Crédit immobilier : 1% sur 20 ans, les banques vont encore plus bas !

Courbe négative
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En juillet, les meilleurs emprunteurs vont pouvoir négocier un taux d’intérêt à moins de 1% sur 20 ans d’après les barèmes transmis aux courtiers. Pour des crédits de plus courtes échéances, le franchissement de ce seuil symbolique est quasi acquis.

Si les commerçants amorcent la 2e démarque des soldes d’été, les banquiers, eux, entament leur 7e mois de baisse consécutive des taux immobiliers. Ainsi, pour juillet, les taux d’intérêt moyens, calculés sur la base des nouveaux barèmes transmis aux courtiers, ressortent encore en net repli. Les taux moyens oscillent désormais entre 1,25%, hors assurance, à 1,40%, en fonction des courtiers pour un emprunt sur 20 ans, la « norme » actuelle du marché du crédit. Sur 15 ans, ils vont de 1,10% à 1,25%, ou encore de 1,50% à 1,60% sur 25 ans, selon les enseignes.

« Des baisses plus marquées sur les durées longues »

« Nous observons des baisses comprises entre -0,05 et -0,10% en seulement 1 mois, ce qui porte les baisses sur 3 mois à 0,20% en moyenne », résume Maël Bernier, du courtier Meilleurtaux. « C’est d’autant plus significatif que cela porte sur toutes les durées, tous les profils, du plus moyen à l’excellent, avec cependant des baisses plus marquées sur les durées longues à partir de 20 ans qui correspondent à la grande majorité des emprunts signés aujourd’hui », poursuit cette directrice de la communication.

En pratique, les banques sont prêtes à descendre bien en deçà de ces taux moyens. Pour preuve, elles inscrivent désormais dans leurs barèmes la possibilité de prêter à 0,15% sur 7 ans, à 0,50% sur 10 ans, à 0,72% sur 15 ans et surtout à moins de 1% sur 20 ans, à condition de présenter un dossier attractif, bien entendu. Précisément, les meilleurs dossiers vont ainsi pouvoir bénéficier d’un crédit à 0,93% en juillet, assurent Empruntis et Meilleurtaux. Emprunt Direct se montre un tout petit peu plus mesuré en énonçant du 0,95% au mieux.

Un prêt sur 25 ans à 1%, bientôt accessible ?

Sur 25 ans - autre durée phare puisque actuellement plus de 4 crédits immobiliers réalisés sur 10 courent sur cette durée, selon l’observatoire Crédit Logement-CSA – le seuil symbolique des 1% n’est pas encore atteint. Mais les banques s’y dirigent progressivement. D'après Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer, « mois après mois on franchit de nouveaux records » ! Avant de préciser : « Il est désormais possible d’emprunter à 1% sur 25 ans, c’est du jamais vu, même si cela reste exceptionnel… Les banques cherchent toutes globalement à prêter à la même cible de clientèle : les emprunteurs à hauts revenus et peu endettés, donc souvent primo-accédants. »

Les meilleurs dossiers ? « Les emprunteurs à hauts revenus et peu endettés »

Si, à l’heure actuelle, un crédit sur 25 ans à moins de 1% demeure au stade de l’anecdote, plusieurs courtiers en prêt immobilier notent néanmoins que ce sont bel et bien ces emprunts-là, octroyés aux meilleurs candidats, qui ont profité des plus fortes décotes ces dernières semaines. « Seuls les emprunteurs disposant d’un excellent dossier sur 25 ans peuvent prétendre à des taux inférieurs aux taux de 10 points de base à ceux qui étaient applicables en juin », écrit à ce propos Emprunt Direct. Effectivement, selon ce courtier, alors que les meilleurs dossiers se sont vu proposer du 1,25% en juin, les banques prévoient dans leurs barèmes de juillet du 1,15%. Du côté de Meilleurtaux, les profils privilégiés par les banques peuvent même s’attendre à obtenir du 1,12% ce mois-ci, soit 0,11 point de pourcentage de moins par rapport à juin.

Et à l’avenir ? Les courtiers refusent de faire la moindre prévision ferme et définitive sur l’évolution des taux. Ils semblent toutefois optimistes. Avec la baisse historique du rendement des obligations assimilables au Trésor (OAT à 10 ans) - pour la plupart des économistes, il sert de boussole aux taux immobiliers - et la poursuite de la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne – la BCE ne remontera pas ses taux directeurs avant 2020 - les soldes des crédits immobiliers risquent de se prolonger encore quelques mois.

