéreurs immobiliers. Comment expliquer cette assise du Crédit Agricole ? Le régulateur bancaire ne livre pas d’éléments d’explication, même si cela traduit probablement une politique commerciale agressive, partout en France, en abaissant au maximum les taux des prêts immobiliers. Le crédit à l’habitat est un produit d’appel stratégique pour les banques, car cela permet de fidéliser des clients pendant plusieurs années, et de les inciter à souscrire d’autres produits annexes (livrets, assurances, comptes pour les enfants, etc.).

Parts de marché des groupes bancaires sur le crédit immobilier

  1. Crédit Agricole : 34,9% des encours
  2. Banque Populaire – Caisse d’Epargne (BPCE) : 27%
  3. Crédit Mutuel : 16,4%
  4. BNP Paribas : 9,8%
  5. Société Générale : 9,2%
  6. La Banque Postale : 1,8%
  7. L’ensemble des banques étrangères : 0,8%
  8. Autres banques françaises : 0,2%

Source : ACPR, parts de marché calculées sur la base des encours de crédits immobiliers au 30 juin 2018.

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© cbanque.com / BL / Août 2019

Commentaires

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Publié le 22 août 2019 à 07h09 - #1Stunt38
  • Homme
  • 100 ans

Mammouth du marché certes, en ce qui concerne le conseil et la gestion client ça reste encore à voir.
Beaucoup de gens vont là bas grâce à leur politique de taux bas, guidés par une économie d'intérêt ou orientés par leur courtier. Après c'est l'usine, beaucoup en revienne ou ne transfert pas tout car déçu de la gestion client ou du turn over de leur conseiller parfois incroyable sur courte durée.
On ne gagne pas à tous les étages...

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Publié le 22 août 2019 à 09h09 - #2Squirrel
  • Homme
  • Cogolin
  • 56 ans

La réponse est simple : ratios de liquidité.
C'est l'établissement qui, aujourd'hui, est à même de prêter sur ses fonds propres sans aller emprunter sur les marchés, au contraire de BPCE qui se cantonne aux clients hauts de gamme et à distribuer les prêts aidés "PAP" qui ne piochent pas dans ses ressources.
Par contre, leur stratégie de conquête client tout azimut est osée et, à mon avis, suicidaire, à une époque où l'emprunteur peut changer la domiciliation de ses revenus, changer l'assurance du prêt...bref, tout ce qui enrichit la banque.

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