Consulter notre baromètre des taux immobiliers

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© cbanque.com / MEF / Juillet 2019

Commentaires

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Publié le 7 juillet 2019 à 11h09 - #1Manu du SIFP
  • Homme
  • Alsace
  • 42 ans

Cette baisse des taux me fait peur.
* Pour les épargnants qui ont une épargne qui perd en pouvoir d'achat (car taux de rémunération inférieur à l'inflation) et donc taxe "déguisée" (non comptabilisée dans le taux de prélèvements obligatoires)
* Pour les marges bancaires qui vont encore reculer. A force de preter à des taux proche de 0%, quid le jour où une récession arrivera et que les impayés vont exploser...
* Pour les ménages emprunteurs qui vont devoir pour une raison ou une autre revendre leurs biens d'ici 3-5-10 ans... et qu'en plus le marché immobilier devait se retourner. Car il n'y a pas de miracle, il y a certes des taux bas mais en parallèle les niveaux de prix sont très très élevés... Avec des risques accrus de correction dans l'avenir... Ceux qui achètent sans apport risqueront d'être en très grande difficulté...
Alors bien sûr nos Banques Centrales avec leur politique de fuite en avant (avec des taux bas) peuvent retarder cela mais plus on retardera plus ca fera mal après...

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Publié le 29 août 2019 à 18h03 - #2Eddi
  • Homme
  • Antony
  • 35 ans

Au contraire, cette baisse de taux est une chance extraordinaire pour tous les emprunteurs, et notamment pour les couples les moins fortunés de pouvoir accéder enfin à la propriété sans être en attente éternellement d'un éventuel PSLA dont les taux sont soit disant bonifiés par l'état car dits "sociaux" mais qui coûtent aujourd'hui plus chers qu'un prêt bancaire classique.

Faites donc le calcul entre 2014 et 2019 de la variation des taux et de la baisse de mensualité qui s'en est suivie. Celle ci nous a tout de même permis d'acheter par le biais du courtier CAFPI à Antony ( Mehdi pour ne pas le citer) et il nous a même trouvé un prêt sans aucun apport personnel (chose impossible auprès de nos 2 banques) et nous avons pu enfin devenir propriétaires. Mon frère aîné n'aurait jamais pu imaginer cela au moment ou il a emprunté il y a 7 ans.
Je fais ce témoignage afin tout simplement de montrer aussi le côté positif de cette baisse des taux et de cet assouplissement bancaire.
Bien à vous.
Eddi.

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Publié le 29 août 2019 à 20h46 - #3Manu du SIFP
  • Homme
  • Alsace
  • 42 ans

Le pouvoir d'achat immobilier (la possibilité de s'acheter x metres carres) a globalement progressé en France depuis 10 ans notamment en raison de la baisse des taux.
C'est vrai presque partout sauf à Paris où il n'a progressê que de 0,8 m2 et a regressé de 3,7 m2 à Bordeaux en raison de la forte augmentation des prix dans ces 2 villes qui n'ont pas compensé l'effet baisse des taux (source insee, notaires, vousfinancer.com)
Est ce pour autant favorable pour les categories moyennes et populaires d'acheter maintenant et surtout sans apport...?
Seul l'avenir nous le dira mais je ne suis absolument pas convaincu...
Tout dépend des paramètres suivants :
* Le temps qu'ils vont garder leurs biens immobiliers : plus il est important mieux c'est mais les mutations ou accidents de la vie peuvent arriver à tout moment
* Notre pronostic sur l'évolution des prix immobiliers d'ici la vente...
Je vais prendre un exemple parlant :
Un couple qui a acheté un bien immobilier ancien à Paris en 2008 (avec 8% de frais de notaire, 2% de frais de garanties et à 6600 euros le m2 et sans apport)
L'année suivante en 2009 ce couple divorce et revend le bien immobilier au prix de marché soit 6020 euros le m2.
La moins value est de presque...20% en un an.
Avec un risque de contentieux s'ils n'arrivent pas à financer cette moins value et de fichage banque de france...
Et là je ne prends pas un cas extreme comme au debut des annees 90 où l'immobilier avait décroché de plus de 30%... soit 40% de perte avec frais de notaire et de garanties en 2-3 ans...
Bien sur on n'achete normalement pas sur une courte periode mais les evenements font que des fois...
C'est vrai que ca fait des annees qu'on dit que l'immobilier va baisser et ce n'est pas encore le cas.
Mais ca finira par arriver (c'est une certitude mais quand ????) et quand ca va arriver ce seront dans les quartiers les moins favorises que ca risque de dégommer le plus (donc les categories populaires et moyennes seront concernés).
Car quand les taux sont bas, les investisseurs sont beaucoup moins regardants et sélectifs et ils finiront par le payer tout ou tard quand le marché va se normaliser...
Je ne parle pas d'un risque de récession mais c'est un élément qui se rajouterait aux autres et qui accentuerait la baisse...
Pour moi les vrais gagnants c'est la generation qui a acheté il y a 25 ans à des taux à 7% sur 15 ans et à des prix 2 à 3 fois plus faibles. Sachant qu'ils ont pu renegocier leurs prets de 7% avec la baisse des taux...Et revendre leurs biens bien plus chers actuellement avec de considerables plus values qui ont largement paye les interets des premieres annees.

